Les Chefs d’état et de gouvernement de gouvernement de la Cedeao, réunis en Sommet ordinaire ce dimanche à Abuja, ont à l’unanimité désigné leur pair ghanéen John Mahama, comme prochain Président en exercice de l’Union Africaine (UA). Conformément au système de rotation au sein de l’organisation panafricaine, le poste de Président tournant de la Conférence des Chefs d’États de l’UA pour 2027 va échoir à la région Afrique de l’ouest qui a déjà son candidat. Le Chef de l’Etat ghanéen va succéder en 2027, au nom de l’Afrique occidentale, au congolais Denis Sassou N’Guesso, de l’Afrique centrale, qui va prendre les rênes de l’UA en février prochain après le mandat de l’angolais João Lourenço, désigné à la Présidence tournante en février dernier et qui a succédé lui-même au mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, au titre de l’Afrique du Nord. Pour la région, ce soutien unanime vise à renforcer la représentation de l’Afrique de l’Ouest au sommet des institutions continentales; porter une voix collective dans les débats et les orientations politiques de l’Union africaine; et mettre en avant une figure perçue comme expérimentée et engagée dans l’intégration africaine. Un rôle à la portée du Président ghanéen, fin connaisseur des rouages de l’institution continentale ainsi que des défis et enjeux de l’heure pour le continent. D’autant que John Mahama Dramani, fervent partisan d’une Union forte et autonome financièrement, entretient de très bonnes relations avec les pays de la Confédération des Etats du Sahel (AES), l’autre bloc d’intégration qui émerge dans la sous-région aux cotés de la Cédéao. Et le Ghana, un modèle de stabilité politique et institutionnelle qui a des leçons de gouvernance démocratique à donner aux autres pays du continent.
C’est à l’unanimité que les dirigeants ouest-africains ont soutenu la candidature du président ghanéen, John Dramani Mahama, pour occuper la présidence tournante de l’Union africaine (UA) en 2027. Cette décision, adoptée lors de la session des chefs d’État et de gouvernement à Abuja (Nigeria), dimanche 14 décembre 2025, fait suite au soutien exprimé par les ministres des Affaires étrangères de la CEDEAO quelques jours plus tôt.
Jeudi dernier, en prélude au 68e Sommet, le Conseil des ministres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) avait déjà approuvé i la candidature du président ghanéen John Dramani Mahama à la présidence tournante de l’UA. La décision a été favorablement accueillie par Accra. Dès vendredi, le ministre ghanéen des Affaires étrangères a salué vendredi le soutien unanime accordé par la Cédéao à la candidature de son pays pour la présidence de l’Union africaine en 2027. Cette approbation est intervenue lors de la 95e session ordinaire du Conseil des ministres de l’organisation ouest-africaine, tenue jeudi à Abuja.
« Le Conseil des ministres de la Cédéao réuni à Abuja a unanimement approuvé le président John Dramani Mahama du Ghana comme seul candidat de la Cédéao à la présidence de l’Union africaine lorsque la présidence tournante arrivera au tour de l’Afrique de l’Ouest en 2027 », a déclaré le chef de la diplomatie ghanéenne. « Je remercie vivement mes collègues ministres. Le Ghana est extrêmement reconnaissant à la Cédéao pour la confiance et le soutien qu’elle a apporté à notre président panafricain John Dramani Mahama », a ajouté le ministre ghanéen des Affaires étrangères, promettant que « le Ghana continuera à rendre l’Afrique fière ».
Dans la recommandation adoptée le 12 décembre 2025 à Abuja, les chefs de la diplomatie ouest-africaine ont invité l’Autorité des Chefs d’État et de gouvernement de la Cédéao à approuver une « Déclaration de soutien à la candidature de la République du Ghana à la présidence de l’Union africaine pour l’année 2027 ». Cette adoption est attendue dimanche lors du sommet des dirigeants ouest-africains. « la République du Ghana est un important État membre de la Cédéao et contribue à son rayonnement international ». Il exprime également la détermination de l’organisation à « travailler de manière concertée pour soutenir les candidatures des États membres de la Cédéao dans les organisations internationales, dont l’Union africaine, afin de s’assurer que les intérêts de la Cédéao continuent d’être promus et protégés », ont plaidé les ministres des Affaires étrangères des pays membres de la Cédéao.
Le Ghana, porte-voix de l’Afrique de l’Ouest à l’Union Africaine
La présidence tournante de l’UA qui revient à l’Afrique de l’Ouest pour le mandat 2027 va donc de toute évidence au président ghanéen qui bénéficie du soutien de ses pairs. Présent à Abuja dimanche dernier, John Mahama a exprimé “sa profonde reconnaissance” à ses homologues de la sous-région et a assuré qu’il répondrait “aux grandes attentes légitimes du continent”. Pour la région, ce soutien unanime vise à renforcer la représentation de l’Afrique de l’Ouest au sommet des institutions continentales; porter une voix collective dans les débats et les orientations politiques de l’Union africaine; et mettre en avant une figure perçue comme expérimentée et engagée dans l’intégration africaine.
Au pouvoir de 2012 à 2017 avant de revenir en 2025, l’actuel président du Ghana connait bien les rouages de l’institution continentale ainsi que les défis et enjeux du moment. A plusieurs reprises, il a plaidé activement pour l’autonomie financière de l’UA ainsi que pour la justice réparatrice. Le soutien des ses pairs ouest-africains met d’ailleurs en évidence la reconnaissance de son rôle et l’engagement du Ghana à promouvoir les intérêts de la CEDEAO au niveau continental d’autant qu’il entretient de très bonnes relations avec les pays de la Confédération des Etats du Sahel (AES), l’autre bloc d’intégration ouest-africaine qui est en train d’émerger aux cotés de la Cédéao.
En plus de plaider pour l’autonomie financière de l’UA, critiquant la dépendance excessive aux financements extérieurs, qui compromet la capacité de l’organisation à définir son propre agenda, le Président Mahama est un partisan farouche de la justice réparatrice dont il est le Champion de l’UA, pour avoir appeler à plusieurs reprises, à l’exécution effective du mandat de réparation pour les Africains et les peuples d’ascendance africaine, et à l’établissement de cadres juridiques contraignants pour protéger les droits civiques. En matière de gouvernance et de démocratie, il n’a cessé de prôner pour une démocratie constitutionnelle, relationnelle et ancrée dans les réalités locales lors des forums de l’UA. En la matière, le Ghana, modèle de stabilité institutionnelle et de gouvernance démocratique, a des leçons à donner au reste du continent.
A ces atouts qui plaident en sa faveur, il fait aussi noter que le future Président en exercice de l’UA au nom de l’Afrique de l’ouest a eu à assumer par le passé le poste de Haut Représentant de l’UA pour la Somalie et dans un de ses discours phares aux Nations Unies, en septembre dernier, il a également abordé le rôle croissant et l’importance de l’Afrique dans l’avenir des Nations Unies.
La présidence de l’Union africaine est actuellement assurée par l’Angolais Joao Lourenço, qui devrait céder son fauteuil en 2026 à Denis Sassou Nguesso du Congo Brazzaville, avant que le tour ne revienne à l’Afrique de l’Ouest en 2027.
A.Y.Barma (lesechosduniger.com)

