L’ancien ministre Ibrahim Yacouba a retrouvé sa liberté, mardi 30 décembre, après avoir passé plus de trois (03) mois de détention à la prison civile de Ouallam. L’ancien chef de la diplomatie et trois (03) de ses co-accusés ont bénéficié d’un non-lieu dans l’affaire dite du « marabout-charlatan » et tueur en série, une affaire rocambolesque de « sacrifices humains » dans laquelle il a toujours clamé son innocence comme n’ont cessé de clamer ses avocats. Cette décision de justice vient donc conforter l’un des hommes politiques les plus en vue du pays, dont le nom a été trainé dans la beau dans cette sale affaire qui n’a pas fini de livrer tous ses secrets.
C’est un véritable ouf de soulagement pour Ibrahim Yacoubou et ses nombreux partisans qui ont toujours cru à l’annonce de l’ancien ministre à plusieurs reprises et président de l’ancien parti MPN Kishin Kassa, qui va pouvoir passer les fêtes d’années en famille, avec à la clé, la cérémonie du mariage de sa fille prévue dans quelques jours à Niamey.
Ayant bénéficié d’un non-lieu par ordonnance du juge d’instruction du Tribunal de Grande instance hors classe de Niamey (TGI/HC de Niamey), Ibrahim Yacouba est sorti de prison, mardi 30 décembre, et a regagné son domicile dans la soirée, accueilli par ses proches. Une issue heureuse pour l’ancien chef de la diplomatie qui vient de passer 107 jours en détention à la prison civile de Niamey, à une centaine de kilomètre à l’est de Niamey.
Ibrahim Yacouba avait été placé en détention, début septembre dernier, dans le cadre d’une rocambolesque affaire de « sacrifices humains », dans laquelle il avait toujours clamé son innocence.
Une rocambolesque affaire de « sacrifices humains rituels»
Tout avait commencé le 29 juillet 2025, lorsqu’une enquête de la police judiciaire (PJ) a été ouverte suite à une tentative d’assassinat dans un quartier périphérique de Niamey. Les investigations ont conduit à l’arrestation à Dosso, d’un certain Mahamadou Noura, un repris de justice qui se faisait passer pour un marabout-charlatan doté de pouvoirs mystiques. Lors de son interrogatoire, ce dernier a fait des révélations glaçantes : il aurait non seulement commis cette tentative, mais également six autres assassinats, tous à des fins de sacrifices humains. Selon ses déclarations, Ibrahim Yacoubou, ancien ministre, ainsi qu’Issa Ali Maiga, Ismaël Morou Karama, Elhadji Bilya et Issa Seybou Hama lui ont commandé ces actes. Après plusieurs heures d’interrogatoires à la PJ puis au parquet du Tribunal ainsi que les preuves « irréfutables de son innocence » présentées par sa défense, il a été inculpé puis placé en détention préventive.
L’affaire avait défrayé la chronique après la découverte de plusieurs corps d’individus assassinés et mutilés dans les environs de la capitale, sur les indications du marabout-charlatan. D’autant que Ibrahim Yacouba n’est pas n’importe qui puisqu’en plus d’avoir été ministre à plusieurs reprises, c’est l’un des hommes politiques les plus en vue et influents du pays. Au point où le Procureur Général près la Cour d’Appel de Niamey a dù sortir pour animé un point de presse, un dimanche 14 septembre, pour informer l’opinion des contours de l’interpellation de l’ancien Ministre Ibrahim Yacoubou, et ce qui l’implique dans cette affaire de sacrifice humain dans laquelle il aurait été cité comme commanditaire.
En effet, avait expliqué le procureur Maazou Oumarou, tout était parti d’une enquête de la police judiciaire, saisie le 29 juillet 2025 sur un cas de tentative d’assassinat dans un quartier périphérique de la capitale Niamey et qui a abouti à l’interpellation de l’auteur des faits à Dosso. C’est donc ce dernier, un certain Mahamadou Noura, qui a révélé à la police être l’auteur des faits et de six autres assassinats « à des fins de sacrifice pour le compte de Issa Ali Maiga et son patron Ibrahim Yacoubou, Ismael Morou Karama, Elhadji Bilya et Issa Seybou Hama ».
Après l’arrestation de toutes ces personnes, « la Procureur de la République, après avoir apprécié les éléments qui y sont contenus, a estimé nécessaire que la police judiciaire doit continuer ses investigations pour procéder à d’autres actes pouvant contribuer à une meilleure appréciation des faits, avant de donner suite », explique le communiqué du Procureur Général près la Cour d’Appel. L’objectif de « ces injonctions purement procédurales, ajoute le Procureur Général, ont été commandées par la nécessité d’établir et transmettre au parquet un procès-verbal complet, qui prend en compte toutes les situations ». Pour le Procureur, du fait que les faits sont graves, « il est impératif que l’enquête soit menée avec la plus grande célérité ». Aussi et après avoir rassuré que toute la lumière sera faite sur cette affaire, il a invité l’ensemble des citoyens à l’indépendance de la justice et à lui faire confiance.
C’est donc dans le cadre de l’instruction de cette affaire que l’ancien Ministre Ibrahim Yacoubou, s’était retrouvé en prison avant d’être finalement blanchi. Pour rappel, l’ancien ministre de l’Energie au lendemain du coup d’état du 26 juillet 2026, était parmi les personnes arrêtées à la suite de ces événements et avait bénéficié d’une liberté provisoire, il y a quelques mois, après plus avoir passé également plus d’un an en prison.
Ikali Dan Hadiza (lesechosduniger.com)

