(Les Échos du Niger 16 avril)Le 10 avril dernier, un gros porteur russe a atterri à Niamey avec à son bord du matériel de guerre Russe et des instructeurs. En s’adressant à la télévision nationale, les instructeurs russes, visages cagoulés, ont affirmé être présent pour appuyer le Niger sur le plan sécuritaire. L’arrivée de ces équipements et des instructeurs russes n’est pas une surprise.Depuis la rupture des accords de défense avec les États-Unis, le CNSP s’est rapproché de la Russie comme l’ont fait auparavant le Burkina-Faso et le Mali. Le général Tiani s’est notamment entretenu avec Vladimir Poutine peu après sa réélection et les deux hommes ont convenu d’un renforcement des relations de coopération sécuritaire entre leurs pays respectifs.
Ce qui étonne certains analystes est la décision russe de doter le Niger d’un système de défense anti-aérien. Cette interrogation semble fonder. Certes, le Niger est confronté à de nombreux défis sécuritaires. Mais les groupes djihadistes qui sont actifs dans la zone dites des trois frontières et dans la région de Diffa ne possède pas d’avions ou d’hélicoptères. Pour contrer l’avancée de ces groupes terroristes, un contrôle aérien est important, mais un plus fort engagement des troupes au sol parait être la solution. Et sur ce plan, jusqu’aujourd’hui, les forces de défenses et de sécurité du Niger n’ont pas démérité.
Selon beaucoup d’experts, l’installation du système de défense anti-aérien couvrant la totalité de l’espace aérien nigérien va servir non seulement à surveiller les groupes terroristes, mais aussi à prévenir les agressions extérieures. Même si les troupes françaises se sont retirées du pays, le Niger se tient sur le qui vive et craint que l’ancienne puissance colonisatrice n’agisse dans l’ombre ou par pays interposé pour déstabiliser le pays. Une autre raison pour laquelle le Niger doit mieux contrôler son espace aérien est la présence américaine. Si les militaires américains comptent se retirer dans les semaines ou les mois à venir de la base d’Agadez, rien n’est encore clair en ce qui concerne la base de Dirkou qui est directement contrôlé par la CIA.
Depuis cette base, les services secrets américains font voler des drones armés en direction de la Libye et d’autre pays. De toute évidence, les nouvelles autorités de la transition veulent mieux contrôler notre espace aérien pour éviter d’être surpris par une hypothétique vengeance des États-Unis. Ce qu’il reste maintenant à savoir est le véritable coût de cette installation et les charges liées à son fonctionnement.
Mawulolo Ahlijah

