(Echos du Niger 22 janvier) Le nouveau Président américain, Donald J. Trump n’a pas perdu du temps pour annoncer les couleurs de ce que sera son second mandat à la Maison Blanche. Aussitôt investi 47e Président des États-Unis, le lundi 20 janvier, il est aussitôt entré en action avec la signature de près de 200 décrets et autres directives exécutives pour détricoter l’héritage de son prédécesseur démocrate Joe Biden et lancer son vaste et ambitieux de chantier d’instauration d’une nouvelle Amérique “America is back again to enter in a new golden age”, son mantra de campagne devenu un slogan de programme politique. Parmi les premières décisions, le retrait des États-Unis de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) ainsi que de l’Accord mondial sur le Climat de Paris 2015, comme lors de son premier mandat. Des décisions qui risquent de peser sur le financement de certains programmes de développement notamment dans les pays en voie de développement d’Afrique comme le Niger où le financement américain permet à des agences du Système des nations unies et autres organisations internationales de contribuer à la résilience et au bien-être des populations. D’autant que dans la même lancée, le nouveau locataire de la White House a suspendu, pour 90 jours, l’aide aux étrangers, ce qui va impacté les projets et programmes financés par l’USAID dans le pays.
C’est la méthode Trump en mode SpaceX! Le nouveau président américain n’a pas perdu du temps pour imprimer sa marque de fabrique et signer son retour à la Maison Blanche, de la manière la plus fracassante qu’il soit. Moins de 12h heures après son investiture solennelle au capitole, Donald Trump a déjà signé près de 200 décrets et pris d’autres décisions exécutives qui visent d’une part à fermer la parenthèse Biden et, d’autre part, à annoncer les couleurs du “nouvel âge d’or de l’Amérique” qu’il a promis lors de sa campagne électorale bling-bling. Des décisions sur lesquelles il était attendu comme sur l’efficacité gouvernementale, la migration, l’économie et les technologies ainsi que le changement climatique et bien d’autres dont certaines n’ont pas manqué de surprendre.
L’une des premières mesures qui a fait le tour de l’actualité internationale, c’est le retrait des USA de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), dont le pays est pourtant membre fondateur et un des plus gros contributeurs au budget. Après le retrait, sous le premier mandat de Trump, des USA de l’UNESCO, c’est encore une autre agence du système des nations Unies (SNU) qui fait les frais de l’élection de Trump à la présidence américaine. Par le passé, il avait vivement critiqué l’OMS pour sa gestion de la pandémie de Covid-19 et en antivax convaincu, il avait tenté en 2020 mais sans succès, de retirer son pays de l’organisme onusien basé à Genève, en Suisse.
Un coup dur pour l’OMS et les pays bénéficiaires de ses initiatives

Selon le texte du décret publié par la Maison Blanche, la décision de Donald Trump se fonde à nouveau sur le fait que l’OMS n’a pas réussi à « adopter les réformes urgentes nécessaires » et qu’elle « continue d’exiger des États-Unis des paiements injustement onéreux, sans commune mesure avec les paiements imposés aux autres pays« . Comme à son habitude, il a indexée la Chine dont la contribution au budget de l’OMS est moindre que celle des USA. « L’OMS nous a escroqués« , a-t-il accusé, après avoir déclaré qu’au moment où il signait ce décret que la contribution des États-Unis à l’organisation onusienne était beaucoup plus importante que celle de la Chine. Dans une réaction à chaud, l’OMS a réagit à travers un communiqué dans lequel elle a regretté cette décision tout en invitant l’administration Trump à reconsidérer sa position. “Les États-Unis sont membres fondateurs de l’OMS depuis 1948 et ont participé à la définition et à la gouvernance des travaux de l’OMS depuis lors, aux côtés de 193 autres États membres (…) Depuis plus de sept décennies, l’OMS et les États-Unis ont sauvé d’innombrables vies et protégé les Américains ainsi que toutes les populations contre les menaces sanitaires”, a indiqué l’organisation qui dit espérer que les États-Unis reconsidéreront leur décision. “Nous sommes impatients de dialoguer de manière constructive pour maintenir le partenariat entre les États-Unis et l’OMS, dans l’intérêt de la santé et du bien-être de millions de personnes à travers le monde”, a conclu le communiqué alors que indexée, la Chine a annoncé qu’elle « soutiendra l’OMS dans ses missions« .
