Diplomatie: le président Togolais Faure, nouveau facilitateur de la CEDEAO au Niger?

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(Les Echos du Niger 10 déc.) La 64e session ordinaire tant attendu de la Conférence des Chefs d’Etats et de Gouvernement de Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a  débuté ce dimanche 10 décembre à Abuja au Nigeria. Plusieurs dossiers à l’ordre du jours de cette session dont le Niger  à travers l’épineuse question des sanctions politiques et économiques jugées inhumaines injustement appliquées au peuple nigérien par une Conférence des Chefs d’Etats incapable d’assurer l’application des principes démocratiques contenus dans son protocole pour la démocratie et la bonne gouvernance.

Alors que cette session est en cours nous apprenons la très probable désignation du président Togolais Faure Gnassingbé par ses paires comme facilitateur dans le dossier nigérien bien que ce dernier soit absent de cette session. Le chef de l’Etat Togolais à Robert Dussey son ministre des affaires étrangères  un plan de sortie de crise à l’approbation de la Conférence des Chefs d’Etats alors même que cette session accueil un Représentant du président Mohamed Bazoum officiellement invité en la personne de Hassoumi Massaoudou Ministre des Affaires Etrangère du gouvernement déchu. Le premier Ministre du même Gouvernement Ouhoumoudou Mahamadou prend part également à cette session. La question que se poserai tout observateur averti c’est : ces invités prendront-ils part au huis clos des Chefs d’Etats qui devra trancher sur le dossier nigérien ? Y-auront-ils un droit de véto ?

En attendant d’avoir des réponses à ces question, sans surprise le CNSP lui n’est nullement représenté à cette session. La Conférence des Chefs d’Etats ne lui reconnaît aucune légitimité tout comme la Cour de justice de la Communauté qui a d’ailleurs sans ambages indiqué dans son verdict rendu le jeudi 7 décembre suite à la requête de l’Etat du Niger et 7 autres.

Du reste, le peuple nigérien lui suit avec une grande attention cette session et espère que les sanctions du 30 juillet soient levées ce dimanche 10 décembre. En lieu et place, un mémorandum de la commission de la CEDEAO suggère le maintien de celles-ci et le conditionnement de leur levée par une transition de courte durée. Toutefois, ce dernier jouit de la Confiance des autorités de la transition CNSP dont le président le général Abourahamane Tiani a été d’ailleurs reçu à Lomé le vendredi 8 décembre.

Par ailleurs, il y a tout juste un mois, le Niger avait officiellement sollicité la médiation du Togo, dans son dialogue avec la communauté internationale et dans le cadre du départ des forces françaises. Auparavant, le Togo avait accepté de laisser passer les convois humanitaires en direction du Niger à la suite d’un appel lancé par l’Onu.  Bien que ne faisant pas partie de l’Alliance des États du Sahel, le Togo au nom d’une politique étrangère qu’il désigne comme étant neutre et axée sur la recherche de la paix a montré à maintes reprises beaucoup de sympathie envers les gouvernements militaires du Niger, du Mali et du Burkina-Faso.

Mais certains experts s’inquiètent des implications de cette relation qu’entretiennent les juntes sahéliennes avec le Togo. Et pour cause, ce pays dirigé depuis plus de 50 ans par la même famille est tout sauf une démocratie. Les violentes répressions de 2017 ont fait taire toute contestation et les prisons du pays regorgent de détenus politiques. L’histoire est d’ailleurs là, pour rappeler que  Faure Gnassingbé a hérité du pouvoir à la mort de son père qui avait lui-même pris le pouvoir en 1967 en prétextant que la classe politique était incapable et avait promis des élections générales sous 6 mois. Ces élections n’auront jamais lieu et Gnassingbé Eyadéma mourra au pouvoir après y avoir passé 38 ans. On peut alors se demander quelle leçon de transition le régime togolais peut donner aux États du Sahel ?

En attendant une réponse à cette question pertinente, les activistes politiques de Lomé estiment avoir été moralement trahis par les juntes sahéliennes qui pourtant jouent la carte du panafricanisme. Comme on le dit si bien en Afrique, vivra, verra !

Mawulolo Ahlijah

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