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Confédération AES: la force unifiée bientôt au front contre les terroristes

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(Echos du Niger 22 janvier) La Force unifiée de la Confédération des États du Sahel (AES) sera bientôt opérationnelle pour participer aux efforts des autorités de transition du Niger, du Burkina Faso et du Mali à éradiquer le terrorisme dans la zone des trois frontières, a annoncé, mardi soir, dans un entretien à la télévision publique (RTN), le ministre d’Etat, ministre de la Défense nationale, le général de Corps d’armée Salifou Mody. Forte de 5.000 hommes, elle est déjà pratiquement prête et sera opérationnelle dans les prochaines semaines a précisé le numéro 2 du CNSP qui présentait le bilan des réalisations de la transition militaire après 18 mois au pouvoir notamment sur les volets Défense et Sécurité.  L’occasion pour l’ancien patron de l’armée nigérienne de revenir sur la situation sécuritaire qui prévalait avant le coup d’état du 26 juillet 2023, les actions initiées depuis et les perspectives de l’évolution du contexte qui a justifié l’intervention des militaires à la tête des trois États membres de la Confédération sahélienne.

Pour une des rares fois que la “grande muette” se met à parer, le Général de Corps d’Armée, Salifou Mody, ministre de la défense nationale,  a réussit avec brio son “grand oral” de présentation de bilan, au regard de l’appréciation générale qui se dégage de l’opinion de son exercice de reddition des comptes, dix-huit mois après l’avènement au pouvoir du régime militaire dont il est le n°2 au pouvoir. Sur le plateau de la télévision nationale (RTN),  dans la soirée du mardi 22 janvier, le ministre d’Etat a été le premier à passer l’examen de passage annoncé par le Président de la Transition et Chef de l’Etat, le Général de Brigade Abdourahamane Tiani, et auquel tous les autres membres du gouvernement du premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine vont s’assujettir.

Dans l’entretien, le ministre de la Défense nationale a défendu avec aisance son bilan et saisi l’occasion pour faire quelques annonces afin d’assurer et de réassurer les concitoyens que “la situation sécuritaire est sous contrôle et les menaces sécuritaires parfaitement maitrisées”. C’est du reste le but de cette opération de communication gouvernementale, au delà de la culture de la transparence dans la gestion du pouvoir politique qu’elle augure dans un régime pourtant d’exception.

La Force unifiée de l’AES bientôt opérationnelle

Dans son grand oral, le ministre de la Défense nationale a annoncé qu’une « force unifiée » de 5.000 soldats des armées du Niger, du Burkina Faso et du Mali, va voir le jour dans les prochaines semaines pour lutter contre les groupes terroristes et toutes le menaces sécuritaires auxquels font face les trois (03) pays membres de la Confédération AES et plus particulièrement dans la zone dite des 3 frontières. “Dans cet espace commun, nos forces pourront désormais intervenir ensemble”, a déclaré le Général  Mody qui a précisé que  “cette force unifiée aura non seulement son personnel, mais ses moyens aériens, ses moyens terrestres, ses moyens de renseignement et, bien sûr, son système de coordination”.  

« C’est nouveau, c’est original et c’est sécurisant pour notre espace et pour nos populations » a-t-il ajouté. Il a par la même occasion insisté sur l’importance stratégique de cet instrument de souveraineté, la “défense collective” qui a été une des raisons qui a prévalu à l’adoption par les trois pays de l’adoption en 2023, de la Charte du Liptako-Gourma instituant l’Alliance des États du Sahel (AES) puis son évolution vers la Confédération des États du Sahel, le 6 juillet 2024 à Niamey. « La création de l’Alliance des États du Sahel est notre passeport pour la sécurité » a déclaré le Général Salifou Mody, alors que le 29 janvier 2025, en principe, le Niger, le Mali et le Burkina Faso cesseront d’être membre de la CEDEAO.

