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Finance : le Niger lève 69,3 milliards FCFA à des taux élevés

Finance

(Echos du Niger, 2 juin) Le mercredi dernier 28 mai, le Niger a levé 69,3 milliards FCFA sur le marché régional des titres publics pour faire face aux dépenses budgétaires en cette fin du 2e trimestre de l’année budgétaire 2025. Les résultats de cette levée qui ont d’ailleurs pris du temps avant d’être publier donne à comprendre sur la difficulté du trésor nigérien à pouvoir mobiliser les 100 milliards souhaités.  Les investisseurs ont mis la barre taux très haute. Le compte rendu de UMOA Titres sur cette émission du Niger est assez éloquent. Un taux de couverture modeste, des taux d’intérêt très élevés, et une concentration préoccupante des souscripteurs.

Le Niger visait une mobilisation de 100 milliards FCFA mais au final, 69,3 milliards ont été proposés et entièrement retenu par le trésor. C’est encore mieux que les 50 milliards initialement sollicités par le pays avant de se raviser la veille de l’émission et passer à 100 milliards. Ainsi le taux de couverture de l’opération est de 69,33 %, signe d’un désintérêt relatif d’une partie des investisseurs institutionnels de la zone UEMOA. Résultat, aucune offre n’a été rejetée par le trésor en dépit des taux élevés signe des réserves du marché quant au risque souverain nigérien.

Sur le BAT à 364 jours, le rendement moyen pondéré a grimpé à 10,86 %, contre un taux facial de 6,30 %. Pour le titre à 3 ans, le rendement atteint 9,58 %, malgré la même base faciale de 6,30%. Des niveaux particulièrement élevés, qui renchérissent significativement le coût de la dette pour l’État. Ces taux s’expliquent par une exigence forte de rémunération des investisseurs, en réponse à un contexte politique complexe au Niger et un climat économique sous tension.

En ce qui concerne les investisseurs, le champ d’opportunité du Niger s’est quelque peu étriqué. Pour preuve, le Burkina Faso a représenté à lui seul 93 % des souscriptions, soit 64,3 milliards FCFA. Une hyper-concentration du portefeuille investisseur

Cette situation interroge sur la viabilité à moyen terme d’un financement essentiellement basé sur des taux proches de 10 %, alors même que le service de la dette pèse déjà lourdement dans le budget de l’État.

Youssouf Sériba(lesechosduniger.com)