(Les Echos du Niger 18 juin) Plus d’une semaine après, ses premières menaces, le Front populaire pour la libération, groupe rebelle formé, par Mahmoud Salah au lendemain du coup d’État du 26 juillet 2023, vient une fois encore de proférer des menaces contre le CNSP. En effet, dans un communiqué publié le 17 juin 2024, le groupe a indiqué qu’il allait s’attaquer aux infrastructures du pipeline Niger-Bénin. À sa revendication principale qui n’est autre que le retour de Mohamed Bazoum au pouvoir, les hommes de Mahmoud Salah ont ajouté une nouvelle exigence : l’annulation de l’avance de 400 millions de dollars promise par la Chine aux autorités pour l’exportation du pétrole brut.
Pour le FPL, les autorités de la transition s’approprient le pétrole brut nigérien à des fins personnelles. Mahmoud Salah s’est d’abord fait connaître à la tête de la rébellion de l’UFPR dans les années 2019 et 2020. À l’époque, il critiquait vivement le régime de Mahamadou Issoufou qu’il traitait de corrompu. En 2022, il avait décidé de baisser les armes et avait été reçu par le président Bazoum.
« Dans la nuit du 16 juin 2024, le Front Patriotique de Libération-FPL a saboté une section importante du pipeline en guise de premier avertissement à la junte de Niamey », peut-on lire dans le communiqué. En effet, le FPL menace de paralyser toutes les installations pétrolières si leur demande n’est pas satisfaite. Le sabotage revendiqué par le groupe rebelle n’a pas été confirmé par le gouvernement. Les rebelles du FPL conseillent également aux usagers d’éviter les tronçons N’guigmi-Koulele et Zinder-Jaouro pour leur propre sécurité.
Ces activités de sabotage ciblé et de guerre asymétrique font dire à beaucoup d’analystes que le but du FPL est de paralyser l’économie du Niger et que le groupe rebelle serait peut-être téléguidé par des intérêts extérieurs.
Mawulolo Ahlijah

