(Les Echos du Niger 6 janvier) Comme convenu entre le gouvernement de transition et les principales coalitions des syndicats, le Premier ministre a acté, par arrêté en date du 31 décembre 2024, la création d’un Comité Interministériel de négociations avec les partenaires sociaux du secteur de l’Éducation et de la Formation. Le Comité aura ainsi la tache d’instaurer et de maintenir un climat de dialogue social apaisé entre les deux parties avec comme principal objectif de parvenir à un nouvel accord relatif à la plate-forme revendicative des principaux syndicats du secteur notamment la question sensible du recrutement des enseignements contractuels dans la fonction publique ainsi que le paiement des rappels sur salaire et des incidences financières, suspendus depuis plusieurs mois. Des priorités pour la Dynamique des syndicats du secteur de l’éducation et de la formation (DSSEF) et la Coalition des syndicats de l’éducation et de la formation professionnelle (COSEFP) sur lequel bien des engagements ont été jusque-là pris mais jamais concrétisés et sur lesquels les nouvelles autorités tentent d’apporter des réponses malgré le contexte sociopolitique et surtout économique difficile du moment.
Selon l’arrêté du Premier ministre, Ali Mahaman Lamine Zeine, le Comité Interministériel qui est placé sous son égide, aura pour principales charges dans le cadre de sa mission, d’assurer une circulation régulière de l’information entre le Gouvernement et les Partenaires sociaux en vue d’une « meilleure compréhension de l’action gouvernementale »; de promouvoir “un dialogue constructif” dans le règlement des conflits sociaux relevant du secteur; d’examiner « les plates formes revendicatives des travailleurs » du secteur et de “conclure des accords ou des protocoles d’accord devant engager le gouvernement en tenant compte des réalités et du contexte socioéconomique” du pays”. Il sera également question pour le Comité Interministériel de proposer des stratégies de mise en œuvre des accords ou des protocoles ainsi conclus ainsi que de veiller à leur respect ou, le cas échéant, “d’informer à temps les partenaires sociaux des contingences et difficultés potentielles”.
Le Comité Interministériel dont les frais de fonctionnement seront pris en charge par le Budget national est présidé, selon l’arrêté du Premier ministre, par le Ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation avec comme vice-présidents ses homologues de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle; de la Jeunesse, de la Culture, de la Jeunesse et des Sports ainsi que le ministre délégué chargé des Finances. Le Directeur des Ressources humaines du ministère de l’Éducation nationale et un représentant désigné des partenaires sociaux feront office de Rapporteurs au Comité dont les membres sont composés du conseiller technique du Premier ministre en charge de l’Éducation, des Secrétaires généraux des ministères de l’Économie et des Finances; de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle; de la Jeunesse, Sarts, ports et Culture; de la Fonction publique, du Travail et de l’Emploi ainsi que des Directeurs centraux et cadres des ministères sectoriels concernés et des responsables des groupements des partenaires sociaux dont les requêtes sont en cours d’examen. En outre, le Comité qui se réuni sur convocation de son Président ou à la demande des Partenaires sociaux, peut faire appel à toutes les personnes ressources dont les compétences sont nécessaires.
Des négociations pour un nouvel protocole d’accord…
La création de ce Comité était très attendue par les principaux regroupements des syndicats du Secteur notamment la Coalition et la Dynamique des syndicats des secteurs de l’éducation et de la formation professionnelle. “C’est une bonne nouvelle qui nous réconforte sur la bonne foi du gouvernement parce qu’elle rassure les partenaires sociaux sur la suite des négociations sur nos préoccupations et dont la mise en place de ce Comité interministériel avant la nouvelle année était un engagement pris par le Premier ministre”, s’est félicité un syndicaliste à l’annonce de la signature de l’arrêté du Premier ministre. Il faut dire que l’initiative de la création de ce Comité interministériel de négociations avec les partenaire sociaux a été convenu d’un commun accord entre le gouvernement et les syndicats du secteur à la suite de la rencontre, début décembre dernier, entre le Premier ministre et les représentants de la Dynamique des syndicats du secteur de l’éducation et de la formation (DSSEF) et la Coalition des syndicats de l’éducation et de la formation professionnelle (COSEFP). En effet, après avoir une première grève de 48heures, les 18 et 19 novembre 2024, de ces derniers pour soutenir leur plate forme revendicative, et à la veille d’un nouveau préavis pour les 05 et 06 décembre, le Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine a pris les choses en main pour désamorcer la crise surtout que les négociations entre la ministre de l’Education nationale, Dr Elizabeth Chérif et les syndicats grévistes, n’ont pas abouti. Suite à cette rencontre avec le Premier ministre qui a permis d’arrondir les angles, les négociations ont repris entre le ministère de tutelle et les syndicalistes, ce qui a permis aux deux parties de s’accorder sur une protocole d’accord dont le premier effet a été la levée du mot d’ordre de grève des 05 et 06 décembre 2024.
Depuis, la poursuite du dialogue était suspendue à la création du Comité Interministériel, chose désormais faite et dès son installation officielle, les négociations vont pouvoir reprendre. Au menu, les plateformes revendicatives des syndicats qui exigent, entre autres, le recrutement des enseignants contractuels à la fonction publique, la reprise du paiement des rappels sur salaire et des incidences financières, suspendus depuis plusieurs mois, ainsi que la relance des négociations sur d’autres priorités de la plateforme revendicative actualisée, considérée comme une priorité par les deux regroupements des syndicats du secteur.
Ce n’est pas la première fois que les mêmes revendications atterrissent à la table du gouvernement et que des comités pour des négociations soient mis en place avec à la clé, des accords soient signés entre les deux parties. Jusque-là pourtant, ces accords n’ont pas été concrétisés comme la fin de la contractualisation dans le domaine de l’éducation et la formation professionnelle à laquelle s’est engagée le régime déchu ou le recrutement à la fonction publique d’enseignement en 2024 promis par l’actuel gouvernement l’année dernière. Cette fois sera-t-elle la bonne? that the question comme disent les anglais car en dépit de la bonne foi des nouvelles autorités, le contexte sociopolitique et surtout économique du pays s’y prête peu favorablement pour satisfaire ces doléances des syndicats du secteur. Il y va pourtant de la réforme ainsi que de l’amélioration tant attendue du secteur de l’éducation nationale et de la formation, ce grand corps malade depuis des années et de qui dépend le développement du pays surtout dans le nouvel contexte de souveraineté.
A.Yacouba Barma (lesechosduniger.com)

