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Justice : le syndicat autonome des magistrats du Niger dénonce des exactions de la police

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(Les Échos du Niger 24 juin)Une fois encore, le bureau exécutif national du syndicat autonome des magistrats (BEN-SAMAN) du Niger est monté au front pour dénoncer ce qu’il estime être de graves violations aux droits et aux prérogatives du pouvoir judiciaire. Depuis l’arrivée au pouvoir du CNSP, ces hommes de loi montent régulièrement au créneau pour dénoncer ce qu’ils qualifient d’abus du pouvoir exécutif.

En effet, le 23 mai 2024, les membres d’un groupe d’auto-vigilance actif à Konni ont mené une opération d’arrestation contre un trafiquant de drogue qui s’est soldée par la mort d’un individu. Le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Konni va alors demander à la police judiciaire de diligenter une enquête afin de faire la lumière sur les circonstances de la mort de la victime. Mais le préfet de département de Konni va choisir d’intervenir pour bloquer l’enquête.Informé de la situation, le syndicat des magistrats contacte le ministre de la Justice qui promet de prendre en charge cette affaire.

Alors que la question reste en suspens, le BEN-SAMAN indique que le 10 juin dernier, un de ses membres a été arrêté par un policier de Tillabéry au cours d’un banal contrôle de routine. Il sera menotté sur ordre du chef poste, molesté et conduit à la direction régionale de la police.Le magistrat décide alors de porter plainte et ses bourreaux sont arrêtés sur ordre du procureur de la République près le tribunal de Tillabéry. Mais l’agresseur du magistrat ne restera pas longtemps derrière les barreaux. La même nuit, il sera libéré par l’officier de police judiciaire chargé de l’enquête.Face à cette situation, les magistrats nigériens ont tenu à rappeler au CNSP que « les hommes passent, mais que l’institution judiciaire demeurera jusqu’à la fin des temps ».

Pour le BEN-SAMAN des mesures fortes doivent être prises contre les officiers de police judiciaire impliqués dans ces fâcheux évènements.Notons que depuis le coup de force du 26 juillet, les magistrats et certains auxiliaires de justice s’estiment lésés dans leurs droits. Il y a quelques mois, ce sont les avocats qui s’étaient plaints de la violation des droits de la victime dans les litiges portant sur les infractions économiques. Il y a quelques jours, le ministère de la Justice a interdit l’accès des prisons aux organisations de défense des droits de l’homme.

Mawulolo Ahlijah

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