Chef de l’Etat A. Tiani

Message à la Nation du chef de l’Etat : des réactions et des attentes après le discours du Général Tiani

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(Les Echos du Niger 19 déc)Comme de tradition, le Président du CNSP, le Général Abdourahmane Tiani a adressé un message à la Nation à la veille de la célébration, le 18 décembre fête de la République du Niger. Comme c’est le cas l’année dernière, c’est dans un contexte assez particulier qu’intervient la commémoration de l’édition 2024 de cette commémoration symbolique qui a été l’occasion pour le Chef de l’Etat de se prononcer sur la marche de la Transition en cours depuis le 26 juillet 2023, en mettant l’accent particulièrement sur le bilan des actions réalisées par le CNSP et le gouvernement, le rappel des objectifs déclinés à travers sa vision ainsi que les enjeux des choix opérés, des défis rencontrés et surtout des perspectives qu’augurent la dynamique nationale actuelle pour le Niger et son peuple mais aussi pour la confédération des Etats du Sahel (AES). Un discours qui a été diversement interprété et apprécié par les nigériens entre ceux qui ont été rassurés par les engagements du Chef de l’Etat à maintenir le cap pour une pleine et entière souveraineté du pays et ceux  qui sont restés sur leur faim en raison des sujets très attendus mais passés à la trappe notamment l’agenda de la Transition, le dialogue inclusif ainsi que les réformes pour une véritable refondation de l’Etat, des préalables à un  retour à l’ordre constitutionnelle normale sur de nouvelles bases. Comme en témoignent le florilège des réactions, particulièrement sur les réseaux sociaux, qui ont suivis l’adresse de l’Etat.

« Je tiens à réitérer mon serment solennel de ne jamais trahir vos aspirations et d’œuvrer, avec vous, ensemble, à la réalisation de nos objectifs communs d’indépendance, de paix, de sécurité et de progrès pour le bonheur de tous », a jugé utile de réaffirmé le Chef de l’Etat dans son message à la Nation prononcé la veille de la célébration du 66e anniversaire de la Proclamation de la République. Un message qui s’est voulu surtout pédagogique comme l’a d’ailleurs estimé le Président du CNSP qui a invité, à l’entame de son discours d’une trentaine de minutes, ses compatriotes à « une réflexion collective qui est indispensable pour mieux saisir la complexité de la situation dans laquelle se trouve notre pays, en rapport avec les enjeux liés à nos choix politiques actuels ». L’occasion pour le Général Tiani de planter le décor et surtout de permettre à ses concitoyens, comme il l’a dit, de « mieux saisir le chemin parcouru dans notre combat patriotique pour la souveraineté de notre pays et pour le raffermissement de notre volonté de bâtir un Niger nouveau garantissant un avenir meilleur pour tous ses fils ».

La célébration de cette édition 2024 de l’anniversaire de la proclamation de la République intervient, cette année, dans un contexte particulier, « marqué par l’affirmation par le peuple nigérien de sa souveraineté »,  suite à la prise de pouvoir par les Forces de Défense et de Sécurité  (FDS) regroupées au sein du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP), a ajouté le Patron de la Transition pour qui, depuis lors, et prenant les nigériens à témoin,  «notre pays fait face à une adversité totale d’un côté, de la part de tous les acteurs externes qui voudraient nous voir revenir dans leur giron ; et de l’autre, des traîtres internes qui se sont compromis avec les intérêts étrangers et se sont adonnés à l’accaparement frauduleux de nos ressources publiques ». Dans ces conditions, a-t-il indiqué, « nous sommes à un tournant décisif de l’histoire de notre grand pays ». Et le Général Tiani d’ajouter que « de notre détermination individuelle et collective, de notre résilience ainsi que de notre capacité à travailler dans l’union et la solidarité dépendent la survie même de notre pays ainsi que la réalisation de nos aspirations légitimes à un avenir meilleur ».

