(Les Echos du Niger 30 avril)Depuis le 22 avril dernier, le pétrole nigérien coule à travers le pipeline Niger-Bénin. Ce gigantesque gazoduc qui relie les champs pétroliers d’Agadem situé dans l’extrême nord du pays au littoral du Bénin, permettra au Niger de faire passer sa production journalière de 20 000 à 110 000 barils par jour. Cette augmentation de la production intervient à un moment opportun.
Selon un rapport de la banque mondiale publié ce lundi 29 avril, « les fortes tensions géopolitiques des deux dernières années ont favorisé la tenue des prix du pétrole et d’un grand nombre d’autres matières premières ». Ainsi, selon l’institution de Bretton Woods, les prix du pétrole Brent ont grimpé à 91 dollars le baril au début du mois d’avril 2024, soit « près de 34 dollars de plus que la moyenne sur la période 2015-2019 ».
Toujours selon les prévisions de la Banque, le prix du pétrole Brent devraient s’établir en moyenne à 84 dollars en 2024, puis à 79 dollars l’année suivante en 2025. L’institution indique que si le conflit au Moyen-Orient se poursuit en 2025, le prix moyen du Brent pourrait « remonter à 92 dollars le baril en cas de perturbation modérée de l’offre de pétrole, voire dépasser les 100 dollars en cas de perturbation plus grave ».
Si cette situation pourrait conduire à une hausse de l’inflation au niveau mondial, elle devrait fortement profiter à l’économie nigérienne. Le pays devrait en effet tirer plus de recettes de l’exploitation de son pétrole. Ainsi, au cours de l’année 2024, le pays devrait récolter plus de 7 millions de dollars par jour, soit 4,2 milliards de FCFA, après déduction de la taxe de 0,8 dollar par baril perçu par le Bénin. À l’année, c’est plus de 1000 milliards de francs CFA qui entreront ainsi dans les caisses de l’État.
Cette augmentation de recettes s’accompagnera, comme l’a dit la Banque Mondiale, d’une hausse de l’inflation. Une partie de ces entrées financières devra donc être consacré au développement des programmes sociaux pour éviter que l’écart ne se creuse de trop entre les différentes couches sociales du pays.
Mawulolo Ahlijah

