Burkina : le gouvernement dénonce le rapport de Human Rights Watch sur les droits humains dans le pays

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Dans un communiqué le weekend dernier, le gouvernement burkinabé a condamné « un faux rapport » de l’ONG international Human Rights Watch (HRW), publié le 02 avril dernier, sur la situation des droits humains dans le pays. Le rapport qui se base sur la période 2023-2025 accuse l’armée du Burkina Faso et un groupe armé lié à Al-Qaïda d’avoir tué plus de 1 800 civils et déplacé de force des dizaines de milliers de personnes. Et d’ajouter, que les autorités militaires  commettent elles-mêmes « des abus atroces »,  et ne prenne aucune mesure pour traduire en justice les responsables de tous les camps, en plus de limiter la diffusion d’informations afin de « dissimuler les souffrances des civils pris dans les violences ». Pour le gouvernement burkinabé, ce rapport n’est qu’un « tissu de conjectures et d’allégations graves infondées » dont Human Rights Watch est coutumière.

Comme il fallait s’y attendre, la réaction du gouvernement burkinabé n’a pas tardé et elle a été à la hauteur des graves accusations de « crimes de guerre », portées par HRW sans distinction contre les autorités militaires et les groupes armées terroristes (GAT). Des accusations compilées dans le rapport de l’ONG internationale de défense des droits humains dans le rapport qu’elle a rendu public, le 02 avril 2026, et dans lequel, elle appelle, les organismes régionaux et les gouvernements partenaires à « coopérer avec les autorités du Burkina Faso et les inciter à s’attaquer aux graves violations commises par toutes les parties et à déterminer véritablement les responsabilités ».

Des accusations rejetées en bloc par le gouvernement

Dans sa réponse musclée diffusée dimanche dernier et signée par le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Gilbert Ouédraogo, le gouvernement  burkinabé dit avoir pris connaissance, par voie de presse, d’un « faux rapport » publié le 02 avril 2026 par l’ONG Human Rights Watch sur la situation des Droits humains au Burkina Faso. « Le Gouvernement n’est nullement surpris par les agissements de cette soi-disant ONG totalement déconnectée des réalités du terrain qui n’a ni bureau, ni représentation au Burkina Faso. Elle se contente régulièrement de relayer des allégations d’individus choisis, recevant d’elle des subsides, pour lui offrir en contrepartie de quoi alimenter ses récits imaginaires et fantasmés », lit-on dans le communiqué qui a vite fait le tour des réseaux sociaux tout comme le rapport de HRW dans la presse occidentale.

Selon le gouvernement burkinabé, « ce torchon qui est le condensé de la haine viscérale que la coalition des forces des ténèbres voue à la lutte de notre Peuple pour sa liberté et sa souveraineté, trouve un écho favorable dans les médias mensonges qui en assurent le service après-vente à coup de surenchères verbales et d’argumentaires d’une malhonnêteté intellectuelle évidente ».

Dans la même lancée, les autorités burkinabés ont mis à nu les insuffisances méthodologiques, les approximations et les raccourcis empruntés qui, selon elles, n’ont qu’un but : « diaboliser les patriotes burkinabè et nos vaillantes forces combattantes, les faire passer aux yeux de l’opinion internationale pour des prédateurs des Droits humains en vue d’assouvir les desseins funestes que nourrit l’impérialisme contre notre pays ».

« Le Gouvernement reste serein face à ces gesticulations, témoins du désarroi des forces néocoloniales et impérialistes, sponsors du terrorisme dans notre pays et dans le Sahel, qui entendent à travers Human Rights Watch imputer la responsabilité des massacres, viols, pillages, tueries et crimes odieux à nos valeureuses et loyales Forces de défense et de sécurité ainsi qu’à nos braves Volontaires pour la défense de la Patrie (VDP) alors même qu’elles en sont les vraies commanditaires voire les exécutants à travers les mercenaires envoyés en appui aux terroristes. Cette manœuvre s’inscrit dans une logique d’instrumentalisation de la cause des Droits humains à des fins politiques visant à fragiliser les efforts du digne peuple burkinabè dans la lutte contre le terrorisme », lit-on dans le communiqué signé par le ministre de la Communication Gilbert Ouédraogo, porte-parole du gouvernement

Des accusations en séries au sein de l’AES

Dans son communiqué, le Gouvernement n’a pas manqué de souligner, « avec force » que « les intrépides combattants burkinabè se sont toujours battus avec professionnalisme et que leur engagement est d’abord fondé sur la préservation de la vie, la protection des Droits humains et la défense des populations vulnérables ».

L’occasion pour les autorités burkinabé de rappeler que la lutte contre le terrorisme constitue une priorité nationale absolue et qu’elle est conduite dans le strict respect des lois nationales ainsi que des engagements internationaux du Burkina Faso en matière de Droits humains. « Le Gouvernement reste engagé et déterminé à mener un combat sans merci contre la nébuleuse terroriste quelque soit la forme qu’elle prend et les moyens qu’elle déploie ; qu’elle utilise la violence armée ou des crimes de papier comme ce faux rapport de Human Rights Watch », assure le Burkina et, en tout état de cause, est-il annoncé, le gouvernement se réserve le droit de prendre les mesures fermes qui siéent contre « toutes les officines impérialistes déguisées en ONG qui nourrissent le dessein funeste de briser la dynamique souverainiste du Burkina Faso ».

Enfin, le gouvernement a tenu à réaffirmer que « le Burkina Faso libre et souverain poursuivra sa marche pour bâtir un avenir de dignité et de liberté conformément aux aspirations légitimes de ses populations ».

Ce n’est pas la première fois que des médias occidentaux ou des organisations internationales de protection des droits de l’homme accusent les autorités burkinabé d’exactions contre les civils tout comme au Niger et au Mali, les autres pays alliés de la Confédération AES. Des accusations qui sont sans cesse rejetées par les autorités de ces pays qui ne manquent pas de pointer du doit leur impartialité.

Ikali Dan Hadiza