Fermeté à l’égard de la CEDEAO et les exilés politique…

Il faut dire que le message à la Nation du Président du CNSP était très attendu par les nigériens comme en témoigne l’audience qu’il a suscité auprès des auditeurs et téléspectateurs des médias publics qui l’ont retransmis en direct tout comme sur les autres plateformes qui en ont assuré la diffusion en direct comme votre site d’information et web tv les echosinfos.com. Pour cause, il y avait déjà un bon moment que le Chef de l’Etat ne s’est pas prononcé sur la situation du pays, depuis la célébration du premier anniversaire des évènements du 26 juillet 2023 suivis quelques jours plus tard de la commémoration de la fête de l’indépendance, le 3 aout dernier. Entre temps, beaucoup d’eau a coulé sous le pont et après 17 mois de l’ère CNSP, les attentes sont légion chez les nigériens qui légitimement commencent à s’interroger sur la marche de la transition et pour les plus sceptiques, à exprimer des doutes sur les véritables intentions des détenteurs actuels du pouvoir. C’est de toute évidence conscient de ces inquiétudes manifestes qui commencent à s’amplifier au travers des discussions et des débats que le Général Tiani a voulu rassurer les nigériens sur l’engagement des autorités de transition à maintenir le cap des objectifs fixés à sa prise de pouvoir et qui ont été par la suite décliné à travers sa Vision « Labou Sanni, Zancen Kassa » dont il a rappelé les quatre (04) principaux axes. Non sans, au passage, estimé que le moment est certainement venu de les entretenir solennellement de « la stratégie cynique mise en place par nos ennemis pour mettre notre pays à genoux et le soumettre ». Une manière tacite d’argumenter par l’excuse, stratégie politique oblige, comme lorsqu’il a ajouté que ceux qui mènent ce combat d’arrière-garde « pour nos choix politiques », n’ont pas désisté mais ont juste changé de méthode. « Ils continuent encore par leurs actions perfides et subversives à nous faire véritablement la guerre », a martelé le Général-Président qui a du reste saisi l’occasion pour rendre un vibrant hommage  aux vaillantes FDS qui, souvent au prix du sacrifice suprême, protègent l’intégrité du territoire national et assurent la sécurité ainsi que la stabilité de notre pays ainsi qu’à l’ensemble du peuple nigérien des villes, des campagnes et de la diaspora. « J’aimerais ici vous dire que je sais ce que vous êtes en train d’endurer, en termes de privation et de vie chère. Je mesure les sacrifices que vous êtes en train de consentir pour notre dignité retrouvée, pour la souveraineté de notre patrie et pour que notre cher pays, le Niger, reste debout dans l’indépendance. Je salue votre résilience, votre courage dans l’épreuve, votre patriotisme et votre sens de l’histoire. Vous avez décidé qu’il vaut mieux la dignité dans la souffrance au confort dans l’asservissement », a déclaré le Président du CNSP, empruntant du peu aux verves révolutionnaires de l’ancien Président guinéen Ahmed Sékou Touré et surtout au prophète des panafricanistes, l’ancien président du Faso Thomas Sankara. « Je tiens à vous assurer que votre engagement et vos efforts commencent à porter leurs fruits : celui de la dignité et de la souveraineté retrouvées d’un Niger nouveau dans lequel les Nigériens sont maîtres de leur destin », a assuré le Chef de l’Etat avant de réitérer son engagement solennel de ne jamais trahir les aspirations populaires et d’œuvrer ensemble, à la réalisation des objectifs communs d’indépendance, de paix, de sécurité et de progrès pour le bonheur de tous.

Les jalons d’une nouvelle trajectoire posées, des raisons d’espérer pour un nouveau Niger

Après avoir également renduun vibrant hommage aux pères fondateurs de la République, « qui ont accompli la mission de leur temps avec les moyens à leur disposition », le Président Tiani a toutefois souligné que force est cependant de reconnaître que pour de nombreuses raisons, « parmi lesquelles le corset néocolonial qui a lourdement limité les marges de manœuvre de nos pays, mais aussi l’assujettissement volontaire et zélé de certains de nos dirigeants », la véritable souveraineté est à conquérir. « Après 66 ans, la bataille pour l’effectivité et l’efficacité de notre Etat reste entièrement à être menée. Or, de la même manière qu’il ne saurait exister de véritable Etat sans souveraineté, il ne saurait y avoir de développement sans Etat souverain », a développé le Chef de l’Etat pour qui, « seul un Etat souverain peut se développer. Il n’y a pas de précédent historique d’un Etat sous domination qui a réussi à se développer ». En somme pour le patron de la Transition, la priorité des priorités et en dépit des attentes criardes et des de défis de l’heure, cette quête d’affirmation de la souveraineté du peuple nigérien sous l’égide du CNSP demeure le cheval de bataille des autorités dans le processus en cours.  

