Société : Niamey, quand les caniveaux deviennent vecteurs de maladies

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À Niamey, les problèmes d’assainissement font parties des principaux défis auxquels sont confrontés les autorités municipales, des défis avec lesquels les populations apprennent à vivre non sans embarras. Les caniveaux construits pour faciliter le drainage des eaux surtout en période de pluie sont devenues des véritables dangers publics pour les riverains du fait de leur insuffisance et leur manque d’entretien. Pour cause, de nombreuses maladies à morbidité élevée à Niamey sont causées par le manque d’infrastructures d’hygiène adéquate. C’est le cas des maladies tropicales négligées et le paludisme dont les victimes se comptent par milliers.

En 2023 plus de 150 cas de de Bilarziose une des maladies tropicales négligées ont été enregistrés dans le district sanitaire Koira Tégui dans le 2e arrondissement selon le Major  Raicha Lamine Ahmed responsable du CSI Koira Tégui quartier populaire de Niamey. Or, cette pathologie fait partie de la vingtaine de maladies tropicales négligées qui sont évitables grâce au respect des principes d’hygiène  notamment l’accès aux infrastructures d’hygiènes (latrines, caniveaux). Pour aider à prévenir ses maladies un groupe de jeunes du quartier Koira Tégui se sont regrouper en associations pour ses organiser des séances de sensibilisation sur l’hygiène et des dépistages de maladies tropicales négligées. « Courant de l’année 2023, nous avons recensé plus 1.200 personnes présentant des signes de dermatose » indique Djibo Issaka membre de l’association.

Pour lutter contre les MTN, l’hygiène doit être de mise « au sein des ménages les femmes doivent veiller à l’hygiène alimentaire et vestimentaire des enfants et assainir l’environnement domestique de même, dans la ville les municipalités doivent prendre les dispositions pour éviter les eaux stagnantes dans les quartiers » explique Major  Raicha Lamine Ahmed responsable en chef du CSI Koira Tégui. Pourtant, force est de constater que les eaux stagnantes sont la résultante du manque de voies de ruissèlement à savoir les caniveaux dans la plupart des quartiers de Niamey.

Pour faire ce constat, du quartier Koira Tégui nous nous sommes rendus à Boukoki, un autre quartier populaire situé dans le 3e arrondissement de Niamey. Ici, rares sont les caniveaux qui sont en bon état de fonctionnement. A découvert, remplies et bouchés par des déchets solides offrant un festival de mouches et moustiques et autres parasites, c’est le triste décor qui borde les rues et ruelles de Boukoki I à III. 

Une rue du quartier Boukoki © Échos

Pour Aziz, un habitant du quartier Boukoki « cette situation est un vrai calvaire pour nous autres riverains. En plus des maladies, nous sommes étouffés  en longueur des journées par l’odeur nauséabonde qu’ils dégagent».

Souleymane, un autre habitant du quartier affirme « ce fléau touche  plus la population en période pluvieuse où les précipitations deviennent  abondantes  et nous assiègent parfois jusque dans chambres».

En plus des maladies, cette situation cause d’autres types de dommages.

« J’ai été plusieurs fois témoin des accidents qui s’y produisent par le biais des caniveaux mal entretenus. Souvent nous utilisons des morceaux de tôle et des pneus usés afin de les couvrir et éviter que des passants tombent dedans.  Malgré tous, des gens ont été souvent victimes de chute dans ces caniveaux  surtout en période de coupure d’électricité » explique Aziz.

« Face à cela, le gouvernement doit mettre en place plusieurs options de canalisations et d’entretien des caniveaux pour le bien être de la population en général mais particulièrement les jeunes qui sont  plus sensibles face aux conséquences telles que les maladies comme le paludisme, le choléra et bien d’autres » préconise de son  côté Souleymane.

Le moins qu’on puisse dire est que les autorités de la ville de Niamey doivent prendre toute la mesure de la situation et  mettre sur place un véritable plan pour non seulement moins construire les caniveaux mais aussi et surtout, assurer une évacuation plus efficiente des eaux usées.

Youssouf Sériba

Cette production est réalisée avec l’appui de Speak-Up Africa dans le cadre du programme ‘’Lines for Impact’’

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