Télécommunication : l’ARCEP se penche sur la question de la facture numérique

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(Les Échos du Niger 23 juillet) L’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) vient de lancer ce mardi 23 juillet un séminaire sur le thème « Quelle contribution des opérateurs de télécommunications (Fixe, Mobile, FAI) dans la réduction de la fracture numérique dans le contexte de la sauvegarde de la patrie ? »

Cette rencontre qui réuni l’ensemble des acteurs de l’écosystème du numérique, vise à réduire les inégalités d’accès et de compétences relatives aux technologies de l’information et de la communication (TIC) au Niger. C’est dans la somptueuse salle des réunions de l’ARCEP qu’à eu lieu la cérémonie d’ouverture de ce séminaire sous la présidence du Ministre de la communication, des postes et de l’économie numérique Dr Sidi Raliou Mohamed.

Dans son allocution, le colonel-major Chaibou Idrissa, Directeur Général de l’ARCEP a rappelé que la fracture numérique est perçue sous l’angle du faible taux de connectés, mais aussi “ des inégalités d’accès aux TIC, la persistance du fossé numérique entre riches et pauvres et entre hommes et femmes et entre zone rurale et zone urbaine”.

Il ne s’agit donc pas uniquement d’étendre la couverture réseau, mais aussi de rendre les technologies de la communication et de l’information accessible à tout. Pour ce faire selon le premier responsable de l’ARCEP, il faudra améliorer les infrastructures, baisser les coûts et renforcer l’alphabétisation numérique. En effet à la date du 31 décembre 2023, “Le taux de pénétration mobile est de 65 % contre 32 % pour la pénétration internet «  fait savoir le régulateur du secteur. Il ressort ainsi que 70 % de la population nigérienne est exclu d’internet. Cette situation réduit l’accès à l’éducation, au service de santé, à l’information et aux opportunités économiques.

Col-major Chaibou Idrissa DG/ARCEP

Le renforcement des partenariats, la facilitation de la subvention, la réduction des tarifs pour les populations à faible revenu, le renforcement de la compétence des filles, des femmes et des jeunes en général figurent aussi parmi les solutions avancées par le responsable de l’ARCEP en vue de réduire ce faire taux d’accès à internet au Niger.

De son côté, M. Ali Salatou Adji, Directeur Général de l’Agence Nationale pour la Société d’Information (ANSI), a rappelé le rôle de son agence qui est de servir de catalyseur à la transformation digitale et de surmonter les difficultés liées à la croissance numérique. Le secteur des TIC “a besoin de synergie et les opérateurs de télécommunication doivent jouer un rôle important” a-t-il indiqué. “Nous attendons de vous des initiatives audacieuses à la hauteur des enjeux qui se présentent à nous “ a affirmer Ali Salatou Adji.

Le directeur de l’ANSI a insisté aussi sur l’amélioration de l’accès à internet dans les zones rurales et enclavées, l’élaboration de nouvelles offres tarifaires conforme au pouvoir d’achat des nigériens pour démocratiser l’accès aux technologies numériques. La formation d’une main-d’œuvre locale est aussi importante de même que la promotion du contenu local souligne le patron de l’ANSI. Il a assuré à toutes les parties présentes la disponibilité de son agence, à collaborer avec tous les acteurs pour surmonter les différents défis.

Dr Si Raliou Mohamed MC/PEN

Le ministre de la Poste et des nouvelles Technologies de l’information du Niger, Dr Sidi Raliou Mohamed a pour sa part rappelé que malgré les efforts, une grande partie de la population n’a pas accès à internet. Il a rappelé que le CNSP a entrepris des efforts comme la création d’un fonds d’accès universel au service de communication électronique, et initié la semaine nationale du numérique. Le ministre n’a pas manqué d’évoquer le programme village intelligent qui vise à garantir la connectivité en milieu rural et pour désenclaver plus de 2000 villages.

Ce projet comprend la création de 150 cases numériques pour améliorer l’inclusion numérique. Autre fait marquant visant à réduire la fracture numérique, c’est l’extension du haut débit et la connectivité des établissements scolaires avec le concours de l’UNICEF et l’union internationale des télécommunications UIT qui rappelons-le a participé remarquablement à la 1ere édition de la semaine du numérique en avril dernier.

Participants au séminaire

Notons que la cérémonie d’ouverture a été marquée par la présence du gouverneur de la région de Niamey, le général de Brigade Assoumane Abdou.

Youssouf Seriba