(Les Echos du Niger 11 juin) La forte couverture médiatique en faveur des pandémies comme le Sida ou la Covid-19 ou encore des maladies non transmissibles comme le diabète, le cancer et l’hypertension artérielle a fait oublier aux yeux du monde la prévalence des maladies tropicales négligées (MTN). Au Niger comme dans beaucoup de pays, ces maladies continuent toutefois de constituer un réel défi pour la santé publique dans de nombreux pays comme le Niger.
Les MTN sont causées par plusieurs catégories d’agents pathogènes, notamment les virus, les bactéries, les parasites ou encore les champignons. Leurs particularités sont qu’elles sévissent dans les zones tropicales où elles affectent principalement les populations pauvres. L’OMS estime que chaque année, 1,6 milliard de personnes nécessitent des interventions à la fois préventives et curatives pour faire face à ces maladies au rang desquelles on peut citer la trypanosomiase humaine africaine, la leishmaniose, la lèpre, la filariose lymphatique, la mycétome, la chromoblastomycose ; le noma ou encore l’onchocercose.
Au Niger, malgré les progrès enregistrés au cours des dernières années, les maladies tropicales négligées (MTN) continuent d’être un grave problème de santé publique. Le 30 janvier dernier, à l’issue de la célébration de la Journée internationale de lutte contre les MTN, le colonel Garba Hakimi, ministre de la Santé du gouvernement de transition, a dressé l’État des lieux de la situation. Peu après, en février dernier a lancé une campagne nationale de traitement de masse de ces maladies. A l’époque, le ministre à annoncé une intensification de la campagne autour de la Bilharziose, « la lutte contre la Bilharziose fera l’objet d’une intensification partout sur le territoire national jusqu’au contrôle total de la morbidité liée à cette maladie » a fait savoir le Col-major Hakimi.

En 2021, le pays est parvenu à éliminer l’onchocercose en 2021 et s’est engagé à l’horizon 2030 à éliminer le trachome et la filariose lymphatique. Les MTN comme la schistosomiase, les vers intestinaux, la variole lymphatique, continuent par contre de sévir au Niger malgré les efforts initiés par les pouvoirs publics pour les éradiquer. Ces maladies restent endémiques dans pratiquement toutes les régions du pays, selon le ministère de la Santé. Au total, 72 districts sont concernés par les MTN au Niger.
La difficulté d’accès à l’eau potable fait partie des raisons pour lesquelles ces maladies continuent de sévir au Niger. Si le pays à un sous-sol très riche en eau douce, les populations continuent de faire face à des difficultés d’approvisionnement en eau potable.
C’est le cas à Maradi où une bonne partie des populations des localités de la font face à des difficultés d’accès à l’eau. Des projets d’hydraulique à grande échelle sont prévus pour faciliter l’accès à l’eau.
Avec l’aide de ses partenaires, le Niger distribue des médicaments d’une valeur d’environ 30 milliards de francs CFA aux populations les plus vulnérables chaque année. Ces médicaments servent aussi bien à la prévention qu’à la guérison de nombreuses maladies. Des campagnes de sensibilisation sont aussi lancées régulièrement pour rappeler aux populations l’importance des mesures d’hygiène basique comme le lavage des mains.
L’OMS figure parmi les premiers partenaires du Niger dans cette lutte contre les MTN. Au cours des dernières années, l’organisation onusienne s’est évertuée à harmoniser les méthodes de lutte contre les MTN du point de vue de la santé publique. Un accent particulier a été mis sur la collaboration intersectorielle au sein des équipes médicales.

Speak up Africa, l’organisation panafricaine de plaidoyer sur la lutte contre les MTN, figure aussi en bonne place parmi les principaux partenaires du pays dans cette démarche d’éradication des MTN. Le 3 février 2023, à Abu Dhabi, Speak Up Africa s’est associé à Reaching the Last Mile, pour annoncer une initiative commune en vue de renforcer leurs actions en faveur de l’élimination des maladies tropicales (MTN). Cette initiative avait pour but de renforcer l’engagement des jeunes et des associations de jeunes pour mieux lutter contre les MTN au Niger et au Sénégal. Un financement de 250 000 dollars a été octroyé aux organisations retenues.
Malgré les difficultés, le Niger continue de placer la lutte contre le MTN parmi les priorités et multiple les initiatives pour en venir à bout.
Youssouf Sériba

