Par arrêté 005/AD/VN/SG du 14 janvier 2026 de l’Administrateur délégué de la Ville de Niamey, le colonel Boubacar Soumana Garanké, le transport des personnes par tricycle est strictement interdit sur tout le territoire de la capitale. Les contrevenants s’exposent à une amende forfaitaire non-remboursable de 50.000 FCFA et en cas de récidive, l’amende passe à 100.000 FCFA et à la confiscation de l’engin à 3 roues sans préjudice des poursuites judiciaires.
C’est une décision attendue depuis assez longtemps par les populations de la capitale. Malgré le rôle qu’ils jouent dans la mobilité des usagers, notamment dans les zones périphériques, ces engins à 3 roues sont devenues au fil du temps un véritable casse-tête routier, engendrant de nombreux accidents sur les principales artères de la ville.
Il faut dire que dans un premier temps, ces tricycles servaient à transporter des marchandises et autres produits que les taxis ne pouvaient pas chargés. Une activité rentable qui a procuré de l’emploi certes informels à de nombreux jeunes citadins au chômage.
Cependant, depuis qu’ils se sont mis à transporter les personnes, la situation s’est aggravée. En plus de la concurrence déloyale pour les taxis légaux, l’absence de toute réglementation ainsi que d’organisations socioprofessionnelles pour l’encadrement des propriétaires et conducteurs a rendu l’activité « sauvage ». les désagréments causés sur la route ont fini par exaspérer les populations et surtout les usagers de la route.
À travers cette décision, la municipalité veut donc mieux structurer les modes de déplacement et réduire les risques d’accidents liés à l’usage détourné des tricycles et protéger le secteur des taxis, seuls détenteurs légaux de la mission de transport de personnes en zone urbaine.
Et pour faire respecter la nouvelle réglementation, les autorités municipales ont fait recours à des sanctions auxquelles s’exposent les contrevenants. Il faut dire que cette décision n’est pas une première. En janvier 2023 déjà, les responsables municipaux de la ville de Niamey avaient émis plusieurs communiqués de rappel sur l’interdiction de transport de personnes par les conducteurs de tricycles. Ce qui n’a pas empêché l’activité de connaitre un véritable essor. Cette fois également, certains s’inquiètent des conséquences de cette nouvelle décision en l’absence de solutions alternatives pour les quartiers périphériques où certains taxis ne se rendent qu’à contrecœur en raison de leur éloignement, l’insécurité et surtout l’état des routes. Et s’il s’agit d’atténuer les désagréments pour les usagers routiers, les tricycles sont toujours autorisés à transporter des marchandises et autres produits autres que les personnes.
Ikali Dan Hadiza, les Echos du Niger