« Nos pères fondateurs nous ont transmis le flambeau et notre génération a décidé de remplir sa mission afin que ce flambeau ne s’éteigne pas entre ses mains. La tâche est colossale, nous le savons tous », a admis plus loin le Chef de l’Etat qui a estimé sur la même lancée que « sans triomphalisme aucun, nous pouvons déjà nous réjouir de certains accomplissements structurants ». Et de lister les actions les plus emblébatiques accomplies depuis le 26 juillet 2023 avec la prise du pouvoir par le CNSP, lesquelles ont permis d’inscrire notre pays dans une nouvelle trajectoire qui cette fois-ci est porteuse d’espoir. « Ce que nous avons réussi, c’est de renvoyer de notre pays, sans haine, ni violence, les forces qui entravaient notre souveraineté et empêchaient véritablement à nos FDS de monter en puissance pour accomplir efficacement leurs missions », a ressasser le Général Tiani qui a aussi mis en évidence la dénocniation de tous les contrats, textes législatifs, traités et conventions « injustes » qui ne vont pas dans le sens de l’intérêt du Niger et qui freinent le développement de notre pays. « C’est un signal fort pour tous ceux qui ont l’habitude ou ont l’intention de dominer ou de piller le Niger que désormais notre pays défendra ses intérêts sans complaisance », a lancé le Patron du CNSP pour qui, une autre réussite c’est aussi, «l’affirmation de notre souveraineté sur nos ressources naturelles longtemps spoliées et pillées par des puissances étrangères et leurs valets locaux ».  

Un bilan de la Transition déjà satisfaisant pour le Général Tiani

Dans son discours, le Chef de l’Etat n’a pas manqué de mettre aussi à l’actif du CNSP et du gouvernement, la prouesse de « réveiller le patriotisme des Nigériens longtemps foulé aux pieds par des individus au service des intérêts personnels ou partisans et claniques ou, pire, à la solde des organisations mafieuses ou de puissances étrangères ». Sur une note de satisfaction, il a aussi mis en exergue des réalisations au plan interne qui ont permis de « prouver que le Niger peut tenir débout, faire face courageusement et avec succès au terrorisme, payer ses fonctionnaires, assurer ses dépenses de souveraineté de façon générale, bref, vivre, sans la prétendue assistance étrangère souvent utilisée pour menacer ou humilier les Nigériens ». Et d’ajouter, in fine, que « ce que nous avons réussi, tous ensemble, c’est que pour la première fois dans l’histoire de notre pays, les décisions qui engagent le Niger et son peuple sont prises au Niger, par des Nigériens et dans l’intérêt du Niger et nulle part ailleurs ». Selon le Président, c’est ce qui a permis, d’ailleurs, en toute responsabilité et malgré le contexte difficile de prendre des mesures sociales à la fois symboliques et fortes que sont, entre autres : la baisse des prix à la pompe de l’essence et du gasoil, la diminution des coûts de certains actes médicaux et chirurgicaux et la baisse des prix du Ciment. « Ces réussites sont encourageantes. Il faut cependant les inscrire, non seulement, dans la durée, mais également, dans une vision globale et cohérente pour fonder véritablement un projet politique et social », a-t-il souligné avant d’annoncer que pour ce faire, deux grandes approches, aux niveaux national et international, seront mises en œuvre. En ce sens, il a évoqué, au plan international, l’alliance avec des pays avec lesquels le Niger partage la même histoire, la même trajectoire, les mêmes défis, les mêmes peuples et les mêmes aspirations. Il s’agit de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) avec le Burkina Faso et le Mali, « deux pays frères qui sont résolument à nos côtés », et qui a évolué en Confédération AES depuis le Sommet historique de Niamey le 6 juillet 2024 avec comme vocation dans un proche futur à se transformer en fédération afin de permettre aux trois pays membres de sécuriser leur espace commun et de s’engager véritablement sur la voie du développement. Ensuite, a poursuivi le Général Tiani, « nous avons décidé de diversifier nos partenaires et d’inscrire désormais nos relations diplomatiques dans le principe de respect mutuel, d’égalité souveraine et d’un partenariat sincère, équilibré et gagnant-gagnant qui prend en compte les intérêts de notre pays ». Sans les citer, il a remercié au nom du peuple nigérien, « ces pays amis et frères qui ont fait preuve de compréhension et d’amitié sincère avec le Niger en ces moments difficiles que nous vivons ». Inutile de ressasser qu’il s’agisse bien évidement de la Fédération de la Russie, de la Turquie, l’Iran ou la Chine ainsi que dans une moindre mesure et tout près, du Togo ou du Royaume du Maroc.

