(Les Echos du Niger 30 mai) Quelques heures après que l‘Union-Européenne ait annoncé le retrait de ses troupes présentes au Niger, le ministère de la Défense allemande vient d’indiquer que son pays comptait poursuivre sa coopération militaire avec Niamey. Ainsi, un accord intérimaire a été conclu pour permettre à l’Allemagne de continuer à exploiter sa base aérienne située dans la capitale nigérienne. L’annonce a été faite par le ministère allemand de la Défense.
L’accord intérimaire ainsi signé doit courir jusqu’à ce qu’un autre accord sécuritaire soit conclu entre les deux pays. Berlin qui souhaite rester présent dans le Sahel, a indiqué que dans le cadre de cet accord intérimaire, “la base opérera comme structure froide avec un personnel nettement réduit ».
Notons que cette base aérienne allemande abritait une centaine d’hommes et de femmes de la Bundeswehr (armée allemande). Elle était principalement utilisée comme plateforme logistique de mission de l’ONU (Minusma) au Mali voisin. Cette dernière a pris fin en décembre 2023. Selon l’hebdomadaire allemand Spiegel, Berlin avait depuis longtemps initié des négociations secrètes avec le CNSP en vue de maintenir sa présence militaire au Niger. L’exécutif allemand a notamment indiqué que cette base aérienne avait une valeur stratégique et pourrait servir à mener des opérations d’urgence comme des évacuations.
Depuis décembre 2023, le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, s’était rendu au Niger où il avait rencontré plusieurs membres du CNSP. Cette visite a eu lieu alors que Berlin ne reconnaît pas officiellement le gouvernement de transition nigérien et continue d’appeler à la libération du président Bazoum.
Selon certains analystes, cette décision prise par le CNSP de ménager l’Allemagne alors que la France et les États-Unis ont été mis à la porte au profit de la Russie est la preuve que le Niger ne souhaite pas s’isoler complètement du monde occidental.
Youssouf Sériba

