(Échos du Niger 17 septembre) La série noire macabre de massacres de civils se poursuit avec désolation dans la région de Tillabéri. Le lundi 16 septembre dernier, une vingtaine de civils ont été lâchement assassinés dans le village de Takoubatt, à 60 km de Tondikiwindi, dans le département de Ouallam. Des hommes armés à moto ont ouvert le feu sur les participants d’une cérémonie de baptême, faisant 22 victimes. Selon des témoins locaux et des sources sécuritaires, quinze (15) personnes ont été abattues pendant l’événement, tandis que sept (07) autres ont été tuées aux abords du village.
Cette nouvelle tragédie illustre la dégradation persistante de la situation sécuritaire dans cette zone frontalière du Mali et du Burkina Faso où opèrent des groupes affiliés à Al Qaeda et surtout à l’Etat islamique (EIS, ex EIGS). Comme en pareille tragédie, les témoignages rapportent des scènes d’horreur insoutenables.
Selon des témoins, des assaillants venus à bord de plusieurs motos ont ouvert le feu sur des habitants du village de Takoubatt, dans la commune de Tondikiwindi, alors qu’une cérémonie de baptême était en cours. Quinze (15) personnes ont été tuées sur place, avant que les assaillants ne poursuivent leur attaque dans les environs, faisant sept (07) autres victimes.
Au total, le bilan du massacre s’élèvent à vingt-deux (22) personnes amplifiant la psychose au sein des populations de la zone. Le gouvernement n’a pas officiellement communiqué sur cette nouvelle tragédie mais plusieurs acteurs de la société civile se sont inquiétés de la persistance de la dégradation de la situation sécuritaire dans cette région située dans la zone des trois frontières. “Une fois de plus, la région de Tillabéri a été frappée par la barbarie, plongeant des familles innocentes dans le deuil et le désespoir” a déploré sur les réseaux sociaux l’activiste nigérien des droits de l’homme Maikoul Zodi qui s’est par la même occasion demandé “pourquoi, malgré les efforts de nos vaillantes Forces de Défense et de Sécurité, de telles attaques continuent-elles de se produire avec une telle facilité ?”. Et d’interpeller le gouvernement pour faire de “la sécurité et la dignité des citoyens”, une priorité absolue.
“Il est temps d’apporter des réponses concrètes, de renforcer la présence de l’État dans les zones vulnérables, et de montrer que chaque vie nigérienne compte”, a estimé l’activiste, connu pour son soutien au CNSP. Dans un autre communiqué ce 17 septembre, l’association de la société civile CIRAC s’est aussi alarmée de la recrudescence de ces attaques terroristes dans cette région située au nord-ouest du pays.Séries d’exécutions sommaires de civils.
Ce nouveau massacre de civils vient conforter les inquiétudes manifestées par des organisations de défense des droits humains sur le lourd tribut que paient les populations locales face aux exactions des groupes armés terroristes (GAT) qui sévissent dans la région. En dépit du renforcement du dispositif sécuritaire avec plusieurs opérations militaires en cours, les attaques se poursuivent contre les civils mais aussi contre les FDS comme en atteste l’embuscade qui a visé une unité des FDS la semaine dernière, tout près de Tillabéri, avec un bilan officiel de quatorze (14) soldats tombés.
Dans un rapport publié la semaine dernière, l’organisation de défense des droits Human Rights Watch a rapporté que les groupes terroristes ont « sommairement exécuté » plus de 127 villageois et fidèles musulmans dans la région de Tillabéri lors de cinq (05) attaques d’envergures depuis mars.
Ikali DH (lesechosduniger.com)

