Suite à l’Inspection menée par les services compétents (ANNMC) dans les unités de production d’eau en sachet communément appelée “Pure Water” et qui a relevé de grave défaillances comportant de sérieux risques à la santé sanitaire des consommateurs, le ministre de l’Industrie et du Commerce a pris une série de mesures destinées à assainir le secteur. C’est ainsi que l’exposition au soleil de la vente de l’eau en sachet celle en bouteille est désormais interdite sur toute l’étendue du territoire national. Aussi, une quinzaine d’unités de production de la ville de Niamey ont été suspendues pour une durée de quinze (15) jours, par arrêté du ministre, afin qu’ils puissent se conformer à la règlementation en vigueur.
Il était grand temps de mettre de l’ordre dans le secteur très dynamique de la vente de l’eau en sachet communément appelée “Pure Water”! Le ministre du Commerce et de l’Industrie, Abdoulaye Seydou, vient de prendre une série de mesures destinées à assainir le secteur suite à l’ inspection menée le mois dernier à Niamey par l’Agence nigérienne de Normalisation, de Métrologie et de Certification (ANMC), dans les unités de production et qui a relevé plusieurs défaillances qui comportent des risques sanitaires pour les consommateurs.
C’est ainsi que le ministère du commerce interdit sur toute l’étendue du territoire national, I’ exposition au soleil, de l’eau de table en sachet communément appelée « Pure Water » et de l’eau en bouteille plastique à des fins de commercialisation. En effet, précise l’arrêté, tout contrevenant aux dispositions du présent arrêté sera sanctionné conformément aux textes en vigueur.
Par ailleurs, dans une autre décision, une quinzaine d’ unités de production d’eau de table en sachet ont été fermées pour une durée de quinze (15) jours et pendant la période de fermeture, tout transfert de marchandise, matériel ou outillage hors du local fermé est interdit. Selon la tutelle, cette période doit être mise à profit par les responsables des unités de production concernées pour apporter les réparations nécessaires à la mise aux normes de leurs activités de production d’eau de table en sachet dans des conditions saines.
Toute unité de production fermée qui se conforme aux normes minimales exigées dans le cadre de la mise en œuvre des recommandations du Ministère du Commerce et de l’industrie avant le délai de 15 jours, sera autorisée à reprendre ses activités de production d’eau de table en sachet après avis de conformité de l’ANNMC.
Des résultats alarmants sur la qualité de l’eau en sachet vendue à Niamey
Ces décisions font suite aux investigations menées par l’Agence nigérienne de Normalisation, de Métrologie et de Certification (ANMC), en octobre dernier, à Niamey et dont le rapport a été rendu public il y a quelques semaines.
Les investigations ont été menées sur instructions du Ministère du Commerce et de l’Industrie, dans le cadre des missions assignées à l’ANNMC en matière de protection des consommateurs et de contrôle de la conformité des produits locaux et importés aux normes nationales en vigueur. Et il faut dire que les résultats sont alarmants car sur soixante-quatre (64) échantillons analysés, seuls 7,81 % répondent aux normes réglementaires. Les analyses physico-chimiques révèlent notamment des défauts de filtration, des taux de nitrites élevés (31,25 %) témoignant d’une pollution organique d’origine urinaire ou fécale ainsi qu’une concentration excessive de manganèse (60,93 %). Sur le plan microbiologique, 46,87 % des échantillons présentent une flore aérobie totale bien supérieure au seuil acceptable de 100 unités formant colonies (UFC). De plus, 17,18 % contiennent des coliformes totaux, dont 18,18 % des coliformes fécaux, indiquant une contamination fécale directe.
Ainsi donc, à Niamey, plus de 90% des eaux en sachet vendues sur le marché ne respecte pas les normes sanitaires. Selon le document, moins d’un échantillon sur dix respecte les critères de qualité requis et sur les 64 échantillons prélevés dans des unités de production de la capitale, seuls cinq ont passé avec succès les tests de conformité. Les analyses ont révélé la présence de bactéries fécales, des concentrations excessives de nitrites et des traces de métaux comme le manganèse, mettant en évidence une contamination d’origine organique.
L’inspection, menée du 18 au 31 juillet dernier, a également souligné des lacunes structurelles : conditions d’hygiène défaillantes, absence de traitement adéquat, et utilisation d’emballages plastiques inadaptés au contact alimentaire. Les sachets sont souvent entreposés en plein soleil, un environnement propice au développement de germes. Parmi les 64 unités examinées, seules quatre disposent d’un registre de commerce régulier. Trois marques ont été citées comme modèles de conformité. Lors de la présentation du rapport, le ministre du Commerce et de l’Industrie, Abdoulaye Seydou, a réaffirmé la volonté du gouvernement de “protéger la santé des consommateurs”, tout en promettant des contrôles accrus et un accompagnement technique pour les producteurs.
L’eau en sachet, très consommée dans les centres urbains, reste largement produite dans des unités semi-industrielles informelles et le rapport de l’ANNMC est venu relancer le débat sur la sécurité sanitaire et la régulation de ce marché en pleine expansion.
Ikali Dan Hadiza (lesechosduniger.com)

