(Echos du Niger 10 août) Le Mali, le Burkina Faso et le Niger, membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), ont besoin d’un soutien collectif à l’échelle mondiale, car ils sont devenus la principale ligne de front dans la lutte contre les groupes terroristes en Afrique de l’Ouest. C’est ce qu’a déclaré le représentant permanent adjoint de la Russie auprès de l’ONU, Dmitri Tchoumakov, lors d’une intervention la semaine dernière, à la réunion du Conseil de sécurité des Nations unies. Selon le diplomate russe, l’AES a besoin plus d’un soutien de la communauté internationale pour parvenir à une stabilisation à long terme, que des ingérences occidentales non productives.
C’est une déclaration qui a vite fait les choux gras des médias et autres commentaires des détracteurs de la Confédération des Etats du Sahel (AES) qui prônent la souveraineté intégrale dans le cadre de la gestion des affaires internes des 3 pays membres. Dans une récente sortie médiatique devant les membres du Conseil de sécurité des Nations Unies, Dmitri Tchoumakov, représentant permanent adjoint de la Russie auprès de l’ONU, a appelé la communauté internationale à soutenir les pays de l’AES. “Pour parvenir à une stabilisation à long terme, il est nécessaire que la communauté internationale apporte un soutien collectif au Mali, au Burkina Faso et au Niger, car ces pays sont devenus, malgré eux, l’avant-garde de la lutte contre les groupes terroristes transafricains. Les tentatives de puissances étrangères de s’ingérer dans les affaires de la région sont contre-productives. Nous rappelons que seuls les Africains eux-mêmes peuvent déterminer ce qui est utile ou non dans la lutte contre le terrorisme, ainsi que dans les choix de développement politique et économique”, a-t-il souligné.
Dans son intervention qui fait grand bruit, M. Tchoumakov a salué la décision du secrétaire général de l’ONU de soulever la question de la dette des pays de la région envers les créanciers étrangers, dette qui les empêche d’allouer leurs revenus à l’élimination des causes profondes de la montée du terrorisme sur leur territoire. Selon le diplomate russe, “une réforme des institutions financières internationales est nécessaire afin de faire des intérêts et des besoins des pays africains une priorité”.
La Fédération de Russie est devenue depuis quelques temps, le nouveau partenaire stratégique du Niger, du Burkina Faso et du Mali qui se sont coalisés au sein de l’AES suite à la vague de coups d’état enregistrés dans ces 3 pays qui ont par ailleurs pris leur distance avec les anciens partenaires occidentaux notamment la France. Prônant désormais la souveraineté et acerbes à toute ingérence étrangère, cet appel de la Russie à la Communauté internationale pour les pays de l’AES a été perçu par certains comme une preuve de la limite de la stratégie géopolitique actuellement déployée par les 3 pays sahéliens.

