(Echos du Niger 26 juin)Ce mercredi 25 juin , une pirogue transportant des passagers entre Malanville au Bénin et Gaya au Niger, a chaviré sur le Fleuve Niger qui fait office de frontière naturelle entre les deux pays. On dénombre malheureusement au moins 8 morts dont les corps ont été repêchés, 2 disparus et au moins un rescapé. Le bilan est encore non officiel et les recherches ainsi que les investigations se poursuivent pour déterminer les circonstances de ce drame tant redouté, qui vient actualiser la polémique sur les enjeux véritables de la fermeture de la frontière entre les deux pays.
Selon les témoins du drame, la pirogue transportait treize (13) passagers et ralliait la rive du fleuve du Niger du côté du Bénin à celle de Gaya, au Niger. Il s’agissait pour l’essentiel des voyageurs en direction du Niger.
Le drame s’est produit en pleine journée et aussitôt, les secours sont intervenus avec notamment des moyens de bord. Selon un bilan encore non officiel, au moins huit (08) personnes ont trouvé la mort et leurs corps ont été repêchés et déposés à la morgue. Deux (02) personnes sont portées disparues et au moins un rescapé a été secouru d’après les mêmes sources.
Ce drame vient illustrer le calvaire que vivent les voyageurs et autres usagers pour traverser la frontière entre le Bénin et le Niger, entre Malanville et Gaya. Depuis les évènements du 26 juillet 2023 au Niger et l’avènement du CNSP au pouvoir, la frontière reste désespérément fermée. Dans les faits, il s’agit du pont entre les deux villes frontalières puisque les personnes comme les marchandises continuent à circuler en prenant le risque de la difficile traversée du fleuve, moyennant paiement. Ce sont des pirogues traditionnelles qui assurent le transport de part et d’autre de la frontière, ce qui a fait émerger un véritable commerce informel qui n’est pas sans comporter d’énormes risques.
En dépit des tentatives de médiation de bons offices ainsi que de la main tendue des autorités béninoises, les autorités militaires nigériennes restent toujours méfiantes à l’égard du régime de Patrice Talon, accusé de servir de “valet” à la France pour déstabiliser les pays de la Confédération AES. Ce qui n’augure pas une réouverture imminente des frontières malgré le coût financier et maintenant humain, le corridor béninois étant depuis des années, la principale voie d’approvisionnement du Niger ainsi que d’accès à la mer des biens en provenance du pays. Il y a moins d’un mois, le Président nigérien, le Général Tiani, a clairement laissé entendre que cette fermeture restera fermée tant que les autorités béninoises ne prennent pas leur distance avec l’ancienne puissance coloniale que Niamey accuse d’avoir positionnée des instructeurs militaires au Bénin afin de former et de soutenir les groupes terroristes qui opèrent dans la zone, particulièrement au Niger, dans la région de Dosso.
AY. Barma(lesechosduniger.com)

