Banque mondiale : une enveloppe de près de 140 milliards CFA pour le Niger en appui au secteur financier et aux entreprises

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La Banque mondiale a approuvé, le 12 mars 2026,  un don de 250 millions de dollars (soit 138 milliards de CFA) de l’Association internationale de développement (IDA) pour aider le Niger à renforcer son secteur financier et à élargir l’accès des micros, petites et moyennes entreprises (MPME) aux financements. Concrètement, l’opération vise à rétablir les liquidités du système bancaire, à encourager la reprise des prêts aux entreprises viables et à soutenir la création d’emplois et la génération de revenus dans tout le pays. Depuis les évènements de juillet 2023 et les sanctions économiques et financiers imposées au Niger, les banques font face à une pénurie de liquidités et les entreprises confrontés à des difficultés d’accès aux financements.

Selon le communiqué publié suite à cette nouvelle approbation de fonds en faveur du Niger, le Projet d’appui au secteur financier et d’accès au financement des MPME au Niger aidera le Gouvernement nigérien à résoudre les problèmes de liquidité auxquels sont confrontés les institutions financières et les MPME. Il déploiera un ensemble d’instruments complémentaires destinés à améliorer la liquidité et à renforcer l’intermédiation financière, tout en élargissant l’accès des MPME aux financements.

Le projet devrait bénéficier à 7 500 MPME, notamment grâce à un soutien ciblé aux entreprises dirigées par des femmes et à des investissements résilients face au changement climatique, et contribuer à créer et à maintenir environ 58 000 emplois.

D’après le document, le secteur privé et les MPME du Niger sont confrontés à des difficultés croissantes en raison de la conjoncture macroéconomique et des récentes perturbations financières. « Le secteur financier est confronté à des pénuries de liquidités dans plusieurs banques et institutions de microfinance, à des faiblesses dans les banques du secteur public et à un accès limité au crédit pour les MPME », est-il indiqué. Ces contraintes ont réduit la capacité des prêteurs à répondre aux besoins des clients et réduit le financement du secteur privé, en particulier pour les MPME qui dépendent des fonds de roulement et du financement des investissements pour fonctionner, maintenir les emplois et se développer.

« Ce projet vise à restaurer la confiance et à ouvrir des opportunités aux entrepreneurs nigériens. En conjuguant apport de liquidités, outils de partage des risques et assistance technique pratique, l’opération aidera les MPME viables à accéder à des financements pour investir, protéger les emplois et se développer, tout en renforçant la capacité des institutions financières à prêter de manière durable, notamment aux entreprises dirigées par des femmes. », explique Johan A. Mistiaen, responsable des opérations du Groupe de la Banque mondiale pour le Niger

Le projet contribuera également à accroître les prêts aux MPME grâce à une combinaison de mécanismes d’apport de liquidités et de partage des risques, ainsi qu’à un soutien ciblé pour renforcer les capacités des institutions financières participantes et améliorer l’accès des MPME aux services financiers et non financiers. Il comprend également une composante d’intervention d’urgence conditionnelle (CERC) qui offre la souplesse nécessaire pour une réponse rapide en cas de crise, ainsi qu’un appui à la mise en œuvre, un suivi et une évaluation pour assurer une exécution efficace.

« Cette opération soutient les efforts déployés par le Niger pour stabiliser et moderniser son secteur financier, stimuler l’activité du secteur privé et créer de meilleures conditions pour l’entrepreneuriat, l’investissement et l’emploi », a indiqué la Banque Mondiale, qui multiple les interventions en faveur du Niger.

Ikali Dan Hadiza