La Banque Africaine de Développement (BAD) a mobilisé quelques 98.7 milliards de francs CFA, pour le financement du projet de renforcement de l’alimentation en eau potable, d’assainissement et l’amélioration de la résilience à Zinder, Mirriah et les villages environnants. Les accords relatifs à ce financement ont été signés, ce vendredi 14 novembre 2025 à Niamey par le Premier ministre, ministre de l’économie et des finances du Niger, M. Ali Mahaman Lamine Zeine et le Représentant pays de la Banque africaine de développement (BAD), M. Mamadou Tangara.
Encore un pas dans la résolution du difficile accès des populations de Zinder à l’accès à l’eau potable avec un nouveau projet de renforcement de la capacité de production financé par la BAD à hauteur de près de 120.9 millions d’unités de compte, soit environ 98. 7 milliards de francs CFA financé par la Banque Africaine de Développement (BAD). La signature de l’accord de financement s’est déroulée, vendredi dernier, lors d’une cérémonie en présence du Premier ministre, Ali Mahaman Lamine Zeine et le Représentant de la Banque panafricaine au Niger.
A cette occasion, M. Ali Mahaman Lamine Zeine a déclaré que “l’objectif ultime de ce projet est d’améliorer durablement les conditions de vie des populations de Zinder, une zone caractérisée par une géologie particulière et une pression démographique croissante aggravée par les conséquences du changement climatique”. Il a ajouté que “le projet répond donc à un besoin réel et vital pour les populations de cette ville et celles des localités environnantes longtemps éprouvées par des pénuries incessantes d’eau”. Ainsi, a poursuivi le Premier ministre, “Il offre des solutions concrètes en une crise qui frappe la zone depuis la période coloniale et ce malgré la création de la première station de captage d’Aroungouza en 1955”.
Ce financement de la BAD entre dans le cadre de la mise en œuvre du projet PREPAAR, qui selon le Premier ministre, est prévu pour être exécuté en deux phases. Les principales actions de la première phase prévues vont se traduire par la réalisation d’équipements et le raccordement de 30 forages, la construction de deux bâches de reprise, d’une capacité cumulée de 1500 m3, la construction d’un réservoir d’une capacité de 3000 m³, la réalisation des deux systèmes d’adduction d’eau potable multi-villages, la réalisation d’une station de traitement des bouts de vidange à Zinder, la réalisation de 12 000 branchements sociaux, la réalisation d’études de faisabilité technique pour la préparation de projets d’infrastructures sanitaires de qualité et de renforcement du système de santé du Niger, ainsi que les études de faisabilité dans le cadre de la préparation de la seconde phase. “L’eau, c’est la vie dit-on et l’accès à l’eau potable constitue un droit social fondamental ainsi qu’un déterminant clé de la santé publique”, n’a pas manqué de rappeler M. Ali Mahaman Lamine Zeine qui a saisi l’occasion pour se féliciter de la qualité de la coopération entre le Niger et la BAD.
De son coté, le Représentant pays de la BAD, M. Mamadou Tangara, a souligné que ce projet a été approuvé par le conseil d’administration du groupe de la banque africaine de développement le 5 novembre 2025 et juste une semaine après son approbation, survient sa signature . Il a réaffirmé l’engagement de l’institution à accompagner le gouvernement du Niger à atteindre les objectifs de satisfactions des populations, notamment pour ce qui est des besoins essentiels et urgents. “Comme vous le savez, le secteur de l’eau et de l’assainissement occupe une plage de choix dans la stratégie d’assistance de la banque au Niger”, a-t-il déclaré. Le projet s’inscrit dans le cadre du pilier 2 du document de stratégie pays, promouvoir un développement agricole résilient pour une croissance forte, inclusive et durable et met l’accent sur la mobilisation et la valorisation des ressources en eau pour renforcer la résilience. À ce titre, a-t-il poursuivi, “il s’aligne parfaitement sur le quatrième point cardinal de la vision du Président de la banque, à savoir construire des infrastructures résilientes au climat et à forte valeur ajoutée pour les ressources naturelles”.
Aussi, est-il indiqué, le projet s’inscrit dans le document de cadre stratégique national du pays, le programme pour la refondation de la république PRR, 2000 couvrant la période 2025-2029, récemment adoptée par le pays, et qui s’inscrit dans le programme sectoriel Eau, Hygiène et Assainissement 2016-2030.
Selon les explications, le projet couvre la zone de Zinder, Mirriah et 14 villages environnants. Il desservira une population estimée à 700 000 habitants dont 51 % des femmes, 483 000 personnes bénéficieront d’un accès nouveau ou amélioré au service d’eau potable, des campagnes de changement de comportement toucheront 507 000 personnes dont 225 000 femmes afin de promouvoir l’utilisation des services d’assainissement. Comme objectif visé, le taux d’utilisation des latrines devrait significativement s’améliorer passant de 23.5 % à 85 % avant la fin du projet et au total, le projet créera 1265 emplois dont 735 emplois directs et 530 emplois indirects.
Il faut noter qu’avec cette approbation, le portefeuille de la banque au Niger atteint ainsi un volume d’engagement d’environ 700 milliards au taux de conversion d’aujourd’hui, réparti entre 22 projets et couvrant huit secteurs de développement, notamment l’énergie, le transport, la gouvernance, l’assainissement, l’agriculture et le secteur social.
Les Echos du Niger

