Journalistes Sahara FM arrestation

Média: le CPJ appelle à l’abandon des poursuites et à la libération des journalistes de Sahara FM

Actualité Justice Média Sécurité

(Echos du Niger 19 juin) Le Comité de Protection des Journalistes (CPJ) vient de réitéré son appel aux autorités nigériennes pour la libération inconditionnelle des journalistes Hamid Mahmoud et Mahaman Sani ainsi que l’abandon de toutes les poursuites pénales en cours contre Massaouda Jaharou, dont les déplacements restent restreints malgré sa récente libération. Les trois (03) journalistes de la radio privée Sahara FM émettant à Agadez ont été interpellés début mai dernier avant d’être transférés à Niamey où ils ont passé presque un mois en détention à la section de recherche de la Gendarmerie nationale. Vendredi 13 juin, ils ont été inculpés par le Tribunal militaire d’ “atteinte à la défense nationale et complot contre l’Etat puis écroués, pour les deux journalistes,  à la prison civile de Kollo, à une trentaine de kilomètres de Niamey. La journaliste Massaouda Jaharou a pour sa part bénéficié d’une liberté provisoire sous condition puisqu’elle est interdite de quitter la capitale.

C’est suite à l’inculpation des trois (03) journalistes par le Tribunal militaire que le CPJ a réitéré l’appel qu’il avait déjà lancé aux autorités nigériennes, dans un premier communiqué publié au lendemain de leur interpellation, pour la “libération immédiate et sans condition”,  des journalistes Hamid Mahmoud, Massaouda Jaharou et Mahaman Sani, de la radio privée Sahara FM, émettant à Agadez. Les 3 journalistes avaient été arrêtés pour avoir diffusé des informations sur la coopération militaire du pays avec la Russie. Interpellés une première fois les 7 et 8 mai, ils ont ensuite été  remis en liberté sur décision judiciaire à Agadez, faute de charges suffisantes à ce stade, pour les mêmes faits reprochés. Puis dans la nuit du 09 au 10 mai, ils ont été de nouveau interpellés puis conduits, le 14 mai,  à Niamey où ils ont été placés en garde à vue dans les locaux de la Section de recherche de la Gendarmerie nationale.

L’article des journalistes s’appuyait sur un article du 5 mai publié par le média privé français LSi Africa. « Ils ont été interrogés sur l’identité de celui qui leur avait demandé de relayer ces informations », a déclaré la personne proche du dossier cité par la CPJ.

Menaces sur la liberté de la presse selon le CPJ

« Les arrestations répétées de Hamid Mahmoud, Massaouda Jaharou et Mahaman Sani renforcent la censure systématique sur les sujets liés à la sécurité », avait alors déclaré Moussa Ngom, représentant du CPJ pour l’Afrique francophone. « Les autorités nigériennes doivent cesser de criminaliser le journalisme, libérer immédiatement les trois journalistes de Sahara FM et leur permettre de réintégrer leur rédaction».

Dans son communiqué, le CPJ a rappelé qu’à la suite du coup d’État de 2023, plusieurs  organisations de défense des droits de l’homme ont exprimé leurs inquiétudes quant à la liberté de la presse dans le pays. L’ONG internationale de protection des hommes des médias avait rappelé qu’en avril 2024, Idrissa Soumana Maïga, rédacteur en chef du journal privé L’Enquêteur, a été détenu pendant plus de deux mois pour avoir publié un article sur des allégations selon lesquelles des agents russes auraient placé des dispositifs d’écoute dans des bâtiments publics. “Les autorités militaires ont également suspendu ou interdit temporairement plusieurs médias internationaux, notamment pour avoir couvert l’insurrection djihadiste qui sévit depuis longtemps dans le pays”, a aussi déploré le CPJ qui appelle à l’abandon des poursuites contre les journalistes qui risquent plusieurs mois de prison selon les textes en vigueur.

Yacouba Barma (lesechosduniger.com)

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *