Mines : que reproche le CNSP à Goviex ?

Actualité Economie Gouvernance Mines

(Les Échos du Niger 26 avril)Plus de dix ans après avoir obtenu le permis d’exploitation du gisement d’uranium de Madaouela, situé dans l’extrême nord du pays, Goviex, la société spécialisée dans les ressources minérales basée au Canada n’a toujours pas entamé les travaux d’exploitation. Pour le CNSP, cette situation a trop duré et ne peut plus se poursuivre. Le gouvernement mis en place par le général Tiani menace d’annuler le permis octroyé à l’entreprise.

Selon un communiqué publié par Goviex, les nouvelles autorités du Niger lui auraient donné jusqu’au 3 juillet prochain pour commencer l’exploitation des gisements. Sans quoi, le permis sera purement et simplement annulé. L’entreprise qui ne cesse de répéter depuis des années que l’exploitation de la mine de Madaouela tarde en raison des contraintes logistiques et de la baisse du prix de l’uranium. La société a indiqué que les discussions sont en cours avec les autorités nigériennes pour trouver une solution qui convienne aux deux parties.Une analyse de la situation fait cependant ressortir d’autres raisons au bras de fer qui oppose le CNSP et Goviex. En effet, le général Tiani et son équipe se sont engagés dans un processus de recouvrement de la souveraineté nationale.

Même si les ÉchosduNiger n’ont pas eu accès au contrat liant l’État du Niger à Goviex, il semblerait que les conditions de répartition des bénéfices soient inéquitables. De son côté, la compagnie canadienne met en avant les retombées économiques pour le pays et met l’accent sur le nombre d’emplois qui pourrait être potentiellement créé. Le mois dernier, l’ONG Aghirinman a saisi le ministère nigérien des Mines et s’interrogeait sur le démarrage effectif des opérations. Ce n’est pas la première fois que le permis octroyé à Goviex suscite des polémiques. En 2019, pour calmer la société civile d’Arlit, le président Mahamadou Issoufou s’est rendu à Madaouela pour poser la première pierre du complexe industriel. À l’époque, l’étude d’impact environnemental qui suscitait des interrogations avait été mise à jour selon l’ONG Aghirinman.

La société minière ajoute que les opérations ont été rendues plus difficiles par les contraintes logistiques, l’année dernière, et que les prix de l’uranium n’ont atteint que récemment les niveaux nécessaires au démarrage du projet.Des sources locales indiquent que la construction d’une route est en cours. Mais le CNSP est plus décidé que jamais et si dans les neuf semaines à venir le bruit des machines ne se fait pas entendre à Madaouela, Goviex peut commencer par dire adieu à son projet d’exploitation minière au Niger.

Youssouf Seriba

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *