Agro : zoom sur le projet de redynamisation des cultures négligées mis en œuvre par la FCM-NIYA à Matankari

Agro Environnement Monde rural Reportage

(Les Échos du Niger 1er Déc.) Crée en 1993, la Fédération des Coopératives Maraichères (FCM-Niya), est l’une des plus grandes organisations qui œuvre au développement du monde rural. Depuis 30 ans elle apporte divers appuis, particulièrement au secteur agricole qui occupe plus de 80% de la population selon le ministère de l’élevage. Avec le financement de SWISSAID, depuis 2020 elle met en œuvre dans la commune rurale de Matankari (département de Dogondoutchi), le programme CROPS. D’une grande valeur pour la politique nationale d’autosuffisance alimentaire, ce programme vise à réhabiliter la culture de variétés négligées appelés NUS. Reportage

Comment réhabiliter les 12 cultures négligées et sous exploitées au Niger que sont : le Fonio, Voandzou, l’Amarante, le Moringa, l’oignon blanc, l’oseille, l’aubergine africaine, le jujubier, le sésame, l’amarante, et le gombo? C’est à cette question que la FCM-Niya apporte remarquablement des réponses qui inspirent à travers le pays. Tout commence en janvier 2020 dans la commune de Matankari située dans le département de Doutchi avec le programme CROPS financé par la Coopération Suisse SUISSAID. Depuis cette date, 22 villages de la localité expérimentent la production des NUS de façon purement écologique. Selon Amadou Ousmane président de la FCM-Niya, à terme ce projet devrait permettre « de réintroduire toutes les NUS et faire en sorte que les semences soient disponibles à travers le pays et qu’elles ne soient plus négligées par la recherche » a-t-il indiqué.

Et en vue d’un meilleur succès, la réhabilitation de ces cultures dans le cadre du projet CROPS se fait de manière écologique rassure de son côté  Moudi Kabirou chargé du programme CORPS à la FCM-Niya. « Ce que nous sommes en train de faire sur le terrain, c’est de mettre à la disposition des producteurs des semences paysannes de qualité. Pour un début nous travaillons sur 4 NUS que sont : le Fonio, Voandzou, l’Amarante, le Moringa dans le cadre du demoplot. Il s’agit de comparer la pratique paysanne faite par producteur auparavant et la pratique agro écologique et évaluer les performances de chaque pratique » souligne M. Moudi.

Moudi Kabirou chargé du programme CORPS

Le résultat est sans appel. Pour le Voandzou par exemple, auparavant, les quelques rares paysans qui le produisent comptent à peine une vingtaine de gousse par pied. Aujourd’hui avec l’approche écologique mise en avant par le projet CROPS ces producteurs remarquent un changement exponentiel. Dans le village de Kolmey situé dans le département de Matankari, la récolte a donné plus de 80 gousses par pied pour cette saison, dans certains villages on en est à plus de 100 gousses par pieds à la grande satisfaction des producteurs qui sont les bénéficiaires directs du projet.

« Dieu merci avec ce projet nous enregistrons une amélioration conséquente de notre production d’arachide.  Avant le projet la culture de l’arachide est très marginale dans notre localité elle est reléguée aux femmes. Mais avec l’accompagnement de la FCM-Niya  les hommes se sont impliqués dans la production de cette denrée et le résultat est impressionnant. C’est pourqoi désormais la culture de l’arachide n’est plus une affaire de femme dans notre village » déclare avec satisfaction M. Zoubeirou Doudou un cultivateur du village de Korongome.

Les femmes ne sont pas en reste dans ce programme de réhabilitation des NUS. Avec l’appui du projet CROPS, elles sont de plus en plus nombreuses à participer à la redynamisation des cultures négligées. C’est le cas de Mme Aissa Ousseini. « Je produis du Fonio et de l’arachide qui sont des cultures sous exploitées et méconnues par certains jeunes. Quand on prend l’exemple du Fonio avant les enfants arrachait les feuilles pensant que c’est de l’herbe mais aujourd’hui nous remercions Dieu grâce à la FCM- Niya nous sommes édifiés et accompagnés afin de renforcer la production de ces cultures dans notre localité » fait savoir la productrice agricole. Même son de cloche chez M. Oumarou Dantani, un autre producteur de la localité, il cultive de l’hibiscus « c’est garce à la FCM-Niya que nous avons appris les astuces qui permette de valoriser une terre et d’y obtenir des grands rendements comme sur ce terrain qui fait à peine 600M2 où le projet m’a permis d’enrichir avec de l’engrais bio et vous voyez le résultat de vous-même » se satisfait M. Dantani.

Une plante d’amarante (bissap)

M. Chaibou Maiguizo facilitateur du projet n’a pas manqué de saluer l’engagement de la FCM Niya auprès des producteurs, un engagement qui est en train de transformer leurs vies. « Beaucoup de nos porteurs parviennent grâce au projet CROPS à faire des économies issues de la vente de leurs productions qui leurs permet désormais de subvenir aux besoins de leurs familles » souligne le facilitateur du projet.

Présente sur terrain au moment de la réalisation de ce reportage la Direction départementale de l’agriculture représentée par Mme Salamatou Mahamadou a exprimé sa satisfaction vis-à-vis du projet ainsi que la FCM-Niyya et son partenaire SWISSAID. « Le Voandzou et le Fonio font partie des cultures sous utilisées dans la commune rurale de Matankari mais aujourd’hui grâce à l’intervention de la FCM-Niya  nous sommes très satisfaits de constater ce regain d’intérêts des producteurs pour ces semences ».

Mme Salamatou Mahamadou Direction départementale de l’agriculture

A tout seigneur tout honneur, « Nous remercions la coopération Suisse SUISSAID pour son appui dans la mise en œuvre de ce projet » souligne pour sa part M. Hamaza Alassane trésorier de la FCM-Niya.

« Nous demandons aux populations de façon générale au-delà de nos sites d’interventions d’opter pour la réhabilitation et la pratique agro écologique qui est un gage d’assurance en matière de sécurité alimentaire » indique le chargé du programme CROPS.

Youssouf Sériba

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *