(Echos du Niger 1er août 2025) Depuis quelques semaines, les boulangeries de la capitale nigérienne font l’objet d’un contrôle renforcé, fruit d’une nouvelle offensive réglementaire menée par le ministère du Commerce et de l’Industrie. Objectif affiché : faire respecter l’arrêté encadrant la production du pain courant au Niger, notamment la fameuse « baguette » si prisée par les consommateurs urbains.
Dans un courrier daté du 11 juillet 2025, le ministre Abdoulaye Seydou rappelle aux promoteurs de boulangeries l’urgence de se conformer aux exigences réglementaires. La lettre, assortie du rapport d’inspection diligenté par l’Agence Nigérienne de Normalisation, de Métrologie et de Certification (ANMC), énumère une série de critères de conformité, allant de l’hygiène à la régularité administrative, en passant par la salubrité, la qualité du produit et la politique tarifaire.
Il est demandé aux boulangers de produire, dans un délai d’une semaine, les pièces justificatives telles que le Registre de Commerce, les certificats de salubrité, les carnets de santé du personnel, les plans de nettoyage ou encore les preuves d’équipement de protection. Faute de quoi, un délai d’un mois est accordé pour corriger les insuffisances constatées au risque de sanctions.
Ce durcissement réglementaire, s’il est salué par les associations de consommateurs, interpelle les professionnels du secteur, souvent confrontés à des conditions de travail précaires, un accès irrégulier à des matières premières de qualité, et une pression concurrentielle forte. Beaucoup redoutent une fermeture administrative ou des amendes lourdes, alors que peu de boulangers sont véritablement formés à la conformité aux normes du Codex Alimentarius.
Mais cette rigueur n’est pas sans justification. En janvier 2025, une étude confidentielle du ministère de la Santé révélait que près de 40 % des boulangeries de Niamey ne respectaient pas les normes d’hygiène alimentaire, et que certaines utilisaient encore des additifs interdits comme le bromate de potassium.
Ce virage normatif initié par le gouvernement vise donc à rétablir la confiance autour d’un produit essentiel de l’alimentation populaire. Encore faut-il que l’État accompagne ce processus par des formations, des contrôles transparents, et des mécanismes de soutien aux boulangers en difficulté.
Ce vendredi 1er août le Syndicat Patronal des Boulangers et Pâtissiers du Niger ont annoncé une grève de 48h à compter du lundi 4 août en signe de protestation de la nouvelle norme de productions du pain édictés par le ministère du commerce dans son arrêtés du 11 juillet. Nous y reviendrons.
Youssouf Sériba(lesechosduniger.com)
