Bénin: les autorités assurent avoir déjoué un coup d’état alors que des militaires ont annoncé la destitution du Président Talon

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L’actualité reste dominé ce dimanche par la situation assez confuse qui prévaut au Bénin où une tentative de déstabilisation des institutions a débuté depuis la nit avec des coups de feu entendus dans plusieurs endroits stratégiques de la capitale économique, Cotonou. Dans la matinée, un groupe de soldats est apparu à l’écran de la télévision nationale pour annoncé la destitution du président Patrice Talon et la mise en place d’un organe de transition, le Comité militaire de Refondation (CMR), à la tête duquel se trouve le lieutenant-colonel Pascal Tigri, un officier de la Garde Républicaine.  Quelques instants après, c’est le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Alassane Seidou, qui est apparu à la télévision pour lire un communiqué dans lequel il a confirmé qu’un groupe de soldats ont tenté de perpétrer un coup d’état mais que la tentative a été mise en échec par l’armée loyaliste. Alors que la situation reste toujours confuse en milieu de journée, plusieurs ambassades ont publié des messages d’alertes à leurs ressortissants et dans des communiqués séparés, la Cédéao et l’Union Africaine (UA) ont condamné la tentative de coup de force tout en apportant leur soutien au gouvernement de Talon.

En ce début de soirée, c’est toujours l’incertitude à Cotonou où la situation demeure confuse. Tout a commencé aux premières heures de cette journée de dimanche au cours de laquelle, des  coups de feu ont été entendus dans plusieurs endroits stratégiques de la capitale économique. Il s’agit notamment du camp militaire Guézo, près de la résidence officielle du Président Talon, ainsi que vers le Palais de la Marina, qui abritent les services de la Présidence ainsi que par la suite, vers l’aéroport et d’autres endroits de la ville qui ont été aussitôt barricadés par des soldats et des engins militaires.

En milieu de matinée, un groupe d’une dizaine de militaires a pris d’assaut la Télévision nationale (SRTB) et à l’écran, les mutins ont brièvement diffusé en boucle un message annonçant la destitution du Président Patrice Talon et la mise en place d’un organe de transition, le Comité Militaire pour la Refondation (CMR),  dirigé par un officier de la Garde républicaine, le u nom du lieutenant-colonel Pascal Tigri.

Le gouvernement assure que la tentative a été déjouée et que la situation est “sous contrôle”

Quelques instants après et alors que la situation était toujours incertaine, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique est apparu sur les écrans de la télévision, qui aurait été  reprise aux mains des mutins. Dans un communiqué,  le ministre a annoncé « l’échec de la tentative de déstabilisation des institutions » menée par un groupe de soldats. “Au petit matin de ce dimanche 7 décembre 2025, un groupuscule de soldats a engagé une mutinerie dans le but de déstabiliser l’Etat et ses Institutions. Face à cette situation, les Forces Armées béninoises et leur hiérarchie, fidèles à leur serment, sont restées républicaines. Leur riposte a permis de garder le contrôle de la situation et de faire échec à la manœuvre”, a déclaré le ministre Seidou avant d’inviter, au nom du gouvernement, “les populations à vaquer normalement à leurs occupations”.

Contacté par des médias internationaux, d’autres membres du gouvernement ont également abondé dans le même sens. Le ministre d’Etat en charge de l’Économie et des Finances et dauphin de Talon à la prochaine présidentielle, Roumuald Wadagni, a aussi confirmé la tentative de déstabilisation menée par des militaires dissidents mais a assuré que la situation serait « sous contrôle« . L’armée loyaliste a également annoncé que les opérations de ratissage se poursuivent pour déloger les mutins retranchés dans certaines poches de résistance.

Dans la journée, plusieurs ambassades notamment celle des Etats-Unis, de la France ou de la Belgique ont émis des alertes à leurs ressortissants. Dans des communiqué séparés, la Cédéao et l’Union Africaine (UA) ont vigoureusement condamné ce coup de force anticonstitutionnelle avant d’apporter leur soutien au gouvernement et au président Talon.

A.Y.B (lesechos.com)