(Les Echos du Niger 22 juin) À l’issue de leurs procès, trois des 5 Nigériens arrêtés il y a quelques semaines sur la plateforme de Sémè-Kpodji ont été condamnés à 18 mois de prison avec sursis. Ces derniers sont désormais libres de regagner Niamey. Ils sont rentrés à Niamey le jeudi 20 juin dans l’après-midi. Un accueil de grand jour leur a été réservé à l’Aéroport International Diori Hamani de Niamey par le premier ministre Lamine Mahamane Zeine et plusieurs autre membres du gouvernement. Moumouni Hadiza Ibra, directrice générale adjointe (DGA) de Wapco Niger ainsi que d’Ismaël Cissé Ibrahim et de Mousbahou Dan Kané et deux autres sont de retour au pays saint et sauf. Ils ont tous été condamnés au terme d’un procès devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet).
À l’ouverture de leurs procès, le 17 juin dernier, les trois Nigériens ont plaidé non coupables. Ces derniers étaient poursuivis pour usage de fausses attestations. Les enquêteurs béninois avaient estimé que ces derniers étaient en possession de faux badges.
Les Nigériens incriminés avaient déclaré s’être rendus au Bénin pour contrôler le deuxième chargement du pétrole brut. Pour preuve, la DGA de Wapco Niger a déclaré à la barre qu’elle n’était pas à sa première mission sur le dossier de l’oléoduc de Sèmè.
À leur arriver à Cotonou par voie aérienne, la délégation de Wapco-Niger avait été accueillie et transportée sur le terminal de Sèmè-Kpodji par les fonctionnaires de Wapco Bénin. Elle aurait pénétré sur le site non pas par l’entrée principale, mais par une entrée secondaire. C’est sur la base de ce fait que les membres de la délégation ont été mis aux arrêts par les autorités béninoises.

Les échanges entre le juge de la Criet et le collège des avocats ont été longs. En prononçant la condamnation à 6 mois, la Criet a ordonné indirectement la relaxe de ces 3 Nigériens qui peuvent retourner à Niamey en toute liberté.
Ce procès intervient sur fond de tension entre Cotonou et Niamey. Le Niger reproche au Bénin d’abriter des camps d’entraînement de terroristes et maintient sa frontière terrestre fermée. Pour le Bénin, ces accusations et cette situation sont inacceptables. Selon certains analystes, l’arrestation puis le procès de ces cadres nigériens est une tentative du président Talon de faire pression sur le général Tiani en vue d’une réouverture de la frontière située à Malanville.
Youssouf Sériba