Dans son décret ouvrant la voie au retrait des États-Unis, Donald Trump a exhorté les agences fédérales à “suspendre le transfert futur de tout fonds, soutien ou ressource du gouvernement des Etats-Unis à l’OMS” et les enjoint d’ “identifier des partenaires américains et internationaux crédibles”. L’annonce du retrait des USA de l’OMS sera un coup dur pour l’organisation, car les USA étaient son principal donateur. Leur contribution financière représentait une part significative du budget de l’OMS, destinée notamment à la lutte contre les pandémies, le renforcement des systèmes de santé dans les pays en développement et d’autres initiatives sanitaires mondiales.
Retrait des USA pour la seconde fois de l’Accord de Paris sur le Climat
L’autre décision majeure prise par le 47e Président américain, le revenant Trump, c’est aussi le retrait des États-Unis de l’Accord de paris sur le Climat de 2015, selon le décret signé lundi en fin de journée. Il s’agit de la deuxième fois, et toujours sous l’ère Trump, que le pays de l’Oncle Sam se retire de cet Accord. Lors de son discours d’investiture, le Républicain qui considère depuis longtemps les énergies propres comme coûteuses et inutiles, a promis de redoubler d’efforts pour extraire et utiliser les combustibles fossiles. « Je déclarerai également une urgence énergétique nationale. Nous allons forer, baby (c’est dans ses propos), forer« , a-t-il insisté sur un ton ironique. « Nous avons quelque chose qu’aucune autre nation industrielle ne pourra jamais avoir : la plus grande quantité de pétrole et de gaz de tous les pays de la planète (…) Et nous allons nous en servir« , a affirmé M. Trump.

La première administration Trump avait officiellement permis aux Etats-Unis, l’un des principaux émetteurs de gaz à effet de serre au monde, de quitter l’accord de Paris sur le climat en novembre 2020, tandis que son successeur Joe Biden avait signé un décret le 20 janvier 2021 pour réintégrer les Etats-Unis dans cet accord climatique adopté en décembre 2015, pour lutter contre le réchauffement climatique d’origine humaine et les crises connexes et auquel les Etats-Unis ont officiellement adhéré en septembre 2016.
L’aide américain suspendue pour une révision au grand dam des pays bénéficiaires de l’USAID
Il faut également signaler qu’à peine investi, le président Donald Trump a décidé de suspendre l’aide américaine au développement pour 90 jours et a ordonné sa révision. Le président américain a déclaré à ce sujet que “l’industrie et la bureaucratie de l’aide étrangère des États-Unis ne sont pas alignées sur les intérêts américains et, dans de nombreux cas, contraires aux valeurs américaines”. Des déclarations qui inquiètent au delà des États-Unis car lors de sa confirmation par le Sénat américain, lundi à l’unanimité, Marco Rubio, le nouveau Secrétaire d’Etat des Etats-Unis, un fervent partisan de Trump et fidèle défenseur de ses politiques, s’est engagé à faire du respect des promesses du Président américain en matière de politique étrangère, « la mission essentielle » du département d’Etat. Il a annoncé en ce sens qu’il fera en sorte que “chaque dollar dépensé par l’administration Trump vise à assurer la grandeur et la prospérité des États-Unis d’Amérique”.
Des décisions en cascade qui donne froid au dos d’autant que le financement américain, à travers différents organismes onusiens et internationales mais aussi à travers différents programmes et projets financés par l’USAID sont en cours de mise en œuvre partout dans le monde et principalement en Afrique où comme au Niger, l’aide américaine est assez importante tant pour le gouvernement que les populations bénéficiaires même dans le contexte actuel d’affirmation de la souveraineté.
Yacouba Barma (lesechosduniger.com)

