(Les Échos du Niger 4 déc.) Réunis à Bamako en fin de semaine dernière, les patrons de la diplomatie du Niger, du Burkina-Faso et du Mali ont abordé les modalités pratiques de la coopération entre les différents pays dans le cadre de l’Alliance des États du Sahel. L’accent a été mis au cours de la rencontre sur la nécessité de renforcer les liens de coopérations économiques et militaires entre les différents pays.
La question du renforcement des liens dans le domaine de la politique et des relations extérieures a été aussi abordée. Dans le domaine de la diplomatie par exemple, Bamako, Ouagadougou et Niamey ont choisi d’harmoniser leurs points de vue sur la scène africaine et internationale. En ce qui concerne l’aspect politique, la rencontre des ministres des Affaires étrangères de l’Alliance des États du Sahel a mis aussi l’accent sur l’importance d’encourager le renforcement des relations entre les élus, les associations féminines et la société civile des trois pays.
Mais au-delà de la simple coopération ces trois pays souhaitent embrasser une vision d’intégration dans l’esprit du panafricanisme. Les ministres des affaires étrangères ont proposé la mise en place d’une confédération à court terme qui pourra aboutir à une fédération. Si cette vision est séduisante, elle suscite une profonde interrogation chez de nombreux observateurs de la vie politique sahélienne. Ceux-ci se demandent si un régime de transition sera capable de mener à bien cette transformation de la carte géopolitique du continent. Que se passera-t-il si les civiles qui arrivent au pouvoir au cours des élections qui doivent avoir lieu au cours des prochaines années (2024 – 2025), ne manifestent pas le même intérêt pour ce projet ?
En attendant de trouver une réponse à ces différentes questions, les Échos du Niger souhaitent une bonne chance pour la réalisation de ce projet qui viendra mettre fin, en partie, à la triste balkanisation du continent et dont les premiers bénéficiaires seront à coup sûr les populations.
Youssouf Sériba
