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Insécurité à Tillabéri: plusieurs soldats tombés et des terroristes neutralisés dans une attaque près de la ville

Image d'illustration

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(Echos du Niger 11 sept) Une dizaine de soldats sont tombés au front et plusieurs terroristes neutralisés suite à une embuscade, dans l’après-midi du mercredi 09 septembre 2025, qui a suivi une attaque menée par des individus armés à quelques encablures de la ville de Tillabéri. L’assaut attribué à des éléments de l’Etat islamique au Sahel (EIS, ex EIGS) illustre la situation sécuritaire qui sévit dans cette région située dans la zone des trois frontières où, en dépit du renforcement des opérations des Forces de défense et de sécurité (FDS), les attaques terroristes ne cessent de s’intensifier surtout contre les civils. C’est ce qu’a d’ailleurs mis en évidence un rapport publié le même jour par l’ONG internationale Human Rights Watch (HRW) qui a alerté sur le lourd tribut que paient les populations de la région avec, pour illustration, cinq (05) attaques d’envergure documentées qui ont été menées depuis mars dernier par des combattants de l’Etat islamique et qui se sont soldés par la mort d’au moins 127 civils.

Le bilan est encore provisoire en attendant la version officielle mais de sources locales et sécuritaires, au moins une dizaine de soldats ont été tués dans une embuscade contre des éléments de la Garde nationale du Niger (GNN) suite à une attaque menée par des individus armés présumés membres de l’Etat islamique au Sahel (EIS, ex EIGS). Des témoins contactés par Les Echos du Niger ont confirmé que plusieurs corps de soldats ont été acheminés dans la soirée du mercredi par des véhicules des FDS à la morgue du Centre Hospitalier régional (CHR) de Tillabéri, où dans le même temps, des corps de présumés terroristes ont également été  ramenés.

L’embuscade fait suite à une double incursion menée quelques heures plutôt , dans l’après-midi du mercredi 10 septembre 2025, par des assaillants armés à quelques encablures de la ville de Tillabéri où il se sont pris à des populations civiles notamment un des camps de réfugiés. Des dégâts matériels ainsi que deux (02) décès ont été enregistrés parmi les civils, rapportent d’autres sources qui font également de hangars incendiés ainsi qu’un camion se trouvant sur les lieux de l’attaque.

C’est au cours de la riposte des FDS que des soldats sont tombés dans une embuscade avant l’arrivée des renforts qui ont permis de repousser et de poursuivre les assaillants.

Dégradation de la situation sécuritaire selon Human Right Watch (HRW)

Cette attaque qui a visé le chef-lieu de la région, qui abrite plusieurs compagnies et unités militaires, a de quoi amplifier la psychose des populations et de toute évidence, les assaillants de l’EIS ont voulu réaliser un coup d’éclat en s’attaquant à un centre aussi névralgique. Elle illustre également l’ampleur de la dégradation de la situation sécuritaire dans cette zone des trois frontières qui fait face depuis des années à une multiplication des attaques terroristes menées principalement par l’EIS et aussi par le JNIM (affilié à Al Qaïda). En dépit de l’intensification des opérations militaires dans la région qui abrite 2 Zone de défense (1 et 9) et plusieurs opérations militaires nationales (Almahaou sur la rive gauche du fleuve du Niger et Niyya sur l’autre rive) ainsi que celles en coordination avec les forces des autres pays de la Confédération des États du Sahel (AES).

Dans un rapport publié le même jour, mercredi 10 septembre, l’ONG internationale Human Rights Watch (HRW) s’est alarmée de la situation avec l’intensification ces dernier mois par des combattants affiliés à l’État islamique, des attaques dans cette région de l’ouest du Niger, où des attaques terroristes documentées  ont fait plus de 127 morts lors de cinq assauts distincts depuis mars 2025.

Des attaques qui ont visées dans plusieurs localités de la région de Tillabéri, à la frontière avec le Burkina Faso et le Mali, une zone connue comme l’un des foyers du terrorisme en Afrique de l’Ouest, où opèrent des groupes liés à l’État islamique et à Al-Qaïda.

Le rapport est ainsi revenu sur les massacres de masses de civils de Fambita (Mars 2025), Dan Fari (Mai 2025), Ezzak, Manda et Albarkaizé (Juin 2025) en se basant sur des témoignages des populations locales, rescapés, médecins et responsables d’organisations locales pour documenter les exactions que subissent les civils.

Aucune de ces attaques n’a été revendiquée, mais les témoins les attribuent à l’EIS et dans la plupart des cas, ils affirment que les assaillants les ont accusés de collaborer avec l’armée nigérienne et que, malgré leurs alertes, celle-ci ne les a pas protégés. Les témoins cités par HRW dans le rapport affirment avoir reconnu les assaillants comme des membres de l’État islamique dans la province du Sahel (ISSP), en raison de leur tenue et de menaces antérieures proférées par le groupe.

Le rapport a également mis en cause la réaction insuffisante des forces armées nigériennes en soulignant que malgré les alertes transmises avant certaines attaques, les demandes de protection des villages auraient été ignorées. Cependant, comme le mentionne le document, ni le gouvernement ni un les autorités militaires n’ont pas réagi publiquement à ces accusations avant la publication du rapport et certaines agences comme Reuters ont précisé n’avoir pas pu vérifier de manière indépendante les témoignages recueillis.

Selon le rapport, “la recrudescence des attaques dans le Tillabéri met en évidence la menace persistante des groupes armés jihadistes, alors même que les États ouest-africains se sont éloignés de leurs anciens partenaires militaires occidentaux”.

Dans son rapport, l’ONG internationale de défense et de protection des droits humains a demandé aux autorités nigériennes d’enquêter et de poursuivre les responsables de ces attaques, qualifiées “d’apparents crimes de guerre”. HRW a aussi demandé au gouvernement de renforcer les mesures de protection des populations civiles.

A.Y.Barma (lesechosduniger.com)

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