(Les Echos du Niger 27 mai) C’est grâce à la visite qu’a entreprise par le ministre de la santé publique le colonel-major Garba Hakimi dans la région Maradi du 20 au 24 mai que le public découvre cet incident sanitaire. Quelques 70 enfants nigériens dont l’âge est compris entre 2 et 10 ans présentent de graves malformations des membres inférieurs suite à la consommation d’eau provenant d’un forage avec un excès de fluor dans le village de Dadin-Kowa situé dans le département de Tessaoua dans la région de Maradi.
Le forage en question a été construit à Dadin-Kowa par un partenaire humanitaire du Niger. Si le nom du partenaire en question n’a pas été divulgué, il est évident que ce dernier n’a pas pris le temps de solliciter les services compétents pour la réalisation de cet ouvrage hydraulique. Sur les 70 enfants victimes de cette contamination, 7 ont été opérés avec succès. 23 autres enfants seraient dans l’attente d’une intervention chirurgicale. Même si leurs situations sont quelque peu alarmantes, les chances que les opérations soient une réussite restent élevées.
Ce n’est pas la première fois que des cas de malformations suite à une contamination au fluor ont été recensés au Niger. En 2001, le Niger avait connu l’épisode du drame des enfants de Tibiri. Le centre de santé de cette localité situé dans la région de Maradi avait dénombré 4 918 garçons et filles atteints par diverses malformations provoquées par un taux excessif de fluor. Le fluor ne se trouvait pas dans l’eau d’un forage, mais dans celui distribué entre 1985 et 2000 par la Société nigérienne des eaux (SNE). Plusieurs de ces enfants, dont l’âge se situait entre 15 mois et 15 ans, avaient les jambes et le dos arqués, les têtes volumineuses ou encore les os fragilisés.
La Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) avait accusé à l’époque la SNE d’avoir caché l’empoisonnement aux populations. Notons qu’au Niger, un habitant sur deux n’a pas accès à l’eau potable. Une situation qui est à base de la prolifération de pathologies telles les maladies tropicales négligées entre autres. Malgré tout, le pays abrite l’une des plus importantes réserves d’eau souterraine en Afrique et au monde. La mise en place d’une bonne politique hydraulique devrait permettre de renverser rapidement cette situation.
Youssouf Seriba

