Une fin tragique pour un autre membre de l’ancien guide libyen ! Saïf al-Islam Kadhafi, second fils de l’ex dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, a été abattu, mardi 03 février, à son domicile de Zintan par un commando armé, ont confirmé ses avocats et ses proches. L’homme de 53 ans, longtemps perçu comme l’héritier politique du régime déchu, était recherché par la CPI pour crimes contre l’humanité. Il avait dernièrement fait part de son intention de briguer la magistrature suprême de son pays, divisé et livré aux milices depuis la « révolution »et la chute de son père, au pouvoir de 1969 à 2011.
Selon son avocat français Marcel Ceccaldi, Saïf al-Islam a été tué « vers 14 heures locales, dans sa maison, par un commando de quatre personnes ». Ces hommes armés auraient neutralisé les caméras de surveillance avant de pénétrer dans la résidence et de l’exécuter. Aucune revendication n’a été formulée à ce stade, mais plusieurs proches évoquent des « failles de sécurité » signalées depuis une dizaine de jours.
Le conseiller de l’ancien candidat, Abdullah Othman Abdurrahim, a confirmé l’information à la chaîne Libya al-Ahrar, précisant que l’attaque s’était déroulée dans la région de Zintan, où Saïf al-Islam avait longtemps été détenu après la chute de son père.
Une figure controversée malgré une certaine influence héritée de son père
Formé en Occident, Saïf al-Islam avait tenté dans les années 2000 de se forger une image de réformateur, apparaissant comme le visage modéré du régime.
Pendant le mandat de son père, il a joué un rôle politique de premier plan dans le pays et mené des négociations de haut niveau malgré son absence de rôle officiel au sein du gouvernement, notamment celles qui ont conduit son père à abandonner son programme d’armement nucléaire. Ces accords ont permis la levée des sanctions internationales contre la Libye, et certains considéraient le fils de Kadhafi comme un réformateur et le visage acceptable d’une Libye en mutation.
Mais cette réputation a été détruite dès les premières heures de la rébellion en 2011, lorsqu’il menaça les insurgés de « bains de sang ».
Recherché par la Cour pénale internationale pour crimes contre l’humanité, il avait été capturé cette même année dans le sud de la Libye. Il fut ensuite jugé et condamné à mort en 2015 dans un procès dénoncé par plusieurs ONG comme expéditif. Une amnistie lui avait toutefois permis de recouvrer une semi-liberté, dans l’ombre, entre déplacements discrets et manœuvres politiques.
Cependant, en 2021, il a annoncé qu’il se présenterait à l’élection présidentielle, qui a ensuite été reportée sine die.
Depuis le renversement de Kadhafi, la Libye est divisée en zones contrôlées par diverses milices et est actuellement divisée entre deux gouvernements rivaux, l’un basé à Tripoli (ouest) et l’autre à Benghazi (Est).
Ikali Dan Hadiza (Les Echos du Niger)

