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Mali: La base militaire de Boulkessi, à la frontière burkinabé, prise et saccagée par les terroristes du JNIM

image d'illustration

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(Echos du Niger 2 juin) L’armée a confirmé, dimanche soir dans un communiqué,  la prise de l’emprise militaire de Boulekessi, dans la région de Douentza, à la suite d’un assaut d’envergure mené tôt le matin par des assaillants présumés membres du JNIM (Al-Qaeda). Selon l’État-major, les soldats en poste avait opposé une riposte vigoureuse à l’attaque terroriste avant de se replier au moment où des renforts aériens sont entrés en action. Ce n’est pas la première fois que cette base militaire stratégique, à la frontière burkinabé et proche de celle de Mondoro, est la cible d’attaque terroriste de grande envergure alors que selon le Chef d’Etat nigérien, le général Tiani, la Force unifiée de la Confédération AES (FU-CAES) est en train de monter en puissance dans cette zone des 3 frontières.

C’est comme un air de déjà vu! L’emprise militaire de Boulkessi est de nouveau tombée dans les mains des terroristes du JNIM, affilié à Al Qaeda, dimanche matin après de violents combats avec les soldats maliens positionnés sur ce poste stratégique. Selon des informations fournies par des sources sécuritaires, les violents combats ont commencé vers 5h30 du matin lorsque des centaines d’assaillants ont pris la caserne pour cible et l’attaque terroriste a duré plusieurs heures jusqu’à vers midi, avant que les soldats ne se replient et qu’une opération aérienne ne soit lancé dans la zone par l’armée malienne. Selon les mêmes sources, cette base abrite également des soldats de la force russe “’Africa Corps” (ex Wagner) et des dizaines de soldats sont tombés et d’autres blessés.

Des images qui témoignent de la violence des combats ainsi que la prise du camp par les assaillants ont aussitôt inondé les réseaux sociaux et montrent une caserne complètement saccagée, du matériel militaire détruit et des véhicules brûlés. Les présumés terroristes se sont rendus maîtres des lieux durant plusieurs heures et se pavanaient pendant de longues minutes dans l’enceinte du camp.

Une nouvelle attaque d’envergure dans la zone des 3 frontières

Dans la matinée du dimanche, alors que les combats et les opérations se poursuivaient, l’État-major des Forces armées maliennes (FAMA) avait confirmé dans un communiqué l’attaque en annonçant que les zones de Boulkessi et Mondoro, dans la Région de Douentza, ont été placées “sous haute surveillance après une attaque terroriste”. Selon la même source,  des unités de l’armée sont en “opérations de ratissages dans ces zones suite à une attaque du poste de Boulkessi le 1er juin 2025 aux environs de 05h30”, et que “des patrouilles aériennes sont en cours ayant permis de  neutraliser des colonnes de véhicules et de motos”.

Dans un autre communiqué cette fois dans la soirée, le Commandement des FAMA a reconnu que “les soldats ont vigoureusement réagit à l’attaque avant de se replier”, confirmant ainsi la prise de la base par les terroristes du JNIM qui opèrent dans la zone. “Beaucoup d’hommes se sont battus, certains jusqu’à leur dernier souffle, pour défendre la nation Malienne contre l’obscurantisme et la barbarie humaine”, a ajouté l’État-major sans préciser le bilan de l’attaque. Selon l’armée malienne, des opérations menées ont permis de neutraliser plusieurs terroristes regroupés dans les lieux de repli. Les opérations de ratissage continuent toujours”. Suite à cet assaut, l’État-major a tenu à saluer, “la bravoure des soldats engagés” avant d’appeler au “patriotisme” des maliens et de leur demander de “rester unis dans la cohésion et la prière”, pour soutenir les forces de défense et de sécurité (FDS), engagés dans la défense de l’intégrité et de la souveraineté du pays.

Une nouvelle attaque qui met au défi la force unifiée de l’AES

Ce n’est pas la première fois que cette base stratégique, à la frontière burkinabé, tombe pendant plusieurs heures dans les mains des groupes armés terroristes (GAT) opérant dans cette zone des trois frontières. En janvier 2021, le 24 plus précisément, des assaillants armés avaient attaqué simultanément les postes militaires Boulikessi et de Mondoro et dans la nuit du 29 au 30 septembre 2019, ils avaient déjà mené une opération similaire dans les camps militaires des deux villes distantes chacune de 100 à 150 kilomètres. Des attaques complexes et d’envergure au cours desquelles l’armée malienne a perdu plusieurs soldats malgré l’appui des forces du G5 Sahel et de l’opération française Barkhane.

Depuis, la Force conjointe du G5 Sahel  (FC G5 Sahel) et Barkhane ne sont plus d’actualités et ce sont les soldats maliens qui sont déployés sur ces sites militaires avec un dispositif renforcé et des opérations conjointes avec les armées du Burkina et même du Niger, menées dans le cadre de la Force unifiée de l’AES.   Des soldats de la force russe “Africa Corps’’ (ex Wagner) opèrent également en soutien aux soldats maliens qui ont pu jusque-là, et depuis des mois, contenir et repousser toutes les tentatives d’assaut des groupes terroristes.

Après l’échec de la FC G5 Sahel et de Barkhane, est désormais à la force unifiée de l’AES que revient la lourde charge de venger ce nouvel affront en appui à l’armée malienne. Selon le Président nigérien, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, qui s’exprimait samedi dernier sans un entretien diffusé par la télévision publique,  cette force est en train de monter en puissance et  depuis sa création, trois opérations concluantes ont été menées dans l’espace confédéral.  “Cette force conjointe qui a été mise en place pour lutter efficacement contre le terrorisme dans la région  est une force active et une réalité avec sa montée en puissance. Elle mène des opérations bilatérales, notamment entre le Mali et le Burkina Faso, mais aussi des opérations tripartites. En tout, au moins trois opérations ont été menées dans le cadre de la Confédération, la plus récente ayant commencé en janvier pour s’achever en février”, a indiqué le Chef d’État nigérien.

A.Y.Barma (lesechosduniger.com)

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