(Les Echos du Niger 12 juin) Mardi 11 juin 2024, le groupe français Orano mining (ex-areva) vient d’annoncer qu’elle comptait lancer très prochainement les travaux d’exploitation de la mine d’Imouraren. Cette annonce qui intervient dans un contexte de bras de fer entre le Niger et la France prouve que malgré la situation tendue Paris parvient à préserver ses intérêts stratégiques au Niger.La décision de la compagnie française a surpris la plupart des analystes.
Lors de la pose de la première pierre par Anne Lauvergeon, en mai 2009, il y a 13 ans, Imouraren devait devenir la plus grande mine d’uranium à ciel ouvert du continent. Mais deux ans plus tard, après la catastrophe de Fukushima et la chute des cours qui avait suivi, le projet avait été placé en hibernation. Malgré la pression des autorités nigériennes, la mine ne sera pas exploité.Dans son communiqué, Orano qui est très critiqué pour sa gestion des conséquences environnementales de la Cominak dit vouloir « accompagner le développement économique et industriel de la région ». La société minière affirme que le projet Imouraren est désormais une priorité.
« Orano s’engage aux côtés de l’État du Niger pour démarrer l’exploitation des gisements le plus rapidement possible » peut-on lire dans me communiqué récent « Les conditions actuelles du marché, avec une hausse favorable du cours de l’uranium, ont permis d’envisager une mise en exploitation d’Imouraren à travers le gisement IMCA 25 peu profond et pour lequel des travaux de découverture ont déjà été réalisés avant 2015. En effet, les équipes d’Orano et d’Imouraren SA ont repris les études effectuées sur ce gisement entre 2016 et 2018 pour actualiser les données et confirmer la faisabilité rapide du projet d’exploitation en mine à ciel ouvert. Les travaux préparatifs ont déjà commencé et se poursuivent sur site avec la réouverture des infrastructures pour accueillir les équipes de construction » poursuit le communiqué du géant minier français.Cette annonce est d’autant plus surprenante qu’il y a quelques années, Orano avait vendu une grande partie du matériel de terrassement en attendant la remontée des cours. Des licenciements nombreux avaient suivi dans les deux mines en fin de vie du consortium, ce qui avait accentué la tension sociale .

Ces gestes précédents ont fait dire à certains activistes que le géant minier français n’était aucunement préoccupé par les attentes de la population locale.« Les travaux de mise en exploitation du gisement IMCA 25 dureront environ trois ans » , affirme Orano, qui insiste particulièrement sur ses qualités sociales : « Orano et Imouraren SA adoptent une démarche de partenariat et de transparence, en concertation continue avec les autorités et les parties prenantes locales. »Après une période d’interruption de ses activités à la suite du coup d’État du 26 juillet, Orano mining avait repris ses travaux d’exploitation sur fond de crise grave entre le Niger et la France. Au début du mois de juin, le journal américain Bloomberg avait annoncé que le géant minier Rosatom comptait s’implanter au Niger au détriment d’Orano mining.
Cette décision de démarrer l’exploitation de la mine d’uranium semble donc être une tentative de la compagnie minière française de sauver les meubles. Elle avait auparavant avancer plusieurs raisons pour repousser l’exploitation de la mine d’Imouraren aux calendes grecques. En outre, la politique sociale de l’entreprise a souvent été vivement critiqué. Le ministre des mines du Niger n’a pas pour l’instant réagit à cette annonce d’Orano mining.
Youssouf Seriba

