(Echos du Niger 2 juin) On en sait un peu plus sur les raisons qui ont poussé, fin janvier dernier, les autorités nigériennes à fermer les bureaux au Niger du Comité Internationale de la Croix-Rouge (CICR). Selon le Chef de l’Etat, le Général Abdourahamane Tiani, l’ONG humanitaire international est accusée de collusion avec des réseaux terroristes pour avoir notamment pris part à des réunions, au Nigeria, en lien avec le financement et l’appui logistique aux groupes armés terroristes qui opèrent dans la région et principalement au Sahel.
C’est lors de l’entretien qu’il a accordé à la télévision nationale et qui a été diffusé samedi 31 mai dans la soirée, que le général Tiani a révélé les griefs que les autorités militaires nigériennes reprochent au CICR. Selon le président nigérien, des représentants du CICR avaient participé à deux réunions à Abuja, au Nigéria, les 25 janvier et 3 février dernier, avec des “délégations française, américaine, nigériane, béninoise et ivoirienne”, et auxquelles prenaient part également, des responsables de de groupes armés terroristes notamment Boko Haram et la province de l’État Islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP).
D’après le Général, au cours de ces rencontres, il aurait été convenu un renforcement du soutien financier, logistique et en armement à ces groupes armés terroristes (GAT), qualifiés par le Chef de l’État “d’ auxiliaires néo-coloniaux des puissances impérialistes”. Et de préciser que des relais humanitaires, notamment le CICR, auraient été désignés pour servir de circuits financiers pour acheminer ces fonds. “Pour tout soutien inférieur à un milliard de FCFA, c’est à travers le compte de la Croix-Rouge nigérienne. Pour les montants supérieurs, c’est via les Croix-Rouge du Bénin, de Côte d’Ivoire et du Nigéria”, a révélé le Patron de l’exécutif nigérien.
Selon le Président Tiani, c’est suite à ces implications dans les circuits de financement du terrorisme, que les autorités nigériennes ont décidé l’expulsion du CICR de son territoire, fin janvier dernier. Il faut dire que jusqu’à cette sortie du Président de la République, aucun motif officiel n’a été annoncé et le CICR n’a pas aussi réagi. Avec ces nouvelles accusations, l’ONG humanitaire qui n’est pas la seule organisation internationale du pays à faire les frais de la vaste campagne d’assainissement du secteur engagée par les autorités militaires, gagnerait bien à s’expliquer publiquement, au risque de conforter les accusations de Niamey. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que le CICR, présent au Niger depuis des décennies, est soupçonné d’être impliqué dans des affaires louches, sur le continent et ailleurs.
Ikali DH (lesechosduniger.com)

