Au cours d’un nouvel entretien accordé à la télévision nationale (RTN), diffusé dans la soirée du vendredi 13 février, le Président de la République, le Général d’armée Abourahamane Tiani, a réitéré ses accusations l’attaque perpétrée, dans la nuit du 28 au 29 janvier dernier, contre la base aérienne 101 de l’armée de l’air, près de l’aéroport international Diori Hamani de Niamey. Selon le Chef de l’Etat, l’attaque a bénéficié de la collaboration des dirigeants des pays qu’il avait déjà cités, quelques heures après l’assaut, lors de sa visite sur les lieux. Il s’agit d’Emmanuel Macron de la France, Patrice Talon du Bénin et Alassane Ouattara de la Côte d’ivoire. Le Général a également profité de l’occasion pour donner d’autres précisions sur l’opération menée conjointement, selon ses propos, par le JNIM (GSM), Boko Haram et l’EIGS (EIS) qui a revendiqué l’attaque.
Dans l’entretien, le Chef de l’Etat a annoncé que ce sont une quarantaine de motos dont 10 du JINIM, 10 motos et un véhicule de l’EIGS, et 20 motos de la nébuleuse Boko Haram qui ont participé à l’opération. « Ce sont ces groupes qui ont été recensés par les sponsors pour mener l’opération » a soutenu le Tiani, qui a précisé que l’attaque a été financée à hauteur de 300 millions de CFA dont les 200 devaient servir à financer les préparatifs et les 100 autres millions devaient permettre de payer la revendication de l’attaque.
Le président français Macron accusé de persister à déstabiliser le régime
Le Chef de l’Etat s’est montré particulièrement critique envers le président français Emmanuel Macron qui en a encore pris pour son grade dans l’interview qui a été réalisé, comme c’est désormais devenu une tradition, par le conseiller en communication et journaliste à la télévision publique Abdoulaye Tiémogo.
« L’attaque de l’Aéroport est inscrite dans un agenda de déstabilisation maladive. Macron a pris un engagement avant son départ qu’il fera tout pour renverser le régime nigérien qui a osé choisir la voie de l’indépendance, la voie de la souveraineté, la voie de la bonne gouvernance et la voie de l’autosuffisance à travers un développement de bases de production pour une souveraineté économique, la voie courageuse de réformes sociales que nous avions initiée. Il fallait pas que nous réussissons, et c’est le combat auquel Emmanuel Macron et ses sbires nous livrent, malheureusement avec l’accompagnement de certains chefs d’État de notre sous-région et d’ailleurs », a déclaré le Chef de l’Etat dans son entretien diffusé dans la soirée de ce vendredi 13 février sur les médias publics.
« Nous sommes en état de guerre, une guerre néocoloniale. », a martélé le Président Tiani pour qui, « la France est derrière ce terrorisme qui endeuille les familles nigériennes. Nous le savons, qu’ils sachent que nous le savons. ». Et d’ajouter que l’ancienne puissance coloniale a gardé la permanence des contacts avec les mouvements terroristes » qui opèrent au Niger et dans l’espace AES. « Ils sont partis créer le mouvement Lakurawa… Ils les ont dotés de mines antipersonnel alors que la France est signataire de cette interdiction. », a dit le chef de l’Etat.
Ikali Dan Hadiza

