(Echos du Niger 17 juin) Après avoir interdit l’accès aux citoyens de 12 pays dont 7 africains il y a deux semaines, l’administration Trump menace d’élargir sa liste noire à 36 nations supplémentaires, dont 25 pays africains. Parmi les nouveaux pays listés se trouvent le Niger ainsi que le Burkina Faso. Les motifs invoqués par Washington sont entre autres le manque de coopération pour les expulsions, des documents d’identité jugés peu fiables, les dépassements de visa ou encore la menace terroriste. Et d’après le communiqué publié ce weekend, les pays concernés ont 60 jours pour corriger ces « insuffisances », sinon leurs ressortissants pourraient voir leurs demandes de visa suspendues.
Le Niger est sur la liste des 25 nouveaux pays dans le viseur de l’administration Trump et sa politique de “Traval Ban”! Les États-Unis envisagent d’étendre leurs restrictions de voyage à 25 pays africains, dont le Niger mais aussi le Burkina Faso, le Bénin, la RDC ou la Côte d’Ivoire, en raison de préoccupations sécuritaires et migratoires. Selon la note diplomatique rapportée par le Washington Post ce weekend, ces pays auraient 60 jours pour améliorer la fiabilité de leurs documents d’identité et réduire les fraudes. Cette décision s’inscrit dans une politique plus large de durcissement des contrôles migratoires, justifiée par Washington comme nécessaire pour la sécurité nationale.
Selon la note signée par le Secrétaire d’Etat américain Marco Rubio, les pays concernés ne produisent pas de documents d’identité fiables, présentent une fraude généralisée dans les registres civils ou enregistrent un nombre élevé de dépassements de visa. Parmi les raisons supplémentaires évoquées figurent la possibilité d’obtenir la citoyenneté par investissement sans résidence, ainsi que des accusations d’activités « antisémites et anti-américaines » aux États-Unis. D’après les mêmes sources, les pays cités peuvent éviter les sanctions en présentant un plan d’action avant mercredi à 8 heures (12h00 GMT), et potentiellement en acceptant de recevoir des ressortissants de pays tiers expulsés ou en concluant un accord de « pays tiers sûr ».
Il reste à attendre la réponse des autorités nigériennes ainsi que la réactions des autorités américaines pour savoir si les nigériens pourront encore se rendre aux Etats-Unis sous l’ère Trump. Depuis les évènements du 26 juillet 2023 et l’avènement du CNSP au pouvoir, les relations ne sont pas au beau fixe entre Niamey et Washington malgré quelques signes de reprise. Dans un contexte d’affirmation de la souveraineté, difficile cependant d’imaginer les autorités nigériennes ou leurs alliés burkinabé de l’AES, se soumettre aux injonctions américaines.
Il y a quelques jours, les Etats-Unis avaient confirmé la décision pour une douzaine de pays dont la moitié des africains comme le Tchad et le Togo. En riposte, le gouvernement tchadien a aussi décidé de suspendre la délivrance des visas aux citoyens des Etats-Unis.
Ikali DanH (lesechosduniger.com)

