(Les Echos du Niger 9 janvier) Il était 20h passées de quelques minutes lorsque des échanges de tirs ont perturbé cette soirée du mercredi 08 janvier aux alentours du Palais Toumaï, le siège de la Présidence de la République à N’Djaména. Selon des sources sécuritaires, des assaillants minus d’armes blanches ont réussi à prendre d’assaut le Palais Présidentiel mais l’offensive a été vite contenue par les forces de defense et de sécurité (FDS) qui ont procédé à des interpellations. Depuis l’intérieur du Palais où il s’est rendu, le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères et porte-parole du gouvernement, Abderaman Koulamallah, il s’agit d’une “tentative de déstabilisation qui a été vite éradiquée” avant d’assurer que “la situation est sous contrôle”. L’attaque n’a pas été encore revendiquée et selon le chef de la diplomatie tchadienne, qui évoque “un petit incident” , le Chef de l’Etat Mahama Idriss Déby Itno ainsi que le Procureur de la République, sont attendus sur les lieux de l’évènement pour les suite à donner et déjà, les FDS ont été mobilisés pour parer à toute éventualité. Selon le porte-parole du gouvernement tchadien, le bilan provisoire fait état de 19 morts dont 18 parmi les assaillants qui étaient une vingtaine et un mort et 3 blessés parmi les forces tchadiennes.

La nuit a été longue à Ndjamena, la capitale tchadienne où des échanges de coup de feu, dont des tirs à l’arme lourde, ont été entendus dans la soirée de ce mercredi 08 janvier, aux alentours du Palai Toumaï, siège de la Présidence, dans le quartier Djambel Bahr. Des tirs qui ont durés presque une heure avant de s’estomper progressivement par des coups sporadiques alors que des soldats se déployaient dans les principales artères et lieux stratégiques de la capitale où les populations ont été plongés dans une véritable psychose.
Quelques instants après et suite à des directs et publication sur les réseaux sociaux, le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Abderaman Koulamallah, également porte-parole du gouvernement, s’est affiché dans l’enceinte du Palais au milieu de soldats tchadiens afin de rassurer la population prise de panique. « Je suis actuellement à la présidence de la République où la situation est totalement neutralisée. Il n’y a aucune crainte, rien de grave. La situation est sous contrôle. Nous attendons l’arrivée du président de la république pour vous montrer la réalité de ce qui s’est passé. Mais déjà, je voudrais rassurer l’ensemble des Tchadiens que la situation est sous contrôle. C’est un petit incident qui s’est passé », a-t-il déclaré. Et d’ajouter: « On est là et nous défendrons notre pays au prix de notre sang. Soyez calmes. Nous sommes tous mobilisés, les forces de défense et de sécurité sont mobilisés et toute cette tentative de déstabilisation a été éradiquée” »
‘’Petit incident’’ dans un contexte politique trouble…
Cette attaque intervient alors l’armée française est en train de se retirer du pays à la demande des autorités tchadienne. 24 heures auparavant le président français avait dans son discours polémique devant les ambassadeur français indiqué qu’ « aucun des Etats de la région de ne serait souverain et stable aujourd’hui si la France n’avait pas intervenu au Sahel ». D’ailleurs beaucoup y voit dans cette attaque une manœuvre de Paris.

Selon les premiers éléments recueillis auprès de sources sécuritaires et rapportées par la presse locale, des individus armés ont réussi à s’infiltrer dans l’enceinte du Palais mais l’assaut a été vite contenu par les FDS loyalistes.
Dans une vidéo en direct sur sa page Facebook, depuis la présidence, il rassuré le peuple tchadien qu’il s’agit d’un “petit incident” qui s’est passé et que cette “ tentative de déstabilisation a été éradiquée”. Il a annoncé l’arrivée du Chef de l’Etat, le Maréchal Mahama Idriss Déby Itno ainsi que du Procureur de la République pour faire le point sur la situation.
Le Chef de la diplomatie tchadienne a aussi donnée à la presse le premier bilan provisoire de l’assaut menée par un commando de vingt-quatre (24) hommes armés. Dix-neuf (19) personnes dont 18 assaillants ont été tués et du coté des forces loyalistes, on dénombre un mort et 3 blessés dont un grièvement. Des assaillants et des présumés complices ont également été interpellés comme en témoignent les images d’hommes attachés et plaqués au sol qui circulent sur les réseaux sociaux. Aux environs de minuit, le calme semble revenu dans la capitale où des soldats lourdement armés ont été positionnées à différents endroits sensibles afin de parer à toute éventualité.
L’assaut n’a pas été revendiquée. Il importe de souligner cependant qu’il intervient en pleine attente des résultats des élections législatives et locales qui devront parachever le processus de transition ayant conduit à la nouvelle République mais aussi et surtout, en pleine brouille diplomatique entre Ndjaména et Paris avec la dénonciation par le Tchad des accords de défense avec l’ancienne puissance coloniale ainsi que le retrait en cours des soldats français stationnées dans le pays. Aussi, bien que des accords ont été conclu avec l’essentiel des groupes politico-militaires, d’autres mouvements sont toujours en guerre contre le régime de Déby Fils. Enfin, le Tchad fait aussi face à la menace des terroristes de Boko Haram et de ses factions notamment l’ISWAP, qui a mené dernièrement des attaques meurtrières contre les positions de l’armée tchadienne dans le bassin du Lac Tchad.

Aboubacar Yacouba Barma (lesechosduniger.com)