Au niveau national, le Président du CNSP a rappelé les axes du cadre stratégique de gouvernance pour la transition intitulé ‘‘Pour le Niger LAABU SANNI NO ZANCEN KASA NE ’’ dont le renforcement de la sécurité et de la cohésion sociale ; la promotion de la bonne gouvernance ; l développement des bases de production pour la Souveraineté économique et enfin, l’accélération des réformes sociales. Aussi, il a annoncé avoir élaboré des lettres de missions pour les membres du Gouvernement afin que chaque Département ministériel puisse rendre compte le moment venu de l’exécution des missions à lui confiées et les conséquences en seront tirées au titre du « devoir sacré de redevabilité » envers le peuple nigérien. « En tout état de cause, à un moment ou à un autre, chacun rendra compte de ses actes devant le peuple, devant l’histoire et devant son créateur. C’est aussi vrai pour les Gouvernants que pour les agents publics, les pères de famille et chaque citoyen », a prêché le Général Tiani.

Exit la Cédéao, vive la Confédération AES…

En terminant son allocution, le Chef de l’Etat n’a pas manqué d’aborder certaines questions de l’heure notamment la décision des pays de la Confédération de l’AES de quitter la CEDEAO. « Il s’agit d’une décision irréversible, car longuement et mûrement réfléchie. Elle s’inscrit dans la démarche de reconquête de notre souveraineté pleine et entière, condition indispensable à notre sécurité et à notre développement, dans le cadre de l’AES. Aussi, Elle a le mérite d’avoir enlevé définitivement aux puissances étrangères et leurs valets africains tout moyen et toute légitimité pour nous faire la guerre, à travers la CEDEAO, instrumentalisée et détournée, depuis plusieurs années, de ses nobles objectifs », a clarifié le Président du CNSP qui a tenu à rassurer tous les Nigériens et, au-delà, tous les concitoyens de la Confédération que « la sortie de la CEDEAO n’entrainera pas le chaos pour nos pays et leurs nationaux ». Pour le Général Tiani, le Niger et la Confédération AES continueront d’entretenir de bonnes relations de voisinage et de coopération avec tous les pays de notre région Ouest-africaine ; comme c’est le cas d’ailleurs avec les 42 autres pays africains membres de l’Union Africaine et les quelques 180 pays membres de l’ONU, épris de paix et de justice. « En tout état de cause, je tiens à rassurer nos Concitoyens de la Confédération AES que toutes les dispositions seront prises pour parer à toute éventualité », a déclaré le Chef de l’Etat qui, au terme de son allocution, a tenu à rendre un autre « hommage sincère et mérité » à tous ceux qui se sont mobilisés et qui continuent de se mobiliser, pour défendre notre dignité et notre souveraineté.  « C’est sur votre ferme engagement que repose la réussite de nos projets pour le Niger » a plaidé le Président du CNSP pour qui, ce sacrifice et ces efforts ne seront pas vains. « Le Niger est sur la bonne voie, celle du progrès pour tous ses fils » a admis le Président de la Transition qui a invité chaque Nigérien à se forger l’intime conviction que le Niger est notre bien commun. « Il nous appartient à tous et non pas à une quelconque puissance étrangère ou à une quelconque organisation régionale ou internationale. Il revient par conséquent, à nous, Nigériens, et à nul autre individu, pays ou organisation, non seulement, de protéger notre pays pour le hisser haut, au niveau des pays prospères, mais également, d’en tirer la détermination pour ne céder à aucune menace et à aucune injonction d’où qu’elle vienne. Intégrons donc définitivement, que le Niger, terre de nos ancêtres est éternel et que les difficultés de l’heure sont nécessairement passagères. Leurs intrigues, leurs sursis en espérant que la Confédération AES s’effondre dans les mois à venir ainsi que leurs plans sataniques de déstabilisation échoueront sans aucun doute, inch’Allah, face à votre détermination et avec l’aide d’Allah » a enfin conclu, sur une note d’optimisme et avec force et vigueur propre au soldat au service de la nation qu’il est et demeure, le Général de Brigade Abdourahamane Tiani.

Appréciations subjectives et attentes légitimes

Le message du Chef de l’Etat a suscité un florilège de réactions particulièrement sur la toile et chacun s’en est allé de son interprétation. Et comme il fallait s’y attendre, deux camps se sont le plus illustrés avec véhémence parfois sans tenir même de la substance du message. D’abord les laudateurs qui s’arrogent la qualité d’être les soutiens de premier plan du régime qui n’ont pas manqué de mettre en avant un discours « panafricaniste et révolutionnaire » et ensuite, ceux d’en face, les détracteurs pour qui « c’est du déjà attendu ». Dans le premier camp il y a certes les soutiens des premiers jours du CNSP qui n’ont pas changé de fusil d’épaule d’un iota, les défenseurs internes et internationaux à l’image de Kémi Séba mais aussi d’autres nouveaux parvenus dont les commentaires ont fait plus que sourire comme celui de l’ancien ministre Kassoum Moctar, qui ont jubilé sans s’appuyer sur des arguments tirés du discours que des verves qui versent dans le registre clanique. Ils se sont pour l’essentiel contenté de la réaffirmation par le Président du CNSP de son serment sollenel de ne pas trahor les aspirations du Peuple. Dans le second camp bien  évidemment les pourfendeurs du régime, les nostalgiques du régime déchu de Bazoum Mohamed qui ont plus versé dans la provocation en démontant point par point certains passages du message à la nation sans vraiment aussi convaincre.

Ville de Niamey, Boulevard Hopital National

Au milieu bien évidemment, les commentateurs et observateurs lucides qui ont apprécié par différentes manières et selon les angles, le message à la nation. Pour certains, la sortie médiatique du Chef de l’Etat, bien que symbolique du fait qu’elle intervient dans les activités de commémoration d’une fête nationale a eu au moins le mérite d’entretenir les citoyens sur l’Etat de la Nation et clarifier la position des autorités de la Transition sur plusieurs préoccupations de l’heure comme le divorce de l’AES d’avec la Cédéao. Le message à la nation du Président Tiani dans lequel il a réitéré que le départ des pays de la Confédération de l’AES de la Cédéao est « irréversible », est la première sortie officielle d’un haut dirigeant de l’organisation sahélienne au lendemain du Sommet d’Abuja du 15 décembre dernier à l’issue duquel les chefs d’Etat de l’organisation communautaire ouest-africaine ont pris acte de la décision de retrait du Niger, du Mali et du Burkina Faso tout en fixant un délai de six mois comme délai de grâce pour rendre le départ effectif ou nom en fonction des négociations qu’ils envisagent de poursuivre. Cependant, beaucoup ont eu comme un certain goût d’inachévé à la suite de ce discours du fait que le général Tiani n’a pas évoqué des sujets qui suscitent une forte attente des nigériens notamment la justice et les grands et sulfureux dossiers hérités des anciens régimes ainsi que pour d’autres, l’agenda clair de la transition alors que les préparatifs des Assises nationales battent leur plein pour poser les jalons des réformes devant conduire à un nouveau ordre constitutionnel et démocratique.

Aboubacar Yacouba Barma

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