Une situation sécuritaire “totalement assumée et maitrisée” depuis les évènements du 26 juillet 2023

Le ministre d’Etat a entamé son entretien  sur la présentation de la situation sécuritaire du pays et notamment le contexte qui prévalait avant le coup d’État du 26 juillet 2023 contre Bazoum Mohamed et les évolutions enregistrées depuis l’avènement du CNSP au pouvoir. « Avant les événements du 26 juillet 2023, notre pays était en insécurité, tout simplement parce que nous ne maîtrisions pas la situation sécuritaire. Nous étions sous tutelle, » a affirmé le général Mody qui a particulièrement indexé la trop grande influence des forces étrangères, notamment les forces françaises, ainsi que celle d’une méconnaissance des véritables enjeux par certains acteurs de la chaine de sécurité et de défense du pays. « Nous faisions partie d’un système, d’un schéma. Au niveau national, nos structures de sécurité étaient désorganisées. Les Forces de Défense et de Sécurité étaient bien en place, mais le système était tel que ces forces ne pouvaient pas travailler en synergie. Cela faisait l’affaire de ceux sous lesquels nous étions, en particulier des forces étrangères, et précisément les forces françaises« , a détaillé l’ancien Chef d’Etat major des Armées (CEMA) sous le régime de Mahamadou Issoufou et aussi celui de Bazoum Mohamed pour qui, “naturellement, cette situation faisait que sur le plan sécuritaire, pour ceux qui s’y connaissent, c’était le désordre sécuritaire”. À cela, a-t-il ajouté, “il faut ajouter un certain nombre d’experts de tout acabit qui se retrouvaient dans le système, qui outrepassaient non seulement leurs responsabilités, mais qui se mêlaient de ce qu’ils ne maîtrisaient pas”. Et d’assener sur un ton presque martial mais avec toute la lucidité requise que “c’était pratiquement un charlatanisme sécuritaire qui prévalait ».

Selon le général Salifou Mody, malgré la  perception de stabilité qui prévalait à l’époque, la situation sécuritaire était en réalité désastreuse et sa gestion aventureuse. « Pour le commun de Nigériens, tout allait bien, tout simplement parce qu’il y avait un narratif, il y avait tout un montage en interne et à l’international pour faire croire que la situation était l’une des meilleures de la sous-région » a-t-il reconnu alors que dans les commentaires qui ont suivi la prestation, certains observateurs n’ont pas manquer de relever que lui et plusieurs des officiers membres du CNSP étaient alors au cœur du système. Quoiqu’il en soit, le Général a estimé que depuis, la situation a évolué. En témoigne les grands axes de la stratégie de défense qui a été élaborée et est en train d’être mise en place avec des résultats significatifs sur le terrain. « Nous sommes dans une situation de sécurité assumée. Nous assumons entièrement la Sécurité et la Défense de notre Pays » a affirmé le Ministre d’Etat en charge de la Défense nationale.

Évoquant plus spécifiquement le bilan des progrès enregistrés, depuis, le général Salifou Mody a détaillé les efforts déployés pour renforcer les capacités opérationnelles des forces de défense et de sécurité avec notamment une montée en puissance qui s’est traduite par des recrutements et  des formations massifs; l’acquisition de matériel, d’équipements ainsi que la réalisation d’infrastructures militaires et le perfectionnement continu du personnel militaire. « 2024 a été l’année de la prise en compte effective de notre défense nationale et de notre sécurité par nos propres moyens. C’est la prise en compte définitive de nos moyens de défense« , s’est félicité le général de corps d’Armée Salifou Mody qui n’a pas manqué d’aborder l’accent mis sur la guerre de l’information et de la communication ainsi que sur la mobilisation de tous les citoyens, car, a-t-il dit, “cette guerre, c’est celle de tout le monde« . Le général a, en ce sens, évoqué la réorientation de la coopération militaire qui a été, d’abord,  marquée par la dénonciation des accords de défense avec la France fin 2023 et le renforcement des partenariats avec de nouveaux partenaires comme la Fédération de la Russie, la Chine ou la Turquie . « Nous avons renforcé nos partenariats avec des pays comme la Chine, la Turquie, l’Iran et l’Égypte« , a-t-il déclaré, tout en confirmant le renforcement des relations avec la Russie. « Le Niger défendra ses intérêts et ira là où se trouvent ses intérêts« , a affirmé sans ambages le ministre Mody. Pragmatique, il n’a pas manqué de relever certains défis pour ne pas dire obstacles qui ont été difficilement surmontés grâce à l’abnégation des autorités de transition notamment les mesures d’embargos mises en œuvre par certains pays. “Jusqu’à aujourd’hui, nous avons une centaine de véhicules, dont des blindés, retenus au Bénin, au port de Cotonou, pour des raisons inconnues. Nous avons également des aéronefs, que nous avons payés, retenus dans des pays occidentaux”, a révélé le Ministre de la Défense nationale. “C’est comme si on vous met sur un ring en vous attachant les mains contre un adversaire”, a déploré le général de corps d’Armée Salifou Mody.

Aboubacar Yacouba Barma (lesechosduniger.com)

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