Niger : la nationalisation de la mine d’or de Samira Hill suscite la colère du groupe McKinel

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(Échos du Niger 15 août) Le torchon brûle entre Niamey et le groupe minier McKinel qui assurau l’exploitation de la mine jusqu’au 8 août dernier. Dans un communiqué publié depuis Accra dont Echos du Niger a eu copie, la direction de l’entreprise a exprimé sa « surprise » et sa « déception » après l’annonce, le 8 août dernier, par le président de la République, le général Abdourahamane Tiani, de la nationalisation de la Société des Mines du Liptako (SML SA), propriétaire de la mine d’or de Samira Hill. Cette décision a été actée par ordonnance présidentielle, mettant un terme au contrôle privé du site.

La mine de Samira Hill, située à la frontière entre le Niger et le Burkina Faso, est au cœur de l’exploitation aurifère nationale depuis sa mise en service en 2004. Elle est longtemps restée un projet phare de coopération public-privé, avant que l’État nigérien ne décide, dans un contexte de tensions sécuritaires et économiques, de reprendre la main sur ce gisement stratégique. La mesure s’inscrit dans une politique plus large de souveraineté sur les ressources naturelles, amorcée depuis 2023 et symbolisée par la reprise en main de plusieurs actifs miniers et énergétiques.

En février dernier, le chef de l’État, le général Tiani, s’était personnellement rendu sur le site de Samira Hill. Cette visite, très médiatisée, avait été interprétée comme un signal fort d’engagement à sécuriser et relancer la production. Le président avait alors martelé que « l’or de Samira doit d’abord profiter au peuple nigérien », tout en annonçant un renforcement des moyens de sécurité dans la zone.Pour McKinel, la décision de nationaliser est un coup de massue. L’entreprise affirme avoir investi « plus de 40 millions de dollars depuis 2019 , malgré les attaques terroristes récurrentes qui ont coûté la vie à des employés et perturbé l’exploitation ».

Communiqué officiel de Mckinel

Elle soutient avoir engagé des discussions depuis le début de l’année pour un transfert d’actions à l’État, et déplore que l’ordonnance soit intervenue « sans consultation préalable », en violation, selon elle, de la législation minière.Le groupe conteste également les déclarations gouvernementales sur sa capacité d’investissement, assurant pouvoir prouver ses apports financiers. Il appelle au calme et réaffirme son attachement au Niger, tout en se disant prêt à poursuivre le dialogue pour parvenir à une solution négociée.

Avec la nationalisation de Samira Hill, Niamey marque une nouvelle étape dans sa volonté de maîtriser pleinement ses ressources aurifères. Reste à savoir si cette décision renforcera la souveraineté économique du pays ou si elle ouvrira une longue bataille juridique avec McKinel.

Youssouf Seriba(les Échos du Niger.com)