(Les Echos du Niger 7 fév.)Maky Sall a-t-il été à l’école de feu Tandja Mamadou l’ancien président de la République du Niger auteur l’opération Tazartché ? C’est la question que risquerait de se poser les sénégalais qui ont été surpris et scandalisé du coup d’Eta constitutionnel que vient d’opérer celui dont mandat été censé arrivé à terme le 2 avril prochain. L’Assemblée Nationale du pays a adopté une loi portant report du scrutin présidentiel de 6 mois hier mardi sur fond d’échauffourées.
Tous commence le samedi 3 février où à l’étonnement de tous et dans une stupeur généralisée que le président sénégalais Macky Sall a annoncé le report sine die de la présidentielle du 25 février.
Dans un discours à la nation, le président sénégalais Macky Sall a décidé en des termes sans équivoque d’embrasser le chemin de la continuité et de prolonger son mandat jusqu’au 15 décembre date retenue pour la nouvelle date du scrutin.
L’élection présidentielle était initialement prévue le 25 février prochain. Cette décision intervient à quelques heures seulement de l’ouverture de la campagne électorale.
« J’ai signé le décret du 3 février 2024 abrogeant le décret du 26 novembre 2023 fixant la présidentielle au 25 février 2024 », a dit le président du Sénégal dans son discours le samedi. Pour les vingt candidats qui devaient concourir pour devenir le prochain président du Sénégal, l’heure est à une remise en cause total de toutes les prédictions.
« J’engagerai un dialogue national ouvert, afin de réunir les conditions d’une élection libre, transparente et inclusive », a-t-il également affirmé.
En effet, à Niamey cette sortie du président sénégalais rappelle la décision prise par le défunt président Mamadou Tandja dans les années 2010 s’octroyant un bonus de 3 ans après ses deux manat constitutionnels.
La crise politique qui s’en est suivie a permis la prise du pouvoir par le général Salou Djibo lors d’un coup d’État. Pour l’heure tous les regards sont tournés vers la Cédéao qui devrait normalement condamné ce coup d’État constitutionnel. Hier mardi, dans un communiqué dénué de fermeté elle a appelé au maintien de la date initiale du 25 février pour la tenue des élections. La Cédéao sera-t-elle entendu par Macky Sall ? Du reste, si l’armée sénégalaise n’a jamais joué le rôle d’arbitre dans le pays, certains analystes pensent qu’il est possible que des officiers profite t de la situation pour emboîter le pas au général Tiani, au capitaine Ibrahim Traoré ou encore à Assimi Goïta.
En attendant, on ne peut que souhaiter que le peuple sénégalais parvienne à prendre son destin en main.
Youssouf Sériba

