Senegalese opposition presidential candidate Bassirou Diomaye Faye looks on while addressing his first press conference after being declared winner of Senegal’s presidential election, in Dakar, on March 25, 2024. Anti-establishment candidate Bassirou Diomaye Faye was set March 25 to become the youngest president in Senegal’s history after his rival conceded the race, triggering a political earthquake in the West African nation. (Photo by JOHN WESSELS / AFP)

Élection de Bassirou Diomaye à la tête du Sénégal : quel impact sur les pays de l’AES ?

Actualité Afrique

(Les Echos du Niger 28 mars) Le 24 mars dernier, les sénégalais se sont rendus en masse dans les bureaux de vote pour choisir leur prochain président.  Au soir de ce même jour, les tendances semblaient déjà claires. Sur les 19 candidats en lice, le candidat antisystème Bassirou Diomaye, poulain du très populaire opposant Ousmane Sonko a pris une nette avance sur ses challengers.  Dans la journée du lundi 25 mars, la tendance s’est accentuée et de nombreux candidats dont celui du parti au pouvoir sortant, Amadou Bâ ont félicité Bassirou Diomaye  pour son élection à la tête du pays.

Il s’agit d’un véritable séisme politique qui ne manquera pas d’avoir de sérieux impacts au-delà des frontières du Sénégal. Bassirou Diomaye comme son mentor et ami, Ousmane Sonko s’est toujours présenté comme un panafricain de gauche opposé au système, au franc CFA et prêt à tout pour que le Sénégal et l’Afrique retrouve sa pleine souveraineté. Si, sur le plan interne, cet ancien inspecteur des impôts a promis de lutter contre la corruption et les inégalités sociales, son arrivée au pouvoir devrait changer beaucoup de choses au niveau des pays de l’Alliance des États du Sahel que sont le Mali, le Niger et le Sénégal.

Les dirigeants militaires de ces pays ont été vivement critiqués  par l’administration du président sortant Macky Sall. Le Sénégal avait d’ailleurs soutenu l’option d’une intervention armée pour réinstaller le président Bazoum après le coup d’État du 26 juillet au Niger.  Des troupes sénégalaises avaient été mobilisées dans ce sens malgré l’opposition de Bassirou Diomaye et des membres de son parti. 

Il faut dire que sur le plan de la politique extérieure, le nouveau président Sénégalais semble proche des pays de l’Alliance des États du Sahel. Même s’il n’a officiellement fait aucune déclaration concernant une future adhésion du Sénégal à cette organisation, il s’agit d’une probabilité très forte. Plusieurs de ses soutiens politiques ont à mainte reprise félicitée le Mali, le Burkina et le Niger pour leurs postures anti-impérialistes et ont déclaré que le Sénégal rejoindra le rang  de l’Alliance dès que Macky Sall sera dégagé. Farouchement opposé au Franc CFA comme les pays de l’AES, il n’est pas exclu que sous la présidence de Diomaye, le Sénégal  n’adopte une nouvelle monnaie commune avec le Niger, le Mali et le Burkina-Faso.  Les relations entre le Sénégal et la France risquent de leurs côtés d’entrer dans une phase de turbulence avec l’arrivée au pouvoir de Bassirou Faye. Beaucoup prédisent déjà un scénario similaire à ce qui s’est passé au Mali, au Burkina et au Niger.

L’adhésion du Sénégal à l’Alliance des États du Sahel offrira aussi à ses pays un accès à la mer et serait un véritable séisme géopolitique. Le fait qu’un régime élu démocratiquement fasse une alliance avec des régimes militaires issus de coups d’État apporte une dose de crédibilité internationale à cette organisation. D’ailleurs, certains analystes sont confiant que d’ici 5 ans, le Niger, le Sénégal, le Mali et le Niger ne forment qu’un seul État fédéral redonnant ainsi vie à l’ancien grand et puissant empire Songhaï.

Mawulolo Ahlijah

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