Sidi Ould Tah PDG de la BAD

Economie: le mauritanien Sidi Ould Tah succède à Akinwumi Adesina à la tête de la BAD

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(Echos du Niger 30 mai) Le mauritanien Sidi Ould Tah, a été élu, ce jeudi 29 mai à Abidjan, nouveau  Président du groupe de la Banque Africaine de Développement(BAD). Ancien ministre de l’Économie de la république islamique de Mauritanie, ancien Président de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA), il l’a emporté face aux quatre autres candidats après trois tours de scrutin. Il devient le président de l’institution panafricaine pour les cinq prochaines années et prendra ses fonctions le 1er septembre 2025, au terme du deuxième mandat du président actuel, M. Akinwumi Adesina. Qui est ce « Super banquier » qui va prendre les rênes de la plus importante institution financière de développement du continent et qui accompagne le Niger dans plusieurs programmes stratégiques de développement comme partout en Afrique et alors qu’elle doit faire face à de nouveaux défis? Portrait. 

Il était le favori et l’a démontré dès le premier tour du très attendu et disputé scrutin qui était le point culminant de cette 60e Assemblée annuelle de la Banque africaine de développement (BAD), qui se déroule du 26 au 30 mai 2025 à Abidjan, en Côte d’Ivoire, pays qui abrite le siège de l’institution panafricaine. Cinq (05) candidats étaient en lice pour la Présidence de l’institution panafricaine. En face du mauritanien Ould Tah, il y avait le sénégalais Amadou Hott, Samuel Munzele Maimbo de la Zambie, le tchadien Abbas Mahamat Tolli et la seule femme candidate, la sud africaine Bajabulile Swazi Tshabalala.

Après quatre tour du scrutin au cours desquels il a caracolé en tête, le candidat Sidi Ould Tah, de la Mauritanie, a été élu par le Conseil des gouverneurs de la Banque, composé des ministres des Finances et de l’Économie ou des gouverneurs des banques centrales des 81 pays membres régionaux et non régionaux du Groupe de la Banque. Ce Conseil est la plus haute instance décisionnelle du Groupe de la Banque.

“Je suis honoré d’avoir été élu président de la Banque africaine de développement. Je tiens à exprimer ma profonde gratitude à tous ceux qui m’ont soutenu – les membres régionaux et non-régionaux de la BAD, les pays qu’ils représentent et leurs leaders. Les défis qui s’annoncent sont nombreux mais s’annoncent passionnants. Ensemble, nous mènerons cette mission avec détermination et ambition au service de la transformation de l’Afrique”, a déclaré le nouveau Président élu de la BAD tout juste après sa consécration.

Un “Super banquier” à la tête de la BAD

De nationalité mauritanienne, M. Tah possède plus de 35 ans d’expérience en finance africaine et internationale. Il a présidé la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA) pendant dix ans à partir de 2015, où il a mené une transformation complète qui a quadruplé le bilan de la banque, lui a valu une notation AAA et l’a positionnée parmi les banques de développement les mieux notées en Afrique.

Ancien ministre de l’Économie et des Finances de la Mauritanie, M. Tah a occupé des postes de haut niveau dans des institutions multilatérales et a dirigé des opérations de réponse à des crises, de réforme financière et de mobilisation innovante de ressources pour l’Afrique, notamment la mise en place du programme de capital appelable d’un milliard de dollars de la BADEA pour les banques multilatérales de développement africaines.

M. Tah prendra ses fonctions le 1er septembre 2025, pour un mandat de cinq ans, au terme du deuxième mandat du président actuel, M. Akinwumi Adesina.

Une banque panafricaine confrontée à de nouveaux défis

Fondée en 1964, la BAD qui compte 81 pays membres, dont 54 africains, est l’une des grandes banques multilatérales de développement.

Ses ressources proviennent notamment des souscriptions des pays membres, des emprunts effectués sur les marchés internationaux ainsi que des remboursements et revenus des prêts. Le nouveau président de l’institution va, toutefois,  être immédiatement confronté à un environnement économique international chamboulé, notamment par les annonces de l’administration Trump. Outre les droits de douane, certaines décisions affectent directement la BAD puisque les États-Unis veulent supprimer leur contribution d’un demi-milliard de dollars au fonds de la banque, destiné aux pays à faible revenu du continent.

Yacouba Barma (lesechosduniger.com)