(Les Echos du Niger 3 janvier) Ce 1er janvier 2024, la chambre de commerce et d’industrie du Niger (CCIN) a publié un communiqué dans lequel il a exhorté les opérateurs économiques à s’abstenir d’utiliser le port de Cotonou pour leurs opérations commerciales.
Pour la CCIN, aussi longtemps que les sanctions injustes, illégales et iniques de la Cédéao demeurent en place, les acteurs de la vie économique du Niger ne doivent pas utiliser le port autonome de Cotonou. Cette sortie de la CCIN intervient dans un contexte où les relations entre le Niger et le Bénin restent tendues. Le pays dirigé par Patrice Talon avait sévèrement critiqué la prise du pouvoir par les militaires regroupés au sein du CNSP et s’était prononcé en faveur d’une intervention militaire dans le but de rétablir l’ordre constitutionnel. Le Bénin avait été critiqué à maintes reprises par le gouvernement de la transition malienne qui estimait que le pays servait de base arrière aux forces françaises prêtes à déstabiliser le pays.
Après avoir fermé son port aux marchandises destinées au Niger pendant plusieurs mois, le Bénin avait alors annoncé le 27 décembre son intention de revenir sur sa décision. C’est à travers une note officielle que le directeur du port autonome du Bénin avait annoncé la levée de la suspension des importations de marchandises transitant vers le Niger par le port de Cotonou.
Toutefois la main tendue du voisin du sud ne semble pas rassurer le CCIN qui recommande aux opérateurs économiques de continuer par « utiliser les ports et les corridors qui ont permis de desservir le pays depuis les événements du 26 juillet ».
Rappelons toutefois que le Niger et le Bénin demeurent d’importants partenaires économiques. Un oléoduc géant reliant le sud-est du Niger à la côte béninoise a été mis en service début novembre pour permettre à partir de ce mois de janvier 2024 la commercialisation du brut nigérien sur le marché international.
Mawulolo Ahlijah

