Site icon

Gouvernance : A Marrakech, des personnalités influentes lancent un appel urgent pour une réforme financière en Afrique

High-Level Group of Personalities de la Fondation Europe-Afrique

Publicités

(Echos du Niger 3 juin) Le dimanche 1er juin 2025, la ville de Marrakech (Maroc) a abrité une réunion du High-Level Group of Personalities de la Fondation Europe-Afrique. Organisée dans le cadre de ‘’Ibrahim Governance Weekend 2025’’, cette rencontre a rassemblé des figures éminentes de la gouvernance mondiale, dont Mo Ibrahim, Amina Mohammed (Vice-Secrétaire générale de l’ONU), Louise Mushikiwabo (Secrétaire générale de l’OIF), Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus (Directeur général de l’OMS), Charles Michel (ancien Président du Conseil européen), Josep Borrell (ancien Haut Représentant de l’UE pour les affaires étrangères) et Moussa Faki Mahamat (ancien Président de la Commission de l’Union africaine). Plusieurs anciens chef d’Etat africain au rang desquels Issoufou Mahamadou Niger on pris par ce conclave.

Les discussions ont mis en lumière une réalité alarmante : la dette publique africaine a atteint des niveaux critiques.  Selon la Banque africaine de développement, l’Afrique devra consacrer 163 milliards de dollars au service de sa dette en 2024, contre 61 milliards en 2010.  Cette augmentation significative des paiements d’intérêts, qui représentent désormais 27,5 % des revenus publics en moyenne, limite sévèrement les investissements dans des secteurs essentiels tels que la santé, l’éducation et les infrastructures. 

De plus, la dette extérieure de l’Afrique a atteint 1,15 trillion de dollars en 2024, avec des projections indiquant une augmentation à 1,29 trillion de dollars d’ici 2028.  Cette situation est aggravée par des taux d’intérêt élevés et des conditions de prêt défavorables, notamment sur les marchés des euro-obligations.

Parmi les anciens chefs d’État africains ayant pris part à cette réunion il y avait : Issoufou Mahamadou (Niger), Ellen Johnson Sirleaf (Libéria), Joaquim Chissano (Mozambique), Macky Sall (Sénégal) et Pedro Pires (Cap-Vert).  Tous ont exprimé une préoccupation commune : l’Afrique est confrontée à une crise de la dette sans précédent, exacerbée par une diminution drastique de l’aide publique au développement et un recul préoccupant du multilatéralisme.

Parallèlement à l’augmentation de la dette, l’aide publique au développement (APD) destinée à l’Afrique est en déclin note-t-on.  En 2023, les flux bilatéraux nets d’APD des membres du Comité d’aide au développement (CAD) vers l’Afrique s’élevaient à 42 milliards de dollars, tandis que les paiements de la dette extérieure atteignaient 85 milliards de dollars.  Cela signifie que les pays africains dépensent plus pour rembourser leur dette que ce qu’ils reçoivent en aide. 

Cette réduction de l’APD a des conséquences humanitaires graves.  Par exemple, en Somalie, les coupes dans l’aide américaine ont entraîné la fermeture de centres de nutrition, mettant en danger la vie de 55 000 enfants souffrant de malnutrition. Au Niger, même s’il n’ y a pas encore de statistique officielles sur la fermeture massives d’ONGs Internationales sous financement occidental, les conséquences de cette situation se fait de plus en plus sentir sans le secteur de la santé, l’Education et l’emploi.

Face à cette double crise, les participants à cette réunion de haut niveau ont formulé plusieurs recommandations à savoir :

-La mobilisation accrue des ressources domestiques par l’amélioration de la collecte des impôts et la lutte contre l’évasion fiscale ;

-Lutte contre la fuite des capitaux par la mise en place des mécanismes pour prévenir la sortie illégale de fonds du continent ;

-Les réformes de gouvernance qui favorise la transparence et la responsabilité en vue de restaurer la confiance des investisseurs et des créanciers ;

-La révision de l’architecture financière mondiale notamment la restructuration de la dette et des conditions de prêt plus équitables pour les pays africains ;

Les dirigeants africains et internationaux présents à cette réunion de haut niveau ont convenu que sans une réforme significative de l’architecture financière mondiale, l’Afrique restera piégée dans un cycle de dette insoutenable, compromettant son développement et sa stabilité.

Youssouf Sériba(lesechosduniger.com)

Quitter la version mobile