Si l’exercice du journalisme requiert en premier lieu le respect scrupuleux des « règles d’éthique et de déontologie », la pratique exige également un minimum de dignité.
Du haut de ma vingtaine d’années dans l’exercice de ce métier que j’ai entamé en 2004, je suis à l’aise pour intervenir dans des échanges publics concernant le mal qui gangrène notre le journalisme. Ici, c’est le regain de critiques gratuites de ces dernières heures observées sur les réseaux sociaux mettant en cause des confrères, qui me fait écrire ces quelques lignes.
Mon but n’est pas de répondre aux critiques ou de jeter le discrédit sur tel ou tel journaliste, mais de clarifier les choses, pour qu’à l’avenir, les uns et les autres sachent faire la part des choses en voulant critiquer les comportements indignes de certains confrères et qu’ils puissent comprendre que tout n’est pas du journalisme, ni même de l’information.
En effet, la pratique de ce métier, telle qu’elle est tolérée chez peut permettre de distinguer aisément deux catégories de professionnels. Il faut juste ouvrir les yeux, analyser les appréhensions qui tonnent çà et là et ne pas suivre son cœur, pour comprendre qui fait du journalisme et qui fait autre chose.
En fait au Niger, il y a des professionnels vertueux, identifiables par leurs précautions à ne pas tomber dans la compromission, et le camp des ‘’médiocres » et « idiots du métier ». Et tous cohabitent sous le même manteau.
Cette confusion trouve dans les conditions d’exercice de ce métier qui sont tellement souples et même élastiques au point où n’importe qui peut s’improviser journaliste, écrire ou dire tout ce qui passe par la tête.
En plus de cela, il y a les comportements indignes de certains praticiens du métier qui s’en moquent éperdument des bonnes pratiques quand ils sont à l’affût d’un intérêt quelconque. Malheureusement cette façon de faire est pour quelque chose dans l’altération des principes sacro-saints qui régissent la profession.
L’environnement médiatique nigérien est finalement réduit en une sorte de cercle vicieux où les médiocres émergent très facilement, sans qu’ils aient fait montre d’une expertise avérée dans leur domaine.
Quand ils veulent se placer au-dessus des plus méritants, ils suivent l’air du temps, s’adaptent au nouveau contexte, et font la cour aux décideurs du moment.
Maintenant que tout est clair, les personnes aux critiques faciles doivent comprendre que derrière chaque haut fait et impair commis par cette catégorie de journalistes, il y a des gros intérêts qui s’y cachent.
L’amalgame doit cesser, il faut savoir distinguer à l’avenir le vrai du faux et à cesser de mettre tout le monde dans le même panier.
Bonne fête de la République…
Lamine Souleymane, Journaliste/Consultant Média
