Pétrole : Niamey arrache des concessions à Pékin avec la renégociation des contrats

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Après plusieurs mois de tensions et de négociations, Niamey et Pékin se sont accordées sur de nouvelles clauses contractuelles dans le cadre de leur coopération sur les hydrocarbures qui fait de la Chine, le principal partenaire stratégique du Niger dans l’exploitation du pétrole. De nouveaux accords pétroliers ont été paraphés, lundi 18 mai à Niamey, entre la République du Niger et China Oil and Gas Exploration and Development Corporation (COGEDC), sous l’égide du Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine. Des accords qui portent sur la révision de certaines clauses contractuelles  du partenariat pétrolier et qui, selon les autorités nigériennes, consacrent des avancées substantielles pour le pays dans le domaine pétrolier.

Le Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine a présidé, lundi après-midi à Niamey, la cérémonie de signature du protocole de partenariat pétrolier entre la République du Niger et China Oil and Gas Exploration and Development Corporation. Un protocole qui consacre « des avancées substantielles pour notre pays dans le domaine pétrolier », selon le gouvernement nigérien.

Le Niger et la Chine ont donc franchi une nouvelle étape dans le renforcement de leur coopération énergétique à travers la signature de plusieurs protocoles d’accord stratégiques dans le secteur pétrolier. La cérémonie officielle, présidée ce lundi 18 mai 2026 à Niamey par le Premier Ministre, Ali Mahamane Lamine Zeine, marque la relance et l’intensification du partenariat entre les deux pays dans le domaine des hydrocarbures.

Dans son allocution, le Premier Ministre a qualifié cette signature de moment majeur dans le raffermissement des relations stratégiques entre le Niger et la Chine. Il a rappelé que les négociations ont été menées par un comité institutionnel mis en place par le Président de la République, chef de l’État, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani.

Selon le Premier Ministre, ce comité, présidé par le ministre des Affaires étrangères, Bakary Yaou Sangaré, a conduit de longues concertations afin d’aboutir à des accords jugés favorables aux intérêts stratégiques du Niger.

Prenant la parole à son tour, le chef de la diplomatie Nigérienne a indiqué que le processus de négociation a débuté le 11 juin 2025 en Chine, à la faveur d’échanges avec les autorités chinoises. Après près d’une année de discussions et de compromis, les deux parties sont parvenues à des acquis qualifiés de significatifs, notamment en matière de contenu local, de participation de l’État nigérien dans les sociétés pétrolières et d’optimisation des revenus issus du pétrole.

Des avancées substantielles pour le Niger

Parmi les principales avancées annoncées figure la réduction du tarif de transport du pipeline d’exportation, passé de 27 à 15 dollars par baril. Une mesure qui permettra au Niger de réaliser plus de 106 millions de dollars d’économies sur douze mois.

Le Ministre Sangaré a également annoncé un accord de principe portant sur une participation de 45 % de l’État nigérien dans la société WAPCO, alors qu’aucune participation effective n’était jusque-là détenue par le Niger.

Les nouveaux accords prévoient également le rapatriement au Niger des revenus générés par les exportations de pétrole brut, une disposition destinée à renforcer l’économie nationale ainsi que les institutions financières du pays.

Sur le plan de l’emploi et du contenu local, les parties ont convenu d’une augmentation substantielle du taux de nigérisation au sein des sociétés pétrolières et de leurs sous-traitants. Ainsi, 452 nouveaux emplois devraient être créés au profit des Nigériens d’ici 2030.

Au sein de CNPC, les Nigériens occuperont 60 % des postes de management et 90 % de l’effectif global. À la WAPCO, les nationaux représenteront 60 % des postes de direction et 80 % des postes d’exécution. Quant à la SORAZ, l’objectif fixé est d’atteindre 85 % d’opérationnalisation de la raffinerie par du personnel Nigérien.

Les accords portent également sur l’harmonisation des salaires entre employés expatriés et nigériens, la restructuration des dettes croisées entre sociétés pétrolières, ainsi que la relance des projets pétroliers de Dinga Deep et d’Abolo-Yogou, pour un investissement global estimé à un milliard de dollars.

Selon les projections officielles, ces investissements devraient permettre de porter la production pétrolière nationale de 110 000 à 145 000 barils par jour à l’horizon 2029.

Par ailleurs, une étude de faisabilité sur le potentiel gazier du Niger, estimé à 23 milliards de mètres cubes, sera lancée dans un délai de six mois afin d’explorer les perspectives de production d’électricité, d’engrais et de gaz domestique.

Des accords structurants pour l’avenir du secteur énergétique

Les autorités Nigériennes ont salué des accords jugés structurants pour l’avenir du secteur énergétique national, tout en insistant sur la nécessité d’un mécanisme de suivi rigoureux afin de garantir la mise en œuvre effective des engagements conclus.

De son côté, Zhang Yu a souligné que la coopération pétrolière entre la Chine et le Niger constitue un pilier essentiel du partenariat stratégique entre les deux pays. Il a affirmé que cette collaboration contribue depuis plusieurs années au développement d’une chaîne industrielle pétrolière complète au Niger, favorisant l’autonomie énergétique, la croissance économique, la création d’emplois et le renforcement des relations bilatérales.

Le responsable chinois a enfin réaffirmé la volonté de son groupe de renforcer la coopération dans les domaines de l’exploitation pétrolière, de la transition énergétique, du développement des capacités industrielles, de l’emploi local et de la formation des compétences nigériennes, tout en promettant un mécanisme de dialogue durable destiné à améliorer la qualité et la performance des projets pétroliers au Niger.

Grâce à la détermination des autorités nigériennes pour la révision de certaines clauses du partenariat dans l’exploitation et la gestion du pétrole, la Chine, principal partenaire stratégique, du Niger dans le domaine, a dû faire des concessions. Les compromis auxquels les deux parties sont finalement parvenues ont permis d’obtenir des acquis qualifiés de significatifs par Niamey, notamment en matière de contenu local, de participation de l’État nigérien dans les sociétés pétrolières et d’optimisation des revenus issus du pétrole.

Ikali Dan Hadiza