(Les Échos du Niger 8 mars) Après l’annonce de la levée des sanctions imposées au Niger par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), beaucoup s’attendaient à ce que les vols habituels reprennent au rythme d’antan. Et pourtant tel n’est pas le cas. Des deux compagnies aériennes, Asky et Air Côte d’Ivoire qui avaient annoncé leurs intentions de reprendre le vol le 2 mars dernier, seul Asky a pu tenir sa promesse. Air Ivoire est toujours persona non grata dans le ciel du Niger. Cette décision de ne pas autoriser la compagnie ivoirienne à atterrir de nouveau à Niamey se comprend aisément au vu des mauvaises relations qui existent entre les deux exécutifs.
Le président Alassane Ouattara du Niger a été l’un des plus fervents critiques du coup d’État au Niger et dans les autres pays du Sahel. Il avait apporté un soutien sans faille au projet d’intervention militaire pour réinstaurer le président Bazoum dans ses fonctions.Les sorties médiatiques du président ivoirien et ses prises de position ont suscité le mécontentement des nigériens. Cette fermeture de l’espace aérien fait échos à la fermeture toujours en cours des frontières terrestres avec le Bénin. Ce pays avait aussi manifesté une réelle hostilité envers les militaires du CNSP et soutenu l’hypothèse d’une intervention militaire de la Cédéao.
Mais tôt ou tard, le pragmatisme économique devrait prendre le pas sur cette attitude revancharde. Le Niger qui, avec les autres pays de l’AES compte lancer une compagnie aérienne dans les brefs délais doit éviter un retournement de situation.
Youssouf Seriba

