Politique : le président déchu Bazoum Mohamed instrumentalisé par les siens

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Plus d’un an après la chute de son régime, la situation de Bazoum Mohamed est restée en l’état. Disons même que les choses ne s’arrangent pas pour lui, dès lors que son immunité a été levée. Et, à l’horizon, rien en vue allant dans le sens de sa libération. Bien au contraire, l’équation se complique pour lui. En cause, le comportement des siens.

En fin septembre dernier, son conseiller en sécurité M. Rhissa Ag Boula annonçait son retour dans le maquis. A peine, a-t-il lancé la création de son mouvement, voilà l’ex-rebelle qui file rejoindre les Mahmoud Salah et consorts formant une large coalition armée contre le régime du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP). Dans leurs revendications, la libération de Mohamed Bazoum et sa réinstauration dans ses fonctions de Président de la République, Chef d’Etat sont en première ligne. Vraisemblablement, la création des Forces Libres du Niger (CFLN) et son option en faveur de la lutte armée pour faire aboutir ses revendications sont bien accueillies dans le rang des ‘’inconditionnels’’ de Bazoum Mohamed. Cette posture belliqueuse n’est pourtant pas la meilleure option pour obtenir la libération de Bazoum.

D’autant même qu’avec les soutiens extérieurs dont le CFLN et ses dirigeants pensent pouvoir compter, on ne voit pas Rhissa Ag Boula et ses compagnons d’aventure jusqu’au Palais Présidentiel pour venir extirper Bazoum Mohamed de son lieu de détention. C’est de la folie ! A quoi sert donc ce tapage si ce n’est que d’instrumentaliser la situation du président déchu à des fins pécuniaires ? Ce sont des habitués de raccourcis pour vivre sur le dos de l’Etat. Ils ne sont pas inconnus au Niger, les deux figures de proue de la CFLN. ‘’Ministre à vie’’, depuis sa reconversion à la vie civile après les accords de paix de 1996, Rhissa Ag Boula qui compte, à son actif, un assassinat politique, notamment celui de Adam Amangué, leader politique local du Mouvement National pour la Société de Développement (MNSD Nassara), est resté, jusque-là, accroché aux subsides de l’Etat, s’accaparant, à lui seul, de tous les gros avantages octroyés à l’ex-rébellion, au détriment des siens. Les prébendes quand tu nous tiens ! S’agissant de Mahmoud Salah, c’est le même acabit que Rhissa Ag Boula. Sous le régime de Mohamed Bazoum, on l’a vu débarquer, de sa rébellion squelettique, en plein jour à Niamey, échangeant sa reddition contre quelques billets de banque et un séjour de prince au Noom Hôtel.

Dans cette campagne d’instrumentalisation de la situation de Bazoum Mohamed, des membres de son cabinet ne sont pas en reste. Il ne se passe pas un jour sans qu’ils ne s’illustrent pas dans ce qu’ils savent si bien faire à savoir les invectives virulentes, les injures et insultes voire même l’apologie du terrorisme. Pour eux, l’objectif visé est de plaire à l’impérialisme occidentale, pour pouvoir bénéficier du si précieux papier de refugié, dès lors que l’option qu’ils ont choisie, c’est de renier leur pays. En réalité, la situation de Mohamed Bazoum, ils n’en ont que dalle. Et d’ailleurs, c’est leurs agissements qui ont conduit à corser l’équation du Président déchu, pour ainsi dire de la levée de son immunité.

Oumar Sanda  